Fort Énet

By CR

Il est une fortification située sur le rocher éponyme, entre Fouras et l’île d’Aix, appartenant à l’archipel charentais, dans le département de la Charente-Maritime en Nouvelle-Aquitaine.

À marée basse, il est accessible à pied depuis la pointe de la Fumée en empruntant une passe de 1,6 km de long.

Sa simplicité architecturale lui confère un équilibre esthétique souvent apprécié.

Histoire :

Au Moyen Âge, le rocher d’Enet avait probablement une chapelle dédiée à Notre-Dame. Ces ruines furent décrites en 1715 comme un refuge pour les oiseaux. Sur la carte de Cassini, datant du 18è siècle, ce rocher était sous le nom de Saint Sunon d’Enet.

Les premiers projets du fort furent suite à la mise à sac de l’île d’Aix par les Anglais pendant la guerre de Sept Ans. La rade de l’île d’Aix servait de mouillage pour armer les navires sortant de l’arsenal de Rochefort. Cette zone et ses accès devaient être défendus. Le projet prévoyait la construction d’un ouvrage fortifié armé croisant ses feux avec ceux de la batterie du fort de Coudepont installée sur l’île-d’Aix et permettant de contrôler l’accès du nord-est de la rade.

Le projet fut relancé sous Napoléon à la suite de l’affaire des brûlots qui vit la destruction partielle de l’escadre de Rochefort.

L’Empereur ordonna alors la construction d’une fortification qui devait croiser ses tirs avec ceux de l’île d’Aix et de la redoute de l’Aiguille à Fouras. La construction s’étala de 1809 à 1811. Le fort était alors plus petit et plus sommaire que l’actuel. Il avait la forme d’un demi-cercle avec une pointe saillante, comportant deux bâtiments et une butte de terre dans l’enceinte.

En décembre 1811, il fut remis à la Marine pour permettre son armement. Jusqu’au milieu du 19è siècle, il subit quelques adaptations à cause des assauts des marées. En 1848-1850, il fut complété par des casemates pour canons, mais les progrès de l’artillerie rayée les rendirent très vite obsolètes. À la fin du 19è siècle, il fut aménagé une dernière fois en recevant des canons modernes et une couverture bétonnée au-dessus des casemates, recouverte de terre. Il a donc aujourd’hui la forme d’une batterie recourbée, fermée par un éperon couvrant le magasin à poudre. Sa structure initiale est complétée par un second étage de feux et 16 casemates en pierre.

En 1859, un marégraphe y fut installé par le Dépôt des cartes et plans de la Marine » (SHOM). Les mesures du niveau de la mer y furent réalisées jusqu’en 1873, où l’appareil fut déplacé au fort Boyard. Des problèmes d’envasement régulier de son puits de tranquillisation poussèrent l’ingénieur hydrographe Jean Jacques Anatole Bouquet de La Grye à rechercher un autre emplacement pour réaliser les mesures du niveau de la mer dans le pertuis d’Antioche.

En 1863, l’armée réalisa plusieurs expérimentations de tirs d’artillerie. Le fort Liédot sur l’île d’Aix fut choisi comme cible afin de tester sa résistance.

En 1871, il servit de prison pour quelques communards et au début du 20è siècle, pour des bagnards en transit. Peu avant la Première Guerre mondiale, il fut déclassé.

Au début des années 1960, toujours la propriété de l’armée française, il fut racheté par des particuliers.

Depuis le 19 décembre 1994, il est un monument historique inscrit et se visite depuis 1996, sauf la partie d’habitation.

Cf. Wikipédia.

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