Les lys

By CR

Ou lis, Lilium, genre de plantes à fleurs de la famille des Liliaceae, ils sont des plantes herbacées.

Ces plantes à bulbe sont originellement présentes dans les zones tempérées de l’hémisphère nord. Elles se trouvent principalement en Europe, mais aussi en Asie, de l’Inde jusqu’au Japon et aux Philippines. Leur aire de répartition couvre également les États-Unis et le Sud du Canada.

Elles poussent généralement dans les zones humides des milieux forestiers, souvent montagneux, ou plus rarement dans les milieux dégagés, comme les prairies. Quelques-unes poussent dans les zones marécageuses. Deux espèces, Lilium arboricola et Lilium eupetes, vivent en épiphyte. Quant à l’espèce Lilium procumbens, elle vit en épilithe.

De nombreuses variétés hybrides sont cultivées et ornent les jardins du monde entier.

Leur floraison a lieu en été, de mai-juin jusqu’en septembre pour les plus tardifs, l’hiver leur constituant une période d’inactivité.

La plupart des espèces perdent leurs feuilles pendant la saison froide, mais le lys blanc ou lys de la Madone, Lilium candidum, garde une rosette de petites feuilles à sa base pendant la plupart de l’année. Les bulbes sont des organes de réserve, sans couche protectrice. Les grandes fleurs apparaissent à l’extrémité d’une tige verticale et sont composées de 6 tépales, dont 3 pétales et 3 sépales identiques, souvent parfumées. Elles peuvent arborer des couleurs vives, blanches, jaunes ou rouges, avec parfois des motifs colorés.

Concernant l’usage alimentaire, l’ethnobotaniste François Couplan rapporte que certaines espèces étaient utilisées ou servent encore parfois d’aliment en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, y compris dans des régions où l’espèce n’est que subspontanée, soit échappée de jardins.

Les Amérindiens du nord mangeaient les bulbes de certaines espèces, dont deux actuellement utilisées comme plante décorative en Europe, soit le lys du Canada, Lilium canadense, et le lys superbe, Lilium superbum, par ailleurs considérés comme émollients et maturatifs.

En Asie, au Japon notamment, des bulbes de lys cultivés ou sauvages étaient consommés, bouillis puis séchés pour être conservés. Des cultures de bulbes, du lys orangé, Lilium bulbiferum, particulièrement, existent encore comme des cultures d’oignon en Europe. Les mochis, gâteaux à base de riz gluant cuits à la vapeur, sont réalisés avec la fécule extraite du bulbe. Cette fécule est l’un des ingrédients du namono, traditionnellement mangé par les Japonais lors des fêtes du Nouvel An. En Europe, le lys blanc est consommé dans l’Ouest et le Sud de la Grèce ainsi que dans le sud de la Yougoslavie et le lys tigré, Lilium lancifolium, en Autriche où il est subspontané.

En Europe, les écailles charnues du bulbe du lys martagon, légèrement sucrées et au goût agréable furent mangées jusqu’à la fin des années 1800 en Savoie en cas de disettes, de même que le lys orangé dans le Jura, les Alpes, en Corse et en Italie. Dans le Sud-Est de la Russie, les cosaques récoltaient des bulbes du lys martagon, lesquels étaient aussi consommés en Bosnie en bouillies et galettes jusqu’à il y a peu. Les fleurs du lys blanc étaient utilisées en Catalogne pour aromatiser le ratafia.

Le pollen des lys, abondant et facile à récolter est riche en nutriments. Il peut être utilisé pour colorer ou parfumer certains plats ou consommé tel quel.

Concernant l’usage médicinal, les pétales, du lys blanc le plus souvent, macérés dans l’huile d’olive étaient utilisés pour soigner les brûlures, avant l’apparition du tulle gras.

Selon une étude ethnobotanique et du patois local, réalisée par Françoise et Grégoire Nicollier à Bagnes, en Suisse, publiée en 1984, les feuilles du lys orangé étaient appliquées sur la peau pour traiter les infections. Cuites avec du pain blanc et du lait, elles produisaient aussi une pâte qui s’apposait sur les abcès.

Certaines espèces, notamment le lys orangé, sont toxiques pour les chats. Toutes les parties de ces fleurs, même le pollen, sont concernées. L’ingestion d’une seule feuille peut causer une insuffisance rénale aiguë, souvent mortelle, dans les 24 à 48 h. Il s’agit donc d’une urgence vétérinaire.

Au sujet de leurs prédateurs, le criocère du lis ou le coléoptère rouge vif, de 8 mm de long, aux pattes noires, Lilioceris lilii, en font partie, ainsi que d’autres parasites et maladies, dont les pucerons, les thrips, les nématodes, les botrytis, les fusarioses et la virose.

Au niveau symbolique, la fleur de Lys est une fleur très noble, souvent associée à la monarchie. Elle est le symbole de la pureté et représente ainsi la Vierge Marie.

Sous l’Empire romain, la fleur de lys avec ses six pétales était gravée sur les tombeaux juifs des catacombes et sa stylisation aboutit à l’étoile à six branches.

La fleur de lys, anciennement orthographiée « fleur de lis », est une fleur mythique gauloise. Elle proviendrait pour certains de l’iris, « lis » en néerlandais, pour d’autres du glaïeul ou pour d’autres encore, ce symbole considéré comme une fleur héraldique n’a pas de réalité botanique. Cette marque ainsi d’origine gauloise se répandit dans le reste de l’Occident à partir du haut Moyen Âge. En jaune ou or, signe de la famille royale en France, le lys fut aussi le symbole monarchique représenté par un sceptre à la même époque dans l’espace occupé par des descendants des peuples germaniques du Saint-Empire romain germanique.

Avec le développement de la marine à voile, la fleur de lys apparut sur les cartes, adjointe à la rose des vents, pour indiquer la direction du Nord.

Au 20è siècle, elle devint un emblème du scoutisme, repris à la cartographie, comme étant symbole de droiture, de connaissance du monde et de la capacité à s’orienter, ces valeurs étant transmises aux jeunes dans leurs activités. Elle est depuis présente sur la plupart des emblèmes des associations scoutes du monde entier.

Le lys blanc fut l’emblème floral du Québec de 1963 à 1999, bien qu’il n’y soit pas indigène. Il fut remplacé par l’iris versicolore en 1999. Le lys des prairies, Lilium philadelphicum, est l’emblème floral de la province de Saskatchewan, au Canada.

Le lys bosniaque, Lilium bosniacum, est l’emblème des habitants de Bosnie. Il figurait sur l’ancien drapeau national de la Bosnie-Herzégovine.

Enfin, dans le langage des fleurs, le lys symbolise également la pureté.

Cf. Wikipédia.

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