Humeur de juin 2026
By CR
La rose est la fleur du rosier, arbuste du genre Rosa et de la famille des Rosaceae. La rose des jardins se caractérise avant tout par la multiplication de ses pétales imbriqués qui lui donne sa forme caractéristique.
Appréciée pour sa beauté et sa senteur, elle est célébrée depuis l’Antiquité par de nombreux poètes et écrivains ainsi que par des peintres pour son parfum et ses couleurs, allant du blanc pur au pourpre foncé, en passant par le jaune et toutes les nuances intermédiaires. Elle est présente dans presque tous les jardins et dans de nombreux bouquets. Elle est devenue la « reine des fleurs » dans le monde occidental, la pivoine lui disputant ce titre en Chine.
Le rosier est l’une des plantes les plus cultivées au monde et ses fleurs occupent la première place dans le marché des fleurs. Les rosiers sont aussi des plantes sauvages, dont la plus réputée en Europe est l’églantier, aux fleurs simples à 5 pétales devenues à la mode pour leur aspect plus naturel depuis le 18è siècle et sont connues sous le nom de « roses botaniques ».
Les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs millénaires de transformations, d’abord empiriques puis, à partir de la fin du 18è siècle, méthodiques, en particulier par l’hybridation. Les variétés sont innombrables, dont le nombre de cultivars disponibles dans le monde est estimé à plus de 3 000.
Selon une étude génétique de 2025, l’ancêtre de toutes les roses était jaune.
Le mot rose, attesté en français au début du 12è siècle, remonte au latin rosa, rosae, substantif féminin qui désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-même. Le nom de la fleur donna ensuite son nom à la couleur rose. Il est à noter que contrairement à d’autres adjectifs de couleur issus de noms communs, comme « orange » ou « marron », l’adjectif « rose » s’accorde généralement en genre et en nombre, soit des roses roses.
Elle est l’une des très rares fleurs, avec l’églantine, à avoir un nom dédié différent des noms donnés à la plante elle-même, soit la rose étant la fleur du rosier et l’églantine, la fleur de l’églantier.
Son succès lui vaut de participer à l’appellation d’autres espèces sans lien avec la famille des Rosaceae comme la rose de Noël, Helleborus niger, ou la rose de carême, Helleborus orientalis, de la famille des Ranunculaceae, la rose de Chine, Hibiscus, de la famille des Malvaceae, la rose de porcelaine, Etlingera elatior, de la famille des Zingiberaceae, entre autres.
Les espèces botaniques de rosiers, qui appartiennent au genre Rosa, sont au nombre de 100 à 200 selon les auteurs et se répartissent en 4 sous-genres : Plathyrhodon, Hesperhodos, Hulthemia, parfois considéré comme un genre distinct, et Eurosa.
Le sous-genre Eurosa est subdivisé en 11 sections : Pimpinellifoliae (rosiers pimprenelle), Gallicanae (rosiers galliques), Caninae, Carolinae, Gymnocarpae, Cinnamomeae (rosiers cannelle), Chinenses, Banksianae, Laevigatae, Bracteatae et Synstylae.
Les travaux de génétique montrent que cette classification ne reflète pas l’évolution des espèces. Cette classification n’est donc utile que pour la détermination d’un rosier trouvé dans la nature.
Seuls une douzaine d’espèces et ses taxons dérivés (variétés, formes), furent utilisés pour créer la plupart des rosiers cultivés, généralement à fleurs dites « doubles » ou « pleines », aux très nombreux pétales. De plus en plus de formes « naturelles » sont cultivées dans les jardins qui sont les « roses botaniques », dont la forme simple, aussi appelée églantine, et la rusticité s’accordent avec la tendance d’un jardin plus « sauvage ». Les rosiéristes modernes cherchent à exploiter la diversité du genre Rosa afin d’introduire dans leurs obtentions des gènes particuliers, par exemple de résistance au froid ou à certaines maladies.
Les spécialistes distinguent généralement les « roses anciennes » des « roses modernes ». De nombreux cultivars de roses, anciennes ou modernes, portent des noms de personnalités célèbres.
Les roses anciennes sont généralement les variétés datant d’avant 1867, dont beaucoup furent perdues.
En 1867, la création de ‘La France’, la première hybride de thé, dérivée des roses importées de Chine avec les cargaisons de thé, marqua le début des « roses modernes », étant des rosiers « à grandes fleurs », les « floribunda » et les « rosiers anglais ».
Historiquement, les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5 000 ans et en Grèce depuis l’âge du bronze. Littérature et poésie antiques se réfèrent souvent à la rose, sans qu’il soit aisé d’en définir l’espèce ou la variété avec certitude.
Du 6è siècle av. J.-C. au 2è siècle, période de domination grecque puis latine, elles circulèrent de Perse en Angleterre ainsi que de Grèce en Égypte.
Au Moyen Âge, comme pour la période antique, la rose fut extrêmement présente dans la société laïque et religieuse, mais les données permettent rarement une identification précise.
Durant cette première phase de domestication et d’utilisation des rosiers indigènes, ces derniers furent multipliés par drageons et boutures. Les introductions de nouveaux taxons étaient limitées aux grands axes commerciaux, soit de la Chine orientale à la Chine centrale, de l’Orient au Proche-Orient et du Proche-Orient à l’Europe. Les mutations jouèrent certainement un rôle important.
Les nouveaux rosiers vinrent ensuite le jour, dont les rosiers du Proche-Orient du 13è siècle au 18è siècle, les rosiers de Chine du 18è siècle au 19è siècle. Les rosiers modernes arrivèrent alors avec le croisement des rosiers de Chine, de Bourbon, Portland et Noisette, permettant ainsi leur création.
En 1858, grâce à un passionné des roses, le pasteur Hole, la première exposition nationale des roses d’Angleterre eut lieu.
En 1867, le pépiniériste et créateur de roses français Jean-Baptiste Guillot créa ainsi ‘La France’, le premier buisson à grandes fleurs ou « hybride de thé ». Ce fut l’époque où les hybrides perpétuels remontants connurent en France un grand succès, avec notamment les créations du rosiériste lyonnais Jean Liabaud.
Dans le même temps, de Rosa multiflora, rosier liane rapporté du Japon au 18è siècle, furent créés par hybridation les nombreux rosiers buissons à fleurs groupées, les « floribundas ».
En 1886, la Société française des roses fut fondée à Lyon, considérée à l’époque comme la capitale des roses. Elle édite encore sa revue Les Amis des roses.
Au 20è siècle, des rosiers buissons à grandes fleurs connurent la gloire, notamment avec les créations du pépiniériste et rosiériste français Georges Delbard, de la société de création de variété de roses françaises Meilland, du professeur américain d’horticulture et obtenteur de roses Griffith Buck et du créateur britannique de roses David Austin.
Au 21è siècle, les nouvelles pistes de sélection s’attachent aux processus de floraison, soit l’initiation florale, la date de floraison, la remontée de la floraison, la couleur et le parfum. Elles se concentrent sur des approches génétiques et moléculaires avec l’étude des populations issues des croisements. 2 gènes commandent la remontée de la floraison et le nombre des pétales de la fleur simple. De nombreux gènes s’occupent de la composition du parfum rendant ce caractère très complexe à sélectionner.
Elle est la fleur dont la culture se développe le plus à l’échelle mondiale. Elle est produite principalement aux Pays-Bas, en Espagne, en Israël, au Kenya, en Turquie, au Maroc, en Équateur et en Colombie. En France, seuls 300 hectares sont alloués à sa culture, principalement dans le Var. Mais, la capitale française de la rose reste Doué-la-Fontaine, en Maine-et-Loire.
En parfumerie, depuis l’Antiquité, elle fut utilisée, soit en soliflore, dont la fleur constitue l’essentiel du parfum, soit comme note de cœur associée à d’autres essences dans les parfums dits floraux, et plus généralement dans près de la moitié des parfums féminins.
L’eau de rose est connue pour son pouvoir adoucissant, en particulier pour les soins du visage. De nombreux produits de beauté utilisent la rose pour son parfum et son effet adoucissant, dont les crèmes démaquillantes, les masques, les crèmes, les lotions, l’huile essentielle dans les huiles de massage, l’eau de rose pour les bains, comme lotion ou pour parfumer l’eau des ablutions.
L’essence de rose est obtenue soit par distillation des pétales, procédé qui permet d’utiliser le résidu sous forme d’eau de rose, soit par extraction au solvant, qui évaporé donne une pâte nommée « concrète ». Cette pâte lavée à l’alcool et filtrée donne une autre pâte nommée « absolue ». La technique d’enfleurage des roses consistant à capter l’essence grâce à de la graisse ou de l’huile n’est plus utilisée. Dans l’Antiquité, elle était la seule employée par chauffage des pétales dans de l’huile végétale, d’olive, de sésame ou autre.
Les deux espèces les plus cultivées sont Rosa ×damascena, en Bulgarie et en Turquie, pour l’huile essentielle, ou rose de Damas, et Rosa ×centifolia, en France et au Maroc, pour la concrète et l’absolue. Cette dernière fut longtemps cultivée à Grasse sous le nom de « rose de mai ». Cependant aujourd’hui, de nombreuses molécules synthétiques permettent de se passer d’essences naturelles. Il est également possible d’utiliser le géranium à odeur de rose, Pelargonium Rosat, contenant les mêmes terpènes que la rose, beaucoup moins cher.
En bijouterie, bien que les fleurs en général, et la rose en particulier, se prêtent mal à des utilisations permanentes, il existe des techniques de naturalisation. Après séchage, il existe des méthodes pour la fixation de la couleur naturelle, le vernissage, l’ inclusion ou la vitrification.
En médecine, le sirop rosat, le sucre rosat et miel rosat étaient très employés au Moyen Âge pour soigner les maux de tête et les lourdeurs d’estomac. L’eau de rose servait d’onguent et de collyre, dont ce dernier était beaucoup utilisé jusqu’au 18è siècle. Le sirop à la rose, les compresses de pétales de roses, les décoctions de roses rouges et le vinaigre de roses étaient utilisés en cas de migraines, ainsi que le miel de rose pour les maux de gorge et les aphtes.
En cuisine, les pétales peuvent parfumer du sucre, un thé, être la base de liqueurs, de confitures et de nombreuses préparations, telles que les bonbons à la rose, la gelée de rose, le miel à la rose, l’eau de rose, le Lassi à la rose (boisson indienne) et les pétales de rose cristallisés. L’eau de rose peut servir à parfumer des gâteaux et des friandises, dont des spécialités comme les loukoums à la rose sont très renommées. Les cuisines du pourtour de la Méditerranée et de l’Orient, arabe, perse, turque, mais également indienne, utilisent beaucoup la rose, en particulier les boutons séchés qui peuvent décorer des plats, être infusés, entrer dans la composition du ras el-Hanout ou servir à la préparation du kefta.
En France, la capitale de la confiserie à la rose est Provins, dont les principales spécialités sont la confiture de pétales de rose, le miel à la rose de Provins, les bonbons à la rose. En Iran, la récolte des pétales a lieu tous les ans à la même époque à Qamsar, à proximité de Kachan.
Entre autres choses, c’est par sa valeur symbolique que la rose se fit connaître au cours de l’Histoire.
Concernant sa position héraldique, la rose est l’un des meubles le plus utilisé et sans doute la fleur la plus représentée en ce domaine après la fleur de lys.
La rose héraldique est symbolisée par un dessin stylisé qui s’inspire de l’églantine à 5 pétales régulièrement étalés et arrondis, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, souvent de couleur différente, et une tige absente. Parfois, une rose avec sa tige et ses feuilles, plus réaliste, dite « au naturel », est représentée. La rose héraldique apparaît notamment sur le blason de nombreuses communes de France.
Dans le langage des fleurs, elle symbolise différents sentiments suivant son type ou sa couleur. Par exemple, l’amour pour la rose anglaise, l’amour qui soupire ou la sagesse pour la rose blanche, la sympathie pour la rose de Chine, l’infidélité pour la rose jaune, le serment d’amour pour la rose rose, la vertu ou l’amour ardent pour la rose rouge, le plaisir pour la rose thé, l’amour simple pour la rose trémière. La rose bleue, elle, évoque le mystère ou l’atteinte de l’impossible et apporte la jeunesse à celui qui la détient ou la réalisation ses vœux.
En plus de sa couleur, la quantité exprime aussi une symbolique. Pour un nombre de roses inférieur à 10, il est de coutume d’offrir des roses par nombre impair surtout à des fins esthétiques. Au-delà et suivant le nombre, le bouquet de roses peut porter un message plus particulier :
- 1 rose permet de dévoiler son amour en toute simplicité ;
- 2 roses permettent de se faire pardonner ;
- 12 roses permettent de remercier sa bien-aimée ou représente une demande de mariage ;
- 24 roses pour être galant ;
- 36 roses pour déclarer son amour, sous forme d’un bouquet de fiançailles dont il est d’usage et raffiné de sélectionner des roses ayant les têtes légèrement courbées ;
- 101 roses peuvent s’offrir pour exprimer la passion et l’amour sans retenue.
En outre, elle est la fleur nationale de certains pays, dont l’Angleterre (rose Tudor), la Bulgarie, les USA, la Finlande (rose blanche), l’Irak, les Maldives ou encore la Roumanie.
Elle fut également choisie comme emblème officiel par plusieurs États des USA, soit la Géorgie (Rosa laevigata), l’Iowa (Rosa arkansana), New York, le Dakota du Nord (Rosa blanda ou arkansana) et l’Oklahoma.
En Italie, à Venise, le jour de la saint Marc, le 25 avril, la tradition veut qu’un bocolo, « bouton » en dialecte vénitien, de rose soit offert aux dames.
Cf. Wikipédia.
Enfin, la saison de floraison des roses varie en fonction des espèces et des conditions climatiques, mais en général, elles fleurissent de l’été jusqu’à l’automne. Pour avoir des chances d’avoir de belles roses, les mois de juin, juillet et d’août sont les plus propices.

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