Île Dumet

By CR

Située en Mor braz dans l’océan Atlantique à 6 km au large de Piriac-sur-Mer, elle est la seule île maritime en Loire-Atlantique. Sa superficie de 8,5 hectares varie en fonction des marées. Elle mesure environ de 600 mètres de long et 150 mètres de large.

Son nom connu le plus ancien fut Aduna aboutissant au nom actuel via Audumet, Dumay. Son nom breton est Enez Aodum.

Histoire :

Vers le 5è siècle, elle fut occupée par les Danois et les Saxons.

Au 6é siècle, l’évêque de Nantes baptisa les Saxons. Elle devint ensuite le refuge d’ermites.

Au 8è siècle, les Vikings s’y installèrent.

En 1557, une coalition hispano-anglaise l’envahit.

En 1590, des troupes espagnoles commandées par Juan d’Aquila y débarquèrent.

Après avoir dépendu de l’évêché de Nantes, elle releva de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon. En 1772, les moines l’échangèrent contre 70 œillets de marais salants avec le comte Jacques de Mahé de la Bourdonnais. Ils laissèrent derrière eux le souvenir de miracles et un imaginaire superstitieux qui s’étendit sur la portion de côte vers Piriac.

Sa position stratégique lui valut de multiples occupations militaires et la participation à la défense de l’embouchure de la Vilaine. Elle fut ainsi le témoin de nombreuses batailles navales telle que la bataille des Cardinaux.

Deux forts y fut construits :

– Le fort de Ré ou « fort rond » de forme semi-circulaire construit vers 1756 sous la direction du duc d’Aiguillon. Il servit d’habitation pour les gardiens après sa désaffectation en 1782. Après une tentative de restauration au 19è siècle, il fut définitivement abandonné. Un feu de signalisation y fut placé vers 1900 après de nombreux naufrages.

– Le « fort carré », appelé sans raison fort à La Vauban, fut érigé sous les yeux de Gustave Flaubert. Construit entre 1846 et 1849, il s’agit du réduit d’une batterie d’artillerie, dite tour de garde crénelée n°1.

En 1799, le général chouan, commandant de l’Armée catholique et royale de Bretagne Georges Cadoudal avec son armée s’y établirent.

Son occupation très ancienne dont les vestiges étaient encore visibles et décrits en 1850 fut détruits par les travaux ultérieurs.

En 1876, elle n’eut plus de gardien et fut désertée. Les gardiens y vivaient avec femme, enfants et domestique. Leur titre militaire était « gardien de batterie ».

En 1912, le professeur Alphonse Berget y plaça le pôle de l’hémisphère continental.

À partir de 1949, son nouveau propriétaire fut l’industriel Henri Dresch, fabriquant des motos Dresch, armateur à Lancieux, dans les Côtes-d’Armor, puis fondateur du complexe hôtelier du domaine de Rochevilaine à la pointe de Pen Lan. Sur ses terres insulaires, il y réalisa des travaux embarquant du matériel depuis le port de Billiers grâce aux pêcheurs locaux qui lui louèrent leurs services en faisant la navette. Des arbres furent transportés jusqu’à Dumet sur la plate « la Lorraine », appartenant à Henri Dresch. Le père Béliout, un vieux marin piriacais s’occupa de l’île pour son propriétaire qui y reçut notamment la chanteuse et actrice Colette Renard.

En 1953, le couple Robert et Madeleine Fleury prirent possession de la maison des gardes, vestige du fort de Ré. Ils y passèrent 33 ans sans électricité, avec peu d’eau douce, le courrier tous les quinze jours quand le temps le permettait et une liaison radio deux fois par jour.

En 1971, Henri Dresch vendit l’île.

En 1990, elle devint la propriété du conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (CELRL) et une réserve ornithologique réglementée. Le département de Loire-Atlantique y est gestionnaire pour le compte du conservatoire du littoral. Aujourd’hui, elle constitue un but de navigation appréciable pour les plaisanciers de la baie de Vilaine. Elle sert aussi d’indicateur empirique pour la météo : « Côtes de Dumet bien découpées, pluie à redouter. Brume sur l’île aux oiseaux, il va faire beau ! »

En 2020, un arrêté municipal y interdit l’accès entre le 15 mars et le 15 juillet.

Enfin le 28 février 2024, un arrêté préfectoral de protection de biotope fut signé, y interdisant les débarquements et l’approche en bateau jusqu’au 31 juillet.

Elle est un site de reproduction de plusieurs espèces protégées telles que le Cormoran huppé, l’hirondelle de rivage, le Pipit maritime, le moineau domestique, le Tadorne de Belon, le Grand Gravelot et l’huîtrier pie. Une colonie de Goéland argenté y est installée depuis les années 1970, cette espèce qui fut un temps considérée comme nuisible est de nos jours reconnue comme menacée et protégée. Elle abrite également la plus importante colonie de reproduction d’Eider à duvet en France, dont ce canard marin utilise les eaux autour de l’île jusqu’en automne pour l’élevage et l’apprentissage des juvéniles. Jusque dans les années 1970, une colonie de sternes s’y reproduisait.

Concernant sa flore, la renouée maritime, le bec-de-grue maritime et la Scirpe maritime y sont présents.

Cf. Wikipédia.

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