Île sans nom
By CR
Ainsi sans toponyme, elle fut observée pour la première fois en mars 2009. Elle est située sur le plateau de Cordouan, non loin du phare de Cordouan, à l’entrée de l’estuaire de la Gironde. Elle est en réalité un banc de sable sur lequel s’est installée une maigre végétation. Elle appartient au domaine public maritime, bien qu’aucun acte juridique le confirmant n’ait encore été accompli.
Histoire :
Un banc de sable se constitua d’abord progressivement aux alentours du phare de Cordouan vers le milieu des années 2000, dans une zone réputée pour sa bathymétrie changeante. Un courant marin fortement chargé en sable longe en effet cette partie de la côte atlantique française du nord au sud et, en subissant un important ralentissement au passage devant l’entrée de l’estuaire de la Gironde, peut déposer de très importantes quantités de sable dans cette zone pour former une barre.
En outre, les passages des tempêtes Martin en Charente-Maritime en décembre 1999 puis Klaus dans le Sud-Ouest de la France en janvier 2009 pourraient ne pas être étrangers au phénomène. De la végétation sur ce banc de sable fut ainsi observée pour la première fois en mars 2009, ce qui confirme qu’il n’était plus recouvert par la mer, même en cas de très fortes marées. Il s’agit dès lors d’une île.
Les matériaux qui la composent proviendraient de l’érosion du littoral méridional de l’île d’Oléron et de la Côte sauvage de la presqu’île d’Arvert, situés au nord de l’île, et seraient venus s’accumuler sur les hauts fonds proches du phare de Cordouan. Son maintien est difficile à prévoir à plus long terme, le phénomène étant encore trop récent. Il existe toutefois un exemple similaire, celui de l’île Nouvelle, apparue au 18è siècle dans l’estuaire de la Gironde et qui est toujours présente.
Dans la nuit du 28 février 2010, le passage de la tempête Xynthia lui fit perdre la moitié de sa superficie et une bonne partie de sa richesse écologique. Les deux éditions de la rave party Cordouan Island Party, organisées en 2009 et fin juin 2010, réunissant quelques dizaines de participants, dégradèrent une partie de son écosystème.
Depuis, elle accueille de nombreux évènements organisés avec l’aide des municipalités voisines. Elle servit de décor pour un film d’aventure intitulé L’île mystérieuse et réalisé par les plasticiens Lény Bernay, Clémentine Coupau et Iris Godbille. Elle est aussi un site d’atterrissage pour des parachutistes. Le 20 juillet 2012, une première messe y fut célébrée par le curé de Royan père Pascal Grégoire Delage. Deux jours plus tard, un concert d’Annick Massis avec un orchestre de chambre, organisé dans le cadre du festival Un violon sur le sable, eut lieu.
Au niveau de son statut juridique, depuis la loi du 28 novembre 1963, le droit français prévoit le cas de la formation d’une île dans les eaux territoriales françaises. Elle appartient donc de facto au domaine public maritime. Elle fut alors rattachée à la commune du Verdon-sur-Mer, dans le département de la Gironde en région Nouvelle-Aquitaine.
L’absence de toponyme s’explique par son apparition relativement récente et le manque d’utilité pratique de la dénomination d’une terre sans usage. La population et les médias locaux l’appellent « l’île sans nom », « l’île de Cordouan » ou « l’île mystérieuse ». Quant à l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), elle la nomme « Île Nouvelle de Cordouan ».
Géographie :
Elle est ainsi située dans le golfe de Gascogne, à l’entrée de l’estuaire de la Gironde, sur le plateau de Cordouan. Elle est proche d’autres bancs de sable qui entourent le phare de Cordouan qui se trouve à environ 2 km au sud-ouest. À vol d’oiseau d’elle, le phare Saint-Nicolas sur la pointe de Grave est à 6,5 km, Soulac-sur-Mer en Gironde est à 9,5 km, le phare de Terre-Nègre à Saint-Palais-sur-Mer est à 7 km et Royan en Charente-Maritime est à 10 km.
Elle repose sur une zone de hauts-fonds sablonneux s’étendant devant l’entrée de l’estuaire de la Gironde. Même au plus fort des grandes marées, l’une de ses parties n’est pas submergée, ce qui la distingue d’un haut-fond sablonneux. Elle est composée de sable, auquel s’ajoutent d’autres sédiments.
En octobre 2009, après sa rapide formation au mois de mars précédent, sa superficie fut évaluée à 4 hectares à marée basse et son altitude, à 4 mètres au maximum.
Elle est vulnérable aux assauts de l’océan et subit plusieurs submersions lors de marées à fort coefficient, notamment par la marée de novembre 2009 où elle fut totalement dénudée de sa végétation. Après le passage de la tempête Xynthia, sa moitié fut érodée par la mer. Il ne reste alors plus que 2 hectares de sa superficie, qui s’apparente bien plus à un banc de sable dont les remaniements fréquents font l’objet de diverses chroniques locales.
Cependant, elle s’agrandit considérablement depuis. En 2023, sa superficie atteignit 45 hectares à marée haute et près de 200 hectares à marée basse.
Une végétation s’installa alors sur la partie non immergée lors des plus hautes marées. Un embryon d’écosystème de dune s’y développa, composé principalement de roquettes de mer, de chiendent des sables et d’oyat.
La faune compte plusieurs dizaines d’espèces, dont des crustacés, des étoiles de mer, des punaises, des coléoptères et des fourmis. Plusieurs espèces d’oiseaux y sont aussi présentes, notamment des goélands et des huîtriers pie. Des espèces rares y viennent par ailleurs nidifier.
Cf. Wikipédia.


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