L'hortensia
By CR
Hydrangea est un genre d’arbustes et d’arbres appartenant à la famille des Hydrangeaceae dont l’espèce la plus connue est une hybride, appelée hortensia, Hydrangea ×serratophylla, obtenue par le croisement entre Hydrangea macrophylla et Hydrangea serrata.
Les plantes horticoles connues sous le nom d’hortensias se distinguent de celles de la nature par leurs inflorescences composées de fleurs presque toutes stériles, l’ensemble formant une boule. Les hortensias appartiennent à l’espèce hybride Hydrangea × serratophylla ou à l’espèce Hydrangea macrophylla. Par extension, les espèces du genre Hydrangea sont souvent dénommées « hortensia » suivi d’un qualificatif, comme « hortensia grimpant » pour Hydrangea anomala. Le nom « hortensia » n’a aucune valeur botanique, puisqu’il s’agit d’une dénomination purement horticole.
Le botaniste néerlandais Jan Frederik Gronovius créa le terme Hydrangea pour désigner une plante nord-américaine avec de petites fleurs blanches, la Flora Virginica, en 1739, dont le spécimen lui avait été envoyé de Virginie par le botaniste John Clayton. Il forgea en latin scientifique le terme d’Hydrangea à partir du grec hydro, « eau » et angeion, « vase », soit « vase d’eau », d’après la forme caractéristique des capsules en forme de coupe.
Le naturaliste suédois Carl von Linné adopta le terme pour créer le genre Hydrangea qu’il circonscrit à la seule espèce Hydrangea arborescens, un arbuste de l’Est de l’Amérique du Nord, dans son ouvrage Species Plantarum, en 1753.
Hormis les quelques espèces qui croissent en Amérique, la plupart sont issues d’Asie orientale. Le territoire chinois actuel possède 33 espèces d’Hydrangeas indigènes, mais l’espèce cultivée la plus répandue est Hydrangea macrophylla, originaire du Japon. Les Hydrangeas, nommés en chinois « Fleur des huit immortels »*, étaient cultivés aux époques des dynasties Ming et Qing dans les jardins de la région du Jiangnan, à l’ouest de Shanghaï. Des représentations dans la peinture chinoise s’y trouvent.
Leurs premières descriptions en langues occidentales furent apportées par le médecin allemand Engelbert Kaempfer qui se rendit à Nagasaki, seule ville du Japon ouverte aux étrangers, en 1690-1692. Il détailla quelques plantes locales, dont la Flora Japonica dans son traité d’histoire naturelle Amoenitatum Exoticarum, en 1712, et les Hydrangeas, sous leurs noms vernaculaires de « Sijo, vulgo Adsai, Ansai, Adsikii ». Ces définitions furent reprises par le naturaliste suédois Carl Peter Thunberg, élève de Carl von Linné, en 1784, qui travailla en tant que chirurgien à Nagasaki en 1775-1776. Il dénomma ces plantes dans le cadre de la nomenclature linnéenne, sous le nom de genre Viburnum. À cette époque, le lien avec l’espèce américaine d’Hydrangea n’était pas encore établi.
Le nom « hortensia », Hydrangea macrophylla, fut formulé par le médecin, explorateur et naturaliste français Philibert Commerson. Après avoir accompagné le comte Louis-Antoine de Bougainville comme naturaliste, dans son voyage autour du monde, il s’installa aux Mascareignes où il y passa les quatre dernières années de sa vie à herboriser sur l’Isle de France (aujourd’hui l’île Maurice), Madagascar et l’île Bourbon (île de La Réunion actuelle). Au printemps 1771, il y découvrit l’Hydrangea macrophylla, dont il lui attribua le nom de Peautia coelestina en hommage à son amie astronome Nicole Reine Lepaute, dont Peautia renvoie à Lepaute et coelestina à l’astronomie, puis changea aussitôt le nom, ayant réalisé qu’il avait déjà nommé une fleur de Madagascar Peautia en hommage à la famille de l’horloger Jean-André Lepaute. La planche botanique qu’il lui consacra fut ainsi corrigée de sa main : « Nous l’avons d’abord appelé Peautia Coelestina, mais il sera meilleur de dire Hortensia », dérivé du latin hortus, soit « jardin ». Bien que Mme Lepaute ne se prénommait pas officiellement Hortense, il semblerait qu’elle se faisait appeler ainsi dans l’intimité.
En 1789, Philibert Commerson envoya un spécimen seché en France où le naturaliste Jean-Baptiste de Lamarck le nomma Hortensia opuloides.
À la même époque, les naturalistes britanniques Sir Joseph Banks et Slater introduisirent des hortensias vivants, en provenance de Chine, dans les jardins de Kew en Angleterre. Le rapprochement avec les Hydrangeas de Carl von Linné fut établi et la dénomination adoptée fut un compromis entre Carl von Linné et Philibert Commerson. Le botaniste français Nicolas Charles Seringe fusionna les genres Hydrangea L. et Hortensia Juss., puis créa le nom toujours en usage Hydrangea macrophylla. Ainsi le terme hortensia disparut à la fois des noms de genres et d’espèces.
Ce terme hortensia, introduit à la base dans la nomenclature scientifique, ne survécut que dans la langue commune. Il connut pourtant de nombreuses appellations. Le naturaliste français Jean-Baptiste de Lamarck nommait « hortense du Japon », en 1789, le docteur en médecine et botaniste français Antoine-Laurent de Jussieu, « rose du Japon », en 1821, l’abbé, botaniste et explorateur français Jean-Louis Marie Poiret, « hortensia du Japon », en 1821, et le botaniste et ampélographe français Pierre Mouillefert, « hydrangelle des jardins », en 1892. Ces noms ont désormais disparus.
En 1928, le botaniste allemand Heinrich Gustav Adolf Engler rattacha le genre Hydrangea de Carl von Linné à la famille des Saxifragacées, sous-famille des Hydrangéoïdées. En 1980, le biologiste britannique Joseph Burtt Hutchinson transforma la sous-famille des Hydrangéoïdées en famille des Hydrangeacées, la famille des Saxifragacées au sens large étant très hétérogène.
Les Hydrangeas sont des plantes arbustives, mesurant de 0,5 mètre à plusieurs mètres, ou sont des plantes grimpantes s’accrochant à leurs supports par des racines adventives.
Les feuilles sont opposées, parfois verticillées par 3, simples sans stipules, à marge entière, pour l’Hydrangea integrifolia, serrulée ou lobée pour l’Hydrangea quercifolia.
Les inflorescences sont terminales, parfois axillaires, et sont constituées d’une cyme, elle-même composée de cymes groupées en corymbes ou en panicules, comme l’Hydrangea paniculata et l’Hydrangea quercifolia. Il existe deux types de fleurs, soit les grandes fleurs décoratives dites stériles et les petites fleurs fertiles.
– Les fleurs stériles, à la périphérie de l’inflorescence, pour les formes sauvages mais pas pour les formes cultivées, sont en général formées de 3, 4 ou 5 sépales pétaloïdes, de pétales entourant des étamines et d’un ovaire. Les sépales sont grands et décoratifs ;
– Les fleurs fertiles sont situées à l’intérieur de l’inflorescence et sont en général très nombreuses. Elles comportent 5 petits sépales verdâtres et 5 petits pétales colorés ou non. Les étamines sont au nombre de 10, mais aussi de 8 ou de 25.
La théorie de la stérilité des fleurs décoratives et de la fertilité des fleurs non-décoratives émise par la scientifique américaine Barbara McClintock, en 1957, fut contestée par une étude de plusieurs cultivars de l’Hydrangea macrophylla par le scientifique japonais Tatsuya Uemachi, en 2004. Aucune différence dans le développement des ovules ne fut observée entre les fleurs décoratives et non décoratives. De même, aucune différence dans la fertilité des pollens ne fut notée. Toutefois les fleurs non décoratives sont pentamères et les décoratives sont tétramères.
Le fruit est une capsule, à déhiscence apicale. Les graines sont très petites, de 0,1 mm à 2 mm.
L’espèce d’origine japonaise Hydrangea macrophylla est cultivée comme plante ornementale dans plusieurs régions du monde.
Concernant l’usage, les feuilles et pétales sont séchés puis roulés afin d’être fumés pour un plaisir éphémère. Cette pratique serait partie d’Allemagne. Le professeur en pharmacologie des universités de Lausanne et de Genève Kurt Hostettmann expliqua ce phénomène dans le journal suisse Le Matin. La fumette d’hortensia entraînerait des effets hallucinogènes et euphorisants. « Selon les doses, l’effet ressenti est proche de celui induit par le THC (tétrahydrocannabinol), une substance psychoactive du cannabis », indiqua ainsi le scientifique. Il déconseilla strictement cette utilisation de la plante pour les néfastes effets secondaires, pouvant même entraîner la mort. Les médecins recensèrent des cas de troubles gastro-intestinaux, des problèmes respiratoires, d’accélération du rythme cardiaque ou d’étourdissements. Bien plus grave, les fumeurs s’exposent également à des risques mortels d’étouffement. À haute dose, les substances de l’arbuste « se transforment en acide cyanhydrique », précisa aussi Kurt Hostettmann. Le médecin addictologue Philippe Arvers rappella que les fumeurs de cannabis comme les consommateurs d’alcool pouvaient être très sensibles à l’effet placebo.
Enfin, 73 espèces sont réparties principalement dans l’Asie orientale, avec quelques espèces en Asie du Sud-Est et en Amérique. La période de floraison est en général de juin à septembre.
Au niveau symbolique, à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, les antinucléaires japonais instaurèrent l’hortensia comme la fleur symbolisant leur mouvement. L’hortensia est en effet l’une des fleurs traditionnelles du Japon où elle s’épanouit entre la mi-juin et mi-juillet et est donc porteuse d’espoir en cette saison des pluies sombres.
Selon différents auteurs, dans le langage des fleurs, l’hortensia peut symboliser divers sentiments contradictoires, soit l’idylle, la froideur, l’indifférence, la réputation déchue ou la gloire oubliée.
Cf. Wikipédia.
*Les huit immortels sont des divinités du taoïsme et de la religion populaire chinoise.

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