Île Madame
By CR
Baignée par les eaux du golfe de Gascogne, au large des côtes de la Charente-Maritime, elle appartient à l’archipel charentais.
Elle est située sur la rive gauche de l’estuaire de la Charente au large du petit port ostréicole de Port-des-Barques, commune à laquelle elle est administrativement rattachée, au sud de la presqu’île de Fouras. Elle est reliée au continent par un tombolo appelé la « passe aux Bœufs ». Elle est en face de la pointe de Piédemont sur le continent, dont elle n’est éloignée que de 950 mètres. L’île d’Aix se trouve à 6,80 km à son nord-ouest.
Histoire :
Elle tient son nom des abbesses de l’abbaye aux Dames de Saintes qui portaient le titre de »Madame de Saintes » ou de Madame de Rohan-Soubise, épouse de François de Rohan-Soubise, prince de Rohan-Soubise, dont l’île était la garenne de chasse. Elle s’est aussi appelée l’île de la Garenne, sans doute à cause de l’abondance des lapins du même nom qui étaient initialement ses seuls habitants. Sous la Révolution, afin de tenter de gommer son nom jugé trop ecclésiastique, elle est appelée l’île Citoyenne.
À son nord de l’île, une redoute, ancienne fortification militaire, de forme carrée, édifiée en 1703 et partiellement constituée de pierre de Crazannes, ainsi que des casemates s’y trouvent. Ces constructions participaient au système de défense de la « rade de Rochefort », à l’entrée de la vaste embouchure de la Charente, pour protéger le port de Rochefort et son arsenal militaire.
À son sud-est, une grande croix de galets posée à même le sol marque l’endroit où furent ensevelis les 254 des 829 prêtres réfractaires déportés et morts en 1794. Ce site est la destination d’un pèlerinage tous les ans au mois d’août où les participants traversent la passe aux Bœufs à pieds avec un galet en main qu’ils déposent à l’arrivée sur la croix. Les 829 prêtres réfractaires, ayant refusé de prêter serment à la nouvelle constitution, furent emprisonnés à bord des pontons de Rochefort, le Washington et les Deux Associés, d’anciens navires négriers, puis au large de l’île d’Aix enfin sur l’île Madame. 547 d’entre eux moururent de maladie et d’épuisement, 254 sont enterrés sur l’île Madame, 226 sur l’île d’Aix et 67 à Rochefort. 64 prêtres réfractaires, dont Jean-Baptiste Souzy, nommé par l’évêque de La Rochelle, vicaire-général, pour soutenir ses compagnons, furent béatifiés par le pape Jean-Paul II en 1995.
Après la Semaine sanglante de mai 1871 où les troupes versaillaises écrasèrent la Commune de Paris, des insurgés prisonniers furent envoyés au fort, en attente de leur déportation vers la Guyane ou la Nouvelle-Calédonie. Pour s’approvisionner en eau douce, ils creusèrent au nord de l’île, en 1871-1872, un puits, appelé depuis puits des Fédérés ou puits des Insurgés. Ce puits, foré sur l’estran à 25 mètres du trait de côte, était accessible par une passerelle qui fut interdite en 2013 pour vétusté et qui cessa d’exister en 2022.
Sur le plan paléontologique, 24 espèces d’oursins fossiles du Cénomanien se trouvent dans les falaises de l’île, ainsi que des espèces bioconstructrices, soit des coraux, des rudistes et des stromatopores, des huîtres, des madréporaires, des nautiles, des dents de poissons, notamment de picnodontes et de requins, des vertèbres de reptiles aquatiques, comme le varan Carentonosaurus, et des débris de végétaux fossiles, tels que des conifères surtout de Frenelopis et Glenrosa.
Sur le plan économique, l’ostréiculture est pratiquée sur sa côte ouest, ainsi que l’aquaculture. La ferme aquacole de est un exemple réussi d’entreprise intégrée dans son milieu naturel. Celle-ci, créée en 1980, propose maintenant une ferme auberge où sont servis les produits de l’exploitation, soit huîtres, palourdes, bars, daurades royales, salicornes, sel récolté dans le marais salant.
De nombreux pontons à carrelets sont implantés sur son rivage et l’île est reconnue comme étant un lieu propice à la pêche à pied.
Enfin, elle s’est ouverte au tourisme, où il est possible d’y séjourner depuis l’ouverture d’un camping et de gîtes à louer.
Géographie :
Elle est la deuxième plus petite des cinq îles charentaises qui sont, en rappel, par taille décroissante, l’île d’Oléron, l’île de Ré, l’île d’Aix, l’île Madame et l’île de Nôle. Comme ses voisines, elle appartient administrativement au département de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine. Il s’agit en fait d’un écart de la commune de Port-des-Barques, commune créée en 1947 par scission de Saint-Nazaire-sur-Charente.
Sa superficie totale est de 0,78 km2 qui s’étire sur une longueur maximale de 800 mètres et sur une largeur maximale de 400 mètres.
Elle est reliée au continent par une voie surélevée compactée, composée de sable, de graviers et de cailloux, appelée ainsi la « passe aux Bœufs », longue d’environ 1 km, accessible uniquement à marée basse. Celle-ci un tombolo, cordon dunaire formé de dépôts d’origine sédimentaire et fluviale, qui est en train de souder l’île au continent. Cette passe est particulièrement fréquentée par de nombreux touristes à pieds pendant la période estivale. Soumise au même phénomène de marée que celui observé au Mont-Saint-Michel, la zone présente donc les mêmes dangers. Un grand panneau indique aux usagers de se renseigner avant toute promenade et les dangers de la marée montante.
Un platier rocheux d’environ 2 km, nommé la « Passe aux Filles », dessert des parcs à huîtres à son nord-ouest.
Enfin, ses rivages sont constitués essentiellement de rochers, de petites falaises, de banches et de petites plages de galets avec peu de sable. Son assise géologique, qui prolonge le plateau de la Saintonge, diffère sensiblement de celles de la presqu’île de Fouras et de l’île d’Aix, formées de calcaires gréseux du Crétacé, ainsi que de sédiments marins et fluviatiles du Quaternaire issus de la dernière transgression flandrienne.
Cf. Wikipédia.

Commentaires
Enregistrer un commentaire