Île de Ré
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En poitevin ile de Rét, elle se trouve dans le golfe de Gascogne, au large des côtes aunisiennes. Appartenant à l’archipel charentais, elle est la 4è plus grande île de France métropolitaine, derrière la Corse, l’île d’Oléron et Belle-Île. Autrefois partie intégrante de la province d’Aunis, elle est maintenant rattachée au département de la Charente-Maritime en région Nouvelle-Aquitaine. Depuis le mois de mars 2015, elle forme un unique canton, celui de l’Île de Ré.
Elle est séparée du continent par le pertuis Breton et se situe au nord des îles d’Aix, d’Oléron, de Madame et de Nôle, ainsi que des forts Boyard, d’Énet et de Louvois dans le pertuis d’Antioche au sud. Depuis le 19 mai 1988, elle est reliée au continent par le pont de l’île de Ré. Elle est surnommée « Ré la blanche » de par la teinte caractéristique de ses maisons traditionnelles.
Son centre historique Saint-Martin-de-Ré forme avec la commune voisine La Flotte l’unité urbaine de La Flotte d’une population de 5 302 habitants en 2013. La commune la plus peuplée Sainte-Marie-de-Ré compte 3 363 habitants.
Sa présence humaine remonterait à quelques milliers d’années, comme l’atteste un silex de l’époque protohistorique. Or, elle resta longtemps à l’écart de tout peuplement, même à l’époque gallo-romaine, où composant un archipel de petites îles, elle était peu colonisée.
Au début du Moyen Âge, elle demeura très peu habitée. Mais, la mise en valeur de ses terres et surtout l’exploitation des marais salants au cours de l’époque médiévale générèrent son peuplement qui s’effectua progressivement. Au milieu du Moyen Âge, des villages furent créés un peu partout, autour de leurs églises paroissiales, et toute une vie rurale fut bien organisée. Elle comptait alors probablement entre 8 000 et 10 000 habitants.
Au 17è siècle et au 18è siècle, en plein « âge d’or », elle abritait près de 17 000 habitants, un peu moins qu’aujourd’hui.
En 1831, le pic fut atteint avec 17 976 habitants. Ce chiffre baissa régulièrement de la seconde moitié du 19è siècle, dès le Second Empire, jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Depuis 1946, sa population ne cessa de croître, s’accélérant nettement après la construction du pont en 1988, et 20 % des Rétais ont moins de 25 ans.
La densité de sa population était de 206,7 habitants au km2 en 2022. L’accroissement de sa population fut important entre 1990 et 1999, soit de + 18 %. Depuis 2006, elle reste relativement stable.
Hors-saison, elle est peuplée d’environ 18 000 habitants et ce chiffre est multiplié par 10 en pleine saison estivale.
Depuis la fermeture de la maternité de Saint-Martin-de-Ré, dans les années 1970, à de rares exceptions, il n’y a plus de naissances rétaises. Les femmes enceintes sont dirigées vers les maternités de la Ville de La Rochelle.
Concernant sa toponymie, son nom fut mentionné sous les formes de Ratis au 7è siècle par le géographe Anonyme de Ravenne, auteur de la Cosmographie dite de Ravenne, et de Radis, sans date précise. L’espérantiste français André Cherpillod cite uniquement les deux dernières formes latines, en mentionnant curieusement que la première des deux formes Radis fut changée en Rhea, nom de la déesse, Insula Rhea en latin médiéval au 12è siècle et au 13è siècle.
Le gaulois connut un nom commun ratis, lire rătis avec un a bref, ayant le sens de « fougère ». Il fut cité par l’auteur médical latin de l’Antiquité tardive, natif de Gaule, à Bordeaux, vers le milieu du 4è siècle Marcellus de Bordeaux, surnommé Marcellus Empiricus, dans son ouvrage De medicamentis : « Herbae pteridis, id est filiculae, quae ratis gallice dicitur… ». Il existe également dans les autres langues celtiques, dont en breton raden (*rati-nā), en gallois rhedyn, en vieil irlandais raith, signifiant « fougère ».
Les chercheurs français spécialisés en toponymie Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, s’inspirant des celtisants, considèrent que Ré signifie ainsi « l’île aux fougères ».
Cependant, bien que le linguiste et lexicographe français Xavier Delamarre, considéré comme l’un des plus grands spécialistes mondiaux du gaulois, identifie ce mot rătis, « fougère », dans le nom de la commune Rezé (*Ratiate > Ratiaton au 2è siècle), en Loire-Atlantique, dans les Pays de la Loire, comme dans celui de la commune Razac-sur-l’Isle (*Ratiacum > Razacum au 8è siècle, avec le suffixe -acum), dans la Dordogne, en Nouvelle-Aquitaine, entre autres, il ne mentionne pas Ré en tant que toponyme contenant cette racine. En revanche, il propose un homographe rate / ratis, lire rāte / rātis, avec a long, bien représenté dans la toponymie, et qui signifie « muraille », « rempart », d’où « fort », en référence au vieil irlandais ráth, ráith, soit « levée de terre », « fort » ou « fortification », constituant peut-être le type primitif de Ré, de *rati-, d’où le latin Radis.
À l’origine, elle formait probablement un archipel composé d’au moins 3 îles, dont 2 petites :
- Au nord, l’île de Loix constitué par le village de Loix ;
- À l’ouest, l’île d’Ars formée par les villages d’Ars, Saint-Clément-des-Baleines et Les Portes-en-Ré ;
- Et la plus grande ainsi que la plus proche du continent, l’île de Ré regroupant les communes actuelles de Rivedoux-Plage, Sainte-Marie-de-Ré, La Flotte, Saint-Martin-de-Ré, Le Bois-Plage-en-Ré et La Couarde-sur-Mer.
Cet archipel faisait alors partie du domaine de la tribu gauloise des Lémovices, par lesquels la plus grande île, l’Isle de Ré, prit plus tard le nom latin de Arica Insula. Ce nom s’imposa par la suite à l’ensemble de l’archipel rétais.
Cependant, certains historiens, à la suite de la publication de l’ouvrage Histoire de l’île de Ré, insula Rhéa du médecin, philanthrope, maire de Saint-Martin-de-Ré, à plusieurs reprises au cours des années 1860-1870, le docteur Eugène Kemmerer, supposent qu’elle était rattachée au continent à l’époque antique. Des vestiges de l’occupation romaine furent retrouvés, ainsi que quelques fragments épars d’origine celte, mais aucun document de l’époque romaine ne mentionne son insularité. L’astronome, astrologue, mathématicien et géographe grec Claude Ptolémée mentionna un promontoire, non une île, à cet endroit. La séparation du continent serait alors due à un violent tremblement de terre qui aurait secoué la région à une époque tardive de l’Antiquité gallo-romaine.
En 848, elle fut pillée par le chef viking Hasting.
Au 12è siècle, l’abbaye cistercienne Notre-Dame-de-Ré fut fondée sous l’égide des Mauléon, seigneurs de La Flotte, et domina rapidement sa majeure partie, malgré de nombreux pillages. Lors du conflit anglo-français de 1242, Henri III d’Angleterre attira les Rétais dans son camp en leur promettant le statut de commune jurée. Il y construisit une forteresse et rendit l’île à Louis IX de France par le traité d’avril 1243. Au 15è siècle, les premières vignes apparurent.
En 1397, Pierre II d’Amboise, 31è vicomte de Thouars, en devint le seigneur. Le 21 juillet 1404, il promit de tenir « ladite Ysle de Ré a foy et hommage du Roy Charles VI a cause du chastel de la rochelle ». Avec son successeur Louis d’Amboise, ils défendirent les habitants contre les invasions anglaises pendant la guerre de Cent Ans.
Le 3 juin 1472, par ses lettres patentes, Louis XI confirma les privilèges de la ville, à la suite de la mort de son frère, le duc de Guyenne. En août 1479, ils furent de nouveau confirmés.
En février 1625, le protestant Benjamin de Rohan s’en empara. Quelques mois plus tard, le duc de Guise organisa un débarquement afin de la reprendre, appuyé par les flottes hollandaise et anglaise. Le fort La Prée fut construit la même année à La Flotte.
En 1627, durant le siège tenu par Louis XIII et Richelieu sur les huguenots rochelais, 5 000 soldats et 100 cavaliers anglais, menés par le duc de Buckingham, envahirent l’île et assiégèrent Saint-Martin-de-Ré de juillet à novembre. Le gouverneur de l’île Jean de Saint-Bonnet de Toiras réussit à tenir jusqu‘à l’arrivée d’un corps spécial de 3 000 hommes formé par Richelieu qui y débarqua par surprise. L’amiral, administrateur et négociant français Claude de Launay-Razilly s’illustra dans son ravitaillement lors du blocus naval anglais et participa activement sous les ordres de Richelieu en tant qu’amiral.
Le siège fut ensuite levé, les Anglais laissèrent 1 000 morts sur le terrain et s’échappèrent grâce à leur flotte. Le 18 septembre 1628, le duc de Buckingham se présenta à nouveau devant Saint-Martin-de-Ré, où il fut mitraillé, puis canonné et ne tenta alors pas le débarquement. Il attaqua une dernière fois le 27 octobre, mais fut finalement vaincu le 8 novembre. Il s’ensuivit la bataille du Pont du Feneau.
En 1661, le duc de Nevers Philippe Mancini y fut gouverneur.
En 1681, Vauban y révisa les défenses des trois redoutes, soit Les Portes-en-Ré, Le Martray à Ars-en-Ré et Rivedoux-Plage, puis débuta la fortification de Saint-Martin-de-Ré en commençant par reconstruire la citadelle atant été rasée en même temps que les fortifications de La Rochelle, à la suite du siège de 1573.
Les 15 et 16 juillet 1696, la flotte anglaise bombarda Saint-Martin-de-Ré.
Le 23 août 1743, Madame de Tencin reçut la baronnie de Saint-Martin de l’Isle de Ré des dépouilles de Charles-Joseph de La Fresnay. En 1745, elle délègua ses fiefs de la Grenetière à Penaud des Marais pour 500 livres de rente annuelle.
De 1775 à 1790, le comte de Chantilly Louis-Joseph des Escotais y fut le dernier gouverneur militaire. Un cours orthographié Bailly des Écotais porte son nom dans le village de Saint-Martin-de-Ré.
Durant la plus grande partie du 19è siècle, son système défensif comportait quatre places fortes militaires, les forts de la Prée sur la commune de La Flotte, de Martray verrouillant l’isthme entre Ars et Loix, de Sablanceaux sur la commune de Rivedoux-Plage à la pointe de l’île et la citadelle emblématique de Saint-Martin-de-Ré.
En 1853, le phare des Baleines, haut de 57 mètres, fut construit à côté de la « Tour des baleines », d’époque Vauban en 1682, qui donna son nom. Il y demeure l’un des monuments notables, situé à son extrémité ouest, sur la commune de Saint-Clément-des-Baleines. Il s’agit d’un phare à feu blanc tournant, à 4 éclats par période de 15 secondes, d’une portée nominale de 27 milles marins, soit 50 km. Il signale l’entrée des pertuis et les récifs aux alentours.
En 1852 ou 1853, selon la source, un trésor de 930 monnaies gallo-romaines fut découvert dans un vase en bronze dans la commune de La Flotte.
En 1873, la citadelle de Saint-Martin-de-Ré servit d’étape pour les condamnés au bagne, notamment vers la Nouvelle-Calédonie, puis vers la Guyane de 1897 à 1938.
En 1890, Sadi Carnot fut le premier président de la République française à s’y rendre. Après avoir inauguré le port de la Pallice le 18 août, il rejoignit Ars-en-ré où il fut accueilli triomphalement par le député et conseiller général Émile Delmas, le maire Pierre Paul Simon et 21 autres officiels. Assassiné en 1894, une statue fut érigée en la mémoire du Président. Elle était installée au 12, place Carnot à Ars en Ré. Disparue depuis, son modèle est entreposé au musée de Melun.
À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, elle fut défendue par des batteries d’artillerie chargées d’empêcher toute attaque allemande sur les ports de La Rochelle et de La Pallice.
À partir du 23 juin 1940, alors que les troupes allemandes occupaient la Rochelle, les premiers soldats allemands n’y débarquèrent que le 29 juin.
Comprise dans la « poche de la Rochelle », elle ne fut libérée qu’après la capitulation du 8 mai 1945. L’avancée vers l’est des armées de libération laissèrent, dans un premier temps, des poches combattantes allemandes sur les littoraux français. Le 7 mai, le commandement à la Rochelle négocia sa reddition, évitant des pertes affligeantes. Dans le même temps, les services secrets du renseignement américain effectuèrent une brève opération commando en débarquant à la Flotte. Le 9 mai, les 3e et 4e régiments de zouaves, l’infanterie de l’armée d’Afrique, après s’être illustrés au cours de la bataille de Royan, libérèrent l’île. Ils firent prisonnières les troupes occupantes et débutèrent le déminage.
En décembre 2024, des archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) fouillèrent dans la commune de La Flotte un espace de 900 m2 à une cinquantaine de mètres du rivage. Ils révélèrent une cinquantaine de sépultures datant de la période carolingienne, entre le 8è et 15è siècle, autour et à l’intérieur d’une chapelle qui pourrait être celle d’un prieuré, déjà mentionné au 12è siècle. Le site à proximité d’une villa gallo-romaine fouillée dans les années 1980-1990, devant accueillir un chantier pour la construction d’une maison, fut fouillé en prévention et donna lieu à cette découverte. Cinq de ces tombes étaient garnies de mobilier vestimentaire, de parure, entre autres, découverte rare pour les sépultures de cette période. Parmi ces objets, deux peignes en bois de cervidé ou en os, certainement datant du 9è siècle, typique des peuples frisons, des perles en verre, en ambre et en os furent retrouvés. Celles en verre rappellent des exemplaires déjà connus aux Pays-Bas à cette époque. Les archéologues évoquèrent une « énigmatique présence nordique » sur l’île, sans en préciser encore l’origine exacte.
Par ailleurs, la culture rétaise est riche et caractéristique. L’âne en culotte est l’un des symboles. Cette tenue était utilisée pour qu’il ne soit pas piqué par les moustiques dans les marais.
Les légendes sont également omniprésentes dans le folklore rétais. Une légende raconte que la création de l’île de Ré proviendrait de terribles séismes ayant englouti une cité romaine nommée « Antioche » et que les seules survivantes de ces évènements seraient les îles de Ré et d’Oléron. Les rétais disent que les ruines de la cité mythique seraient visibles uniquement par beau temps. Bien que ce ne soit qu’une légende, en 1809, lorsqu’un bateau s’échoua sur la pointe de Chanchardon, le capitaine du navire vit « les dallages de la banche calcaire qui lui paraissent être les restes d’une construction romaine ». Quant au géographe français Jacques Élisée Reclus, dans la Géographie universelle, il situa la ville d’Antioche à la hauteur de Chanchardon. Mais, selon le dicton rétais, Quand Antioche réapparaîtra, Ré disparaîtra…
Une autre légende, complètement différente, raconte que des navigateurs de l’Égypte antique, envoyés par Ramsès II pour faire le tour du monde, se seraient échoués au Martray, près de l’actuelle ville d’Ars. Ils y auraient construit une petite pyramide.
Concernant ses transports, à la fin du 19è siècle, la France et l’Europe se modernisèrent. Beaucoup de trains firent alors leur apparition. Celui de l’île fut imaginé à partir de 1877 pour transporter des marchandises et la production de vin. La ligne fut ensuite ouverte aux voyageurs et fut inaugurée officiellement en 1898. Il reliait toutes les communes, mais ne passait pas forcément au centre des villages, la gare de Loix se trouvait au lieu-dit « Le Feneau » à 4 km du village. Surnommé le « tortillard », tracté par des locomotives type Corpet-Louvet sur voie métrique, il était lent, toujours en retard, grinçait et déraillait parfois.
Il était à l’époque très populaire et demeurait l’un des symboles de l’île. En 1934, des taxis et des autobus arrivèrent et l’année suivante, le petit train fit ses adieux aux Rétais. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée d’occupation, l’organisation Todt le remit en service. Après la guerre, la pénurie de carburant aidant, il survécut, mais malgré la mise en service d’autorails, l’exploitation cessa en juin 1947 et le réseau ferré fut démonté. Une partie des pistes cyclables actuelles emprunte le tracé des voies.
Quelques vestiges existent encore, comme la gare d’Ars, sur le port, des portes et son hangar à locomotives. Quelques traces également subsistent sur le port de Saint-Martin et par-ci par-là dans la campagne des rails transformés en piquet de clôture.
En outre, l’île possède de nombreux monuments historiques notables, dont le plus touristique, le phare des Baleines, susmentionné. Un phare plus ancien, moins haut, situé à côté du grand phare, édifié à l’époque de Vauban en 1682. D’autres monuments de Vauban sont présents, notamment à Saint-Martin-de-Ré, inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO, l’enceinte et ses deux portes, sa citadelle, construites pour se protéger des Anglais, l’hôpital, de nombreux corps de garde, une poudrière ; à La Flotte un fort, appelé Fort La Prée, modifié par Vauban, datant de 1625, et deux redoutes à Rivedoux-Plage et au Martray à Ars-en-Ré, précités.
À Saint-Martin, l’hôtel de Clerjotte, l’actuel musée Ernest Cognacq, construit au 15è siècle, demeure l’un de ses plus remarquables monuments d’architecture civile. La ville a de nombreuses belles et vieilles maisons, dont certaines étaient déjà présentes sur le plan-relief cher à Louis XIV.
Parmi les monuments religieux, l’église Saint-Étienne d’Ars-en-Ré, avec son clocher qui servait jadis d’amer pour les pêcheurs, date du 15è siècle, son portail est antérieur au reste. L’église Saint-Martin de Saint-Martin-de-Ré, de style gothique, ravagée pendant les guerres de Religion, puis partiellement reconstruite plus tard, a conservé sa haute tour du 15è siècle. Les majestueuses ruines de l’abbaye Notre-Dame-de-Ré, dite des châteliers, édifiée au 12è siècle par l’ordre cistercien, se dressent près de La Flotte. Les autres églises et chapelles sont pour la plupart construites dans un style typiquement rétais, tel que le beau portail de l’église de la Flotte. Et le temple protestant de Saint-Martin-de-Ré reconstruit en 1837.
Les rues, les venelles fleuries et les maisons charmantes et pittoresques contribuent au visage traditionnel de l’île.
Le musée de la Maison du Platin, à La Flotte, dévoile les pages du patrimoine rétais à travers ses expositions de maquettes de bateaux, de reconstitutions ou encore de costumes.
Le 26 juillet 2012, l’île de Ré fut labellisée Pays d’art et d’histoire.
Géographie :
Située sur la façade ouest de la France, au milieu du littoral atlantique, au large des côtes de la Charente-Maritime et au sud de la Vendée, elle est face au port de La Rochelle et à 1,7 km au plus près du continent.
Elle a une longueur de 24,6 km et sa largeur varie de 1,30 km à 5,9 km. Elle présente un développement total de côtes de presque 100 km, dont la moitié est constituée de plages, surtout sa côte sud-ouest. Sa superficie est d’environ 85 km2. Elle possède un isthme, le Martray. Très étroit, il ne mesure que 0,33 km de large et sépare le Fier d’Ars, une baie située au nord, du pertuis d’Antioche, au sud.
Son relief est plat dans l’ensemble et son point culminant se trouve au Peu-des-Aumonts, lieu-dit de la commune du Bois-Plage-en-Ré, à 20 mètres d’altitude.
À son extrémité orientale, sur la commune de Rivedoux-Plage, à la pointe de Sablanceaux, elle est reliée au continent à La Repentie/La Pallice par le pont de l’île de Ré, long de 3 km et inauguré le 19 mai 1988. La forme en cloche du pont dans sa partie centrale fut imposée par la Marine nationale, soit 30 mètres au-dessus de la mer, permettant ainsi le passage des navires de guerre. Le virage que prend le pont sur presque toute sa longueur permet de contourner une fosse particulièrement profonde présente sur le trajet axial La Pallice – Sablanceaux, selon l’ancien député de l’île, Alain de Lacoste-Lareymondie.
Elle est formée de 10 communes constituant le Canton de l’Île de Ré :
- Ars-en-Ré ;
- Le Bois-Plage-en-Ré ;
- La Couarde-sur-Mer ;
- La Flotte ;
- Loix ;
- Les Portes-en Ré ;
- Rivedoux-Plage ;
- Saint-Clément-des-Baleines ;
- Saint-Martin-de-Ré ;
- Sainte-Marie-de-Ré.
De petits hameaux anciens, formant actuellement des villages, sont devenus des chefs-lieux de commune, comme Le Bois-Plage-en-Ré et Saint-Clément-des-Baleines, tandis que d’autres hameaux, restés géographiquement isolés, sont rattachés administrativement à des communes, comme Le Martray à Ars-en-Ré ou La Noue et Les Grenettes à Sainte-Marie-de-Ré.
Son climat est océanique, assez doux grâce à sa situation géographique et au courant marin chaud du Gulf Stream. Elle est très ensoleillée avec 2 300 heures par an. Elle se place après le Sud-est de la France et la Corse. Par contre, les pluies sont plutôt fréquentes en hiver et en automne, dues à son relief quasiment inexistant. En été, la chaleur est atténuée par la proximité de la mer. En hiver, la température est assez douce et les chutes de neige peu fréquentes.
Toutefois, quelques importants faits météorologiques jalonnèrent son histoire. En 1606, elle connut un hiver terrible, où des chroniqueurs rapportèrent que « le passage de Loix et le fier d’Ars étaient tellement gelés que l’on passe librement sur la glace ». Des évènements similaires se produisirent en 1890 et en 1891.
Elle connut également des séismes, d’où la naissance d’une légende susdite.
En raison de sa faible altitude, elle se trouve en première ligne face à l’élévation du niveau des mers consécutive au changement climatique global. Une élévation du niveau des mers de 11 cm à 77 cm, résultant de la fonte des glaces, peut mener à sa disparition à la fin du 21è siècle, car elle est au maximum à 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. Mais, en 2010, le soulèvement régional étant supérieur à l’élévation du niveau de la mer de 2,7 mm/an, mesure du marégraphe de La Pallice, ce risque semble exclu.
Des signes de recul des côtes sont visibles à plusieurs endroits de sa périphérie, notamment l’érosion des petites falaises littorales de sa côte nord, dont plusieurs mètres par an au bois de Trousse-Chemise, et la réduction de la largeur des plages de sa côte sud, ainsi que l’attaque du cordon dunaire lors des grandes marées.
Fin 2019, à la suite d’une consultation publique, la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine décida d’interdire la pêche au chalut au niveau du plateau de Rochebonne, au large de ses côtes afin de protéger les bars et les dauphins. La zone d’environ 100 km2 est classée Natura 2000 en raison de sa fragilité.
À son nord, la Réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges s’y situe. Des dizaines de milliers d’oiseaux migrateurs y transitent chaque année, comme des bernaches et des canards en hiver, des gorgebleues et des sternes pierregarins au printemps, mais aussi des tadornes, des aigrettes, entre autres.
À quelques kilomètres de là, les forêts domaniales de Trousse-Chemise, du Lizay, de la Combe-à-L’eau et du Bois Henri IV longées de plages bordées de dunes révèlent une flore typique des milieux dunaires, avec la présence de linaires, d’œillets des plages, entre autres. Les pins maritimes et les chênes verts y abritent, en sous-bois, des plantes caractéristiques des maquis et des garrigues du Midi méditerranéen.
Situés un peu à l’écart, à La Couarde, à Loix et à Ars-en-Ré, les marais salants cachent aussi une flore spécifique des marais, dont la salicorne, la statice, la lavande de mer ou encore la moutarde noire, Brassica nigra, s’y trouvent.
Enfin, en 1994, un inventaire complet des plantes vasculaires présentes sur l’île fut publié. Quelques plantes rares, dont le fameux Ciste hirsute est hébergé dans le bois de Trousse Chemise.
Cf. Wikipédia.

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