Île d'Aix

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Située en Charente-Maritime, en Nouvelle-Aquitaine, elle est baignée par le golfe de Gascogne et se trouve à 3,1 km à l’ouest-nord-ouest de la pointe de la Fumée.

Faisant partie de l’archipel charentais, elle est aussi l’une des quinze îles du Ponant. Elle est localisée à l’ouest de la baie d’Yves, entre l’île d’Oléron, à Boyardville, et la ville de Fouras, à l’extrémité nord de l’estuaire de la Charente. À son nord se trouve le pertuis d’Antioche.

Île-d’Aix, sans article et avec un trait d’union, désigne l’entité administrative communale qui se confond avec l’entité géographique de l’île d’Aix, sans trait d’union.

Autrefois appelée Aia, elle pourrait avoir pour origine le mot saxon Eia Insula. Une forme ancienne est Ais en 1267. Aix est un nom commun à plusieurs autres communes et hameaux de France. Il est issu du latin aqua, « eau », sous la forme aquis, « aux eaux », ablatif-locatif pluriel. Ce type toponymique désigne souvent des eaux thermales, dont le linguiste français Albert Dauzat classe l’île d’Aix dans cette catégorie.

Histoire :

En 844, elle fut envahie par les Normands qui la pillèrent, exterminèrent la population et détruisirent le prieuré des Bénédictins, aux Ormeaux.

En 1067, elle fut cédée par Isembert de Châtelaillon à l’abbaye de Cluny qui y érigea un nouveau prieuré, soit l’église Saint-Martin, géré par une modeste communauté de prieurs. Un village s’y développa autour de cette structure.

En 1089, Elbe de Châtelaillon la reprit après la mort de son père et ne la rendit qu’en 1096 sous la pression du duc Guillaume d’Aquitaine et l’excommunication.

Durant les conflits successifs entre la France et l’Angleterre, elle fut saccagée de nombreuses fois et resta quasiment inhabitée pendant deux siècles.

En 1598, l’édit de Nantes y retablit la paix et redonna une vie sociale ainsi qu’agricole à ses quelques habitants.

Se situant au cœur de la ceinture fortifiée protégeant la rade de l’arsenal de Rochefort, elle fut équipée de deux forts sous Richelieu, renforcés par Vauban, reliés sur son contour par une série de batteries, activée en temps de guerre, et prolongés par d’autres forteresses, sur le continent, soit le fort des Saumonards sur l’île d’Oléron et le fort Louvois dans le pertuis de Maumusson.

En raison de l’achèvement tardif du fort Boyard, la rade resta ouverte et fragile en cas d’attaque, laissant exposés à l’ennemi des vaisseaux mouillés en rade ou ceux en attente de remonter la Charente. Celle-ci trop peu profonde à cause du tirant d’eau des plus grands navires, obligea ces derniers à décharger une partie de leur cargaison et de leur artillerie.

Ses véritables constructions de défense commencèrent à la moitié du 18è siècle, sous forme de fortifications voulues par Louis XV.

Le 20 septembre 1757, les fortifications n’étaient pas terminées lors de l’arrivée d’un flotte anglaise commandée par l’amiral Hawke et composée de 17 vaisseaux de ligne, de 9 frégates, de 2 galiotes à bombes et d’environ 65 bâtiments de transport montés par 10 000 hommes de troupe. Malgré son objectif de s’emparer du port de Rochefort et d’y détruire l’arsenal, les Anglais n’osèrent pas débarquer car les fortifications à l’entrée de la Charente leur paraissaient trop fortes.

Le 23 septembre suivant, l’amiral Hawke contraignit la faible garnison de l’île à se rendre, dès que tous les ouvrages de défense furent détruits à coups de canon. Les Anglais ravagèrent ensuite le donjon et le village, puis partirent avec la cloche de l’église après avoir rasé son clocher. La flotte anglaise reprit la mer le 1er octobre. En avril 1758, l’amiral Hawke y retourna trois jours avec une petite escadre de 7 vaisseaux et de 3 frégates. Il y détruisit les ouvrages de fortification qui venaient d’être reconstruits.

En 1758, arrivés dans le port de Rochefort, à la suite du Grand Dérangement au Canada, des réfugiés acadiens furent envoyés sur l’île d’Aix où beaucoup ne survécurent pas à ce long voyage et y furent inhumés. Des mariages ainsi que des baptêmes de ces réfugiés eurent aussi lieu. Le nom de quai de l’Acadie y fut donné. Une plaque commémorative à l’embarcadère rappelle ce fait.

Aux alentours de 1770, le marquis de Montalembert, propriétaire de la fonderie de Ruelle, qui fabriquait des canons pour la Marine Royale sans toucher aucune indemnité, fut désavoué par le duc de Choiseul, alors ministre. Bien qu’il lui présenta son Mémoire sur les fortifications, il fit construire, à ses frais, une tour d’artillerie fortifiée à l’emplacement de l’actuel fort de la Rade. Ce fort, en avance sur son temps, qui coûta moins cher que prévu, fut équipé des canons ayant les plus forts calibres de l’époque. Sa solidité résistait à toutes les expériences de tirs, les secousses violentes provoquées par les décharges de ces canons à grande portée ne firent pas s’écrouler l’édifice, comme le craignait le ministre. Ces derniers rendirent caduc le projet du fort Boyard qui fut construit ultérieurement à mi-distance entre Aix et Oléron.

En 1779, chargé de fortifier l’île, le capitaine en second d’artillerie Pierre Choderlos de Laclos écrivait les Liaisons dangereuses (Lettres LXXX et suiv.) et la même année, des sépultures romaines y furent découvertes.

Elle fut marquée par la mémoire des prêtres martyrs de la Terreur. En 1794, plus de 800 prêtres de toute la France, prêtres réfractaires ayant refusé de prêter serment à la Constitution, furent détenus dans des conditions abominables sur des navires négriers et les pontons du port de Rochefort pour être déportés en Guyane. Plus de 500 y moururent du typhus et de mauvais traitements. Plus de la moitié furent enterrés sur l’île, aujourd’hui dans un ossuaire situé dans la petite église Saint-Martin, devant l’autel. Les autres le furent sur l’île Madame, toute proche.

Elle connut une intense activité sous le Directoire et le Premier Empire. Le 15 septembre 1798, le militaire français Magloire Pélage y fut affecté et progressivement tous les militaires noirs ou « de couleur » y furent rassemblés.

En 1801, profitant d’une courte trêve dans la guerre opposant la France à l’Angleterre, depuis déjà 9 ans, Napoléon Bonaparte, Premier Consul, approuva un nouveau projet qui relança la construction d’un fort sur la Longe de Boyard, le banc de sable entre Oléron et Aix. Dès lors, la rade fut le site d’une forte activité de petits navires et d’ouvriers. Plus de 60 000 m3 d’enrochements provenant de la pointe de Coudepont, côté Nord/Est de l’île d’Aix, furent amenés et déposés sur le banc de sable de mai 1804 à juin 1809. Le chantier fut abandonné après les combats d’avril 1809 et ne reprirent qu’en 1841.

En 1802, des enfants et des militaires noirs et de couleur de Guadeloupe et de Haïti y furent déportés.

En 1815, elle fut le dernier séjour de Napoléon Ier avant son exil à Sainte-Hélène.

En 1822, un sarcophage contenant deux squelettes et un morceau d’épée, daté de l’âge du fer, y fut retrouvé.

En 1880, des ossements de prêtres réfractaires des pontons de Rochefort furent retrouvés lors des travaux sur les batteries de Jamblet et de Tridoux. Ils furent transférés dans la crypte de l’église Saint-Martin, puis dans le maître-autel.

Géographie :

D’une superficie de 129 hectares environ, elle a la forme d’un croissant ou d’une ancre de bateau, lorsque la carte est à l’envers. Elle mesure 600 mètres de large au maximum sur 3 km de long et compte environ 7,5 km de littoral. Elle présente un relief plat, son point culminant étant à 13 mètres d’altitude sur sa côte ouest entre les deux anciennes batteries des Fougères et du Jamblet.

Sa côte est constituée de falaises rocheuses, au sud et au nord, et de plages de sable à l’ouest et à l’est. Située dans l’anse du Saillant, sa plus longue plage, plage aux Coquillages, s’étend depuis Bois-Joli jusqu’à la pointe de Coudepont. La plage de l’anse de la Croix, au pied du phare, est la plus enclavée et la plus proche du village. D’autres petites plages ponctuent un rivage de rochers au nord.

Sa population est partagée entre le bourg fortifié au sud, le hameau de Bois-Joli, les Petites Maisons en bordure de l’anse du Saillant et quelques maisons éparpillées vers le nord-ouest. Le tiers de sa surface est couvert par une petite forêt au nord-est avec quelques constructions disséminées. Au nord, une zone humide appelée le Marais, où paissent des chevaux, s’y trouve. Cette partie est constituée de champs et de prairies. À proximité du bourg, au sud de l’anse du Saillant, deux exploitations ostréicoles avec leurs bassins y sont installés. Le site de fort Boyard est rattaché à la commune.

Son accès ne s’effectue que par voie maritime, puisqu’elle est séparée du continent par un détroit de 6 km environ. Toute l’année, un service quotidien de bacs transbordeurs assure la traversée, d’une durée de 20 minutes, depuis le port de la Fumée, au nord-ouest de Fouras. Plus de 250 000 voyageurs transitent en moyenne chaque année entre elle et le continent. Son Service maritime, la « Société Aix-Fouras » gère ces traversées avec deux bacs : le Pierre Loti et l’Île d’Aix II. Elle est l’une des escales les plus recherchées de la côte charentaise par les plaisanciers. Pendant la saison estivale, des croisières sont assurées depuis La Rochelle, les îles voisines, Ré et Oléron, ainsi que depuis La Tremblade, près de Royan.

La circulation automobile touristique y est interdite. Seuls une dizaine de véhicules insulaires y sont autorisés, ainsi que des camions et des camionnettes transitant par les deux bacs afin d’assurer les livraisons de marchandises et de matériaux.

Les déplacements se pratiquent alors à pied, à vélo ou en calèche pour les estivants. De nombreux chemins bornés permettent de visiter la campagne, les monuments et les curiosités.

Sa faune terrestre est composée de lapins et autres petits mammifères. De très nombreux oiseaux, certains venant du continent, la peuplent, comme des tourterelles des bois, merles, pigeons, huppes, moineaux, hirondelles et martinets à la belle saison, des bergeronnettes, faisans, entre autres, ainsi que des petites colonies d’oiseaux de mer, telles que des mouettes, goélands, cormorans, sternes, tournepierres à collier, échasses et aigrettes qui fréquentent les bassins autour des exploitations ostréicoles. De nombreux tadornes de Belon y nichent également. Une colonie de bernaches cravant stationne l’hiver sur ses vasières, notamment dans l’anse du Saillant.

Enfin, son climat est océanique aquitain. Or, elle est exposée aux vents et tempêtes venant de l’ouest. En décembre 1999, la tempête Martin dévasta une partie des arbres du village. En 2015, les digues ouest furent dégradées par les tempêtes successives.

Cf. Wikipédia.

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