Les passiflores

By CR

Les passiflores, Passiflora, sont un genre de plantes à fleurs de la famille des Passifloraceae. Il comprend plus de 530 espèces. Elles sont des plantes grimpantes aux fleurs spectaculaires, mais leur abondance n’est garantie que dans les régions au climat doux.

Parmi ses espèces :

– Les parties aériennes de la passiflore officinale, Passiflora incarnata, sont connues en phytothérapie pour leur action anxiolytique et sédative.

– La grenadille, Passiflora edulis, donne un fruit comestible à la saveur acidulée, appelé fruit de la passion, entrant dans la composition de sorbets, de jus ou de coulis.

– La passiflore bleue, Passiflora caerulea, est la passiflore ornementale la plus cultivée en France métropolitaine.

La diversité des formes de leurs feuilles serait due aux papillons. Les lépidoptères Heliconius ont tendance à choisir certaines formes de feuilles pour y pondre. La pression des chenilles dévorant ces feuilles pousse la plante à adapter d’autres formes.

Elles tirent leur nom de l’utilisation de la fleur de cette liane par des missionnaires jésuites d’Amérique du Sud pour représenter la Passion du Christ auprès des indigènes, dont son pistil, les dessins de sa corolle et ses diverses pièces florales ressemblent à une couronne d’épines, au marteau et aux clous de la Crucifixion.

Le terme passiflore vient du latin passio, « passion », et flos, « fleur ». Le médecin et botaniste espagnol Nicolas Monardes fut probablement le premier à employer le terme religieux de flos passionis, « fleur de la passion », pour désigner la plante, dont la fleur était « précisément faite pour représenter la Passion du Christ », selon lui. Le nom même de Passiflora fut créé par le scientifique et naturaliste italien, ainsi que fondateur de l’Accademia dei Lincei, Federico Cesi, dans sa publication datée 1628, mais sortie en 1651.

Selon ces croyants, les caractéristiques anatomiques de la plante évoquent la Passion du Christ, dont :

  • les 10 pétales et sépales représentent les 10 apôtres fidèles, à l’exclusion de Pierre et Judas ;
  • les 5 étamines évoquent les 5 stigmates du Christ ;
  • les 3 stigmates du pistil rappellent les 3 clous de la Croix ;
  • les 72 filaments, entourant la partie centrale, suggèrent les 72 épines de la Sainte Couronne ;
  • la coupe centrale de la fleur représente le Saint Graal,
  • la trentaine de taches rondes ornant l’intérieur de la fleur est associée aux 30 pièces d’argent données à Judas pour le prix de sa trahison ;
  • les feuilles pointues suscitent la lance ayant percé le flanc de Jésus ;
  • les vrilles de la plante rappellent le fouet.

En dehors de ces références chrétiennes, elles sont également appelées clock-flower, « fleur-horloge », la fleur rappelant le cadran d’une horloge.

Avant la découverte de l’Amérique par les Espagnols, elles étaient inconnues des Européens.

La première mention littéraire fut donnée dans la description de la ville de Cali en Colombie par le conquistador espagnol et chroniqueur du Pérou Pedro Cieza de Leon en 1553 où il mentionna les fruits de granadilla, « petites grenades », dans les vergers aux alentours de la ville.

Une vingtaine d’années plus tard, une description plus élaborée fut exposée dans l’ouvrage Historia medicinal de las cosas que se traen de nuestras Indias Occidentales, « Histoire médicinale des choses qui sont apportées de nos Indes occidentales », de Nicolas Monardes, publié en 1569-1574. Il n’alla jamais en Amérique, mais grâce à ses informateurs et aux échantillons de plantes qui lui étaient ramenés des Indes occidentales, il y donna des descriptions détaillées et relativement objectives de la passiflore, du tabac et de la coca.

Avant Carl von Linné, seuls les botanistes, comme l’Espagnol Francisco Hernandez, l’Anglais Leonard Pluckenet, les Français Charles Plumier et Joseph Pitton de Tournefort décrivirent diverses espèces de passiflores.

La première monographie du genre Passiflora fut l’œuvre du botaniste suédois Johan Gustav Hallman, un élève de Carl von Linné. Dans une présentation, il décrivit 22 espèces, donna leurs synonymes, leur utilisation par les indigènes, leur distribution et une classification.

En 1753, point de départ conventionnel de la taxinomie moderne, Car von Linné, dans son ouvrage Species Plantarum, créa le genre Passiflora et donna une description de 24 espèces, en reprenant les travaux son élève, nombre porté ensuite à 35 par le naturaliste français Jean-Baptiste de Lamarck en 1789, puis à 43 par le botaniste espagnol Antonio José Cavanilles en 1790. Par la suite, le docteur en médecine et botaniste français Antoine-Laurent de Jussieu créa la famille des Passifloraceae et apporta la description de 15 espèces supplémentaires en 1805.

Au 19è et au 20è siècle, les plus grands contributeurs au progrès de la connaissance des passiflores furent le botaniste suisse Augustin-Pyramus de Candolle en 1828, le juge et botaniste allemand Max Joseph Roemer en 1846, le médecin et botaniste britannique Maxwell Tylden Masters en 1871, le botaniste allemand Hermann Harms en 1893, ainsi que le botaniste américain Ellsworth Paine Killip en 1938.

Le nombre d’espèces acceptées actuellement sont aux alentours de 525, dont au moins 175 ne peuvent être identifiées au moyen d’une clé. Le besoin d’une révision du genre se fait donc sentir.

Elles se répartissent pour l’essentiel dans les régions tempérées, chaudes et tropicales d’Amérique. Mais bien qu’elles soient majoritairement présentes sur le continent américain, des espèces se retrouvent aussi en Asie, en Australie et en Afrique tropicale.

Étant donné le grand nombre d’espèces, il est difficile de donner des conseils généraux pour leur culture ; certaines espèces vivant uniquement en forêts tropicales et ne survivant en Europe qu’en serre. D’autres poussent sous un climat subtropical et peuvent proliférer dans des régions au climat doux comme le littoral méditerranéen, le Pays basque ou la Bretagne. La passiflore bleue fait partie de ces espèces plus résistantes, d’où son abondance en France.

Presque tous les sols conviennent à leur culture, sauf des sols très secs ou alcalins. Idéalement, elles préfèrent un sol léger et riche. Elles aiment les sols humides, mais redoutent un substrat détrempé.

Elles apprécient le plein soleil à l’ombre légère. Pour les espèces de climat subtropical, il est conseillé qu’elles soient placées sur un mur exposé au sud ou au sud-ouest, afin que la chaleur emmagasinée la journée se diffuse pendant la nuit. Les espèces de climat purement tropical ne peuvent vivre à l’extérieur en hiver et ont besoin d’une serre ou d’une véranda. Les fleurs sont très sensibles au gel, aux virus et aux parasites.

Leur multiplication se réalise par bouture de bois semi-dur en été. La régénération des vieux plants s’effectue en les rabattant au niveau du sol. Et les tiges qui débordent de l’espace disponible doivent être taillées.

En pharmacologie, la passiflore officinale contient plusieurs principes actifs, dont des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), constituant une classe d’antidépresseurs utilisés dans le traitement de la dépression, et des sédatifs légers. Pour les maladies liées à la tension nerveuse et au stress, prise en comprimés ou en solution buvable SIPF (suspension intégrale de plantes fraîches), elle est un sédatif général. L’association de la passiflore en galénique SIPF avec de la mélisse et de l’aubépine montra des effets similaires au Temesta, médicament prescrit pour traiter l’anxiété sévère et accompagner le sevrage alcoolique.

Cet effet anxiolytique naturel fut démontré par plusieurs études.

Une expérience menée par le botaniste, biologiste et dendrologue français Francis Hallé montra la capacité de la passiflore à percevoir la présence d’un support vers lequel lancer une vrille, puis le déplacement de ce dernier par l’homme plusieurs fois de suite dans le même sens, ainsi qu’à anticiper un nouveau déplacement similaire du support en lançant sa vrille du même côté, avant même son déplacement.

Cf. Wikipédia.

Enfin, la passiflore, notamment Passiflora caerulea, fleurit abondamment de juin aux gelées, généralement jusqu’en octobre, selon les régions.

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