Téviec
By CR
S’écrivant aussi Théviec, il est un îlot privé situé à l’ouest de l’isthme de la presqu’île de Quiberon, à Saint-Pierre-Quiberon, dans le Morbihan, en Bretagne. Il est un important site archéologique du Mésolithique.
Il fait partie des zones de protection spéciale (ZPS) du « massif dunaire Gâvres-Quiberon et zones humides associées » et de la « Baie de Quiberon », des sites d’intérêt communautaire (SIC), selon la directive Oiseaux.
Il fait l’objet d’un arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) qui vise la préservation de biotopes variés, indispensables à la survie d’espèces protégées spécifiques depuis le 12 janvier 1982, via le conservatoire du littoral. L’accostage sur la plage est autorisé, mais l’accès à l’îlot est formellement interdit sous peine de poursuite judiciaire.
Il appartient à des rares sites du Mésolithique subsistant en Bretagne, avec la Pointe de la Torche, Hoedic et Beg-er-Vil sur la presqu’île de Quiberon. Un habitat et un cimetière de cette période y furent découverts lors des fouilles de 1928 à 1930 ou 1934 par le couple d’amateurs d’archéologie lorrains, Marthe et Saint-Just Péquart.
À l’époque de l’occupation, entre 5 500 et 5 300 av. J.-C., il était rattaché au continent. Au Mésolithique, il était une pointe rocheuse en raison du niveau de la mer plus bas de 12 mètres par rapport à aujourd’hui. L’habitat était installé sur un amas coquillier composé des restes de nombreux mollusques marins, tels que des crustacés, seiches, poissons (labridés), d’oiseaux, dont des pingouins, canards, bécasses ou pygargues, des cétacés, des mammifères terrestres, comme des sanglier, cerf, aurochs, chevreuil, chien, entre autres, et des résidus de taille de silex. Les chasseurs-cueilleurs-pêcheurs enterrèrent certains de leurs défunts dans ces zones de vie et de rejet des déchets coquilliers. Les coquillages permirent la très bonne conservation des sépultures, leur carbonate isolant les ossements du sol acide.
Il porte à son extrémité Nord-Ouest, sur une terrasse marine recouvrant le socle granitique, un amas coquillier d’une quinzaine de mètres de longueur et d’une épaisseur de 0,60 mètre à 1 mètre.
Cette butte remplie de débris de cuisine, des coquillages, oiseaux marins, entre autres, fut signalée par l’archéologue plouharnelais Félix Gaillard en 1883, découvrant du mobilier lithique et des restes d’animaux. Le préhistorien breton Zacharie Le Rouzic, en incapacité matérielle de fouiller le site lui-même, conduisit le couple Péquart sur ce dernier, en insistant sur son importance. Les campagnes de fouilles du couple permirent de révéler la correspondance entre la butte et un tumulus de pierres sèches qui recouvrait 10 fosses sépulcrales creusées dans l’épaisseur de l’amas, matériau meuble facilitant l’inhumation et les vides permettant aux esprits de sortir de terre. Ces fosses étaient des sépultures individuelles ou multiples, jusqu’à 6 défunts dans l’une d’elles. Elles renfermaient 23 individus, adultes et enfants au total. Les fosses pouvaient être recouvertes par des massifs de pierres, soit des cairns, ou par des dalles sur lesquelles un foyer funéraire, qui comportait parfois des mandibules de cerf ou de sanglier non calcinées, était édifié avec des pierres.
Plusieurs des squelettes furent datés, avec des résultats qui indiquaient une occupation globalement dans le courant du sixième millénaire avant notre ère. Les problèmes particuliers posés par la datation au radiocarbone en milieu littoral ne permirent ni d’être plus précis ni d’évaluer exactement la durée d’utilisation du cimetière.
Parmi les squelettes déterrés, 3 se trouvent au musée de Préhistoire de Carnac, 2 au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, 2 au musée des Confluences à Lyon, 9 à l’Institut de paléontologie humaine de Paris. La sépulture A est conservée au muséum de Toulouse. Le reste fut perdu ou détruit.
trouva aussi dans l’amas coquillier des centaines d’objets, principalement des outils en silex ainsi que des objets en os et en bois de cervidés. Les vestiges lithiques retrouvés comprenaient de nombreux microlithes géométriques correspondant à des armatures de projectiles.
Certains squelettes portaient des traces de mort violente, dont la cause fit l’objet de suppositions. En 2010, des traces de coups violents furent constatés par des médecins légistes sur le crâne des individus de la sépulture A. La sépulture K contenait 6 squelettes déposés successivement, à intervalles rapprochés. L’un des individus, peut-être le premier occupant, de cette sépulture, un homme d’une vingtaine d’années fut daté au carbone 14 entre 5 600 et 5 300 avant J.-C.. Il fut frappé simultanément par deux projectiles en silex. Pour le chercheur au CNRS et spécialiste du Mésolithique Grégor Marchand, cette sépulture collective serait la trace d’une tuerie. En 2016, l’anthropologue à l’université de Bordeaux Bruno Boulestin effectua une révision bio-archéologique complète de ces sépultures ainsi que de celles du site contemporain d’Hœdic, réévaluant les descriptions apportées par le couple Péquart à partir des documents qu’ils avaient laissés et contrôlant l’âge ainsi que le sexe des défunts. Il réfuta alors les données établies en 2010, parlant pour la sépulture A de « mythe ».
Dans cette sépulture, les deux défunts fut enterrés avec beaucoup de soin dans une fosse creusée, à moitié dans le sous-sol et à moitié dans l’amas coquillier, puis recouverts par des bois de cervidés. Le mobilier funéraire comprenait des silex, des stylets en os, ainsi que des parures constituées de coquilles marines percées et assemblées en colliers ou bracelets. Certains corps étaient enduits d’ocre rouge.
Après ces fouilles à Téviec, le couple Péquart travailla au Mas d’Azil, dans l’Ariège, à la demande du prêtre catholique et préhistorien français Henri Breuil, l’abbé Breuil. Lors de cette période, le couple donna la sépulture A au muséum de Toulouse.
La reconstitution de cette tombe fut confiée au taxidermiste et préparateur du muséum de cette époque du début 20è siècle Philippe Lacomme. Il signa cette œuvre en la datant de 1938. Cette pièce fut conservée depuis dans la galerie de la Préhistoire du Muséum, jusqu’à sa refonte en 1997. En 2010, l’ensemble fut entièrement rénové et la restauration actuelle est due au préparateur du muséum Benoît Gransac. Cette pièce fait partie d’une exposition temporaire au muséum de Toulouse sur la Préhistoire, qui reçut le label d’intérêt national.
À l’occasion de cette restauration, les deux squelettes contenus dans la sépulture furent réexaminés. Jusque-là, le squelette de droite était considéré de sexe masculin et celui de gauche de sexe féminin, à la suite des déterminations effectuées par le paléoanthropologue, paléontologue et géologue français Marcellin Boule ainsi que l’anthropologue et préhistorien français Henri Victor Vallois. L’étude de 2010 conclut que les deux sont des femmes âgées de 25 à 30 ans. La révision définitive réalisée en 2016 par Bruno Boulestin montra qu’en réalité ce diagnostic récent est erroné et que les attributions premières sont correctes. La sépulture contiendrait bien les restes d’une femme âgée entre 18 et 23 ans et d’un adolescent masculin âgé entre 15 et 19 ans.
En outre, la conclusion de l’expertise de 2010, menée par les deux médecins légistes et le paléoanthropologue français José Braga, déterminant l’existence de coups violents portés sur la tête de l’un des individus et la présence de flèches ayant entraîné la mort fut réfutée par Bruno Boulestin. Pour lui, aucune trace de mort violente n’apparaît sur les squelettes, les lésions traumatiques présente sur le crâne pourrait s’expliquer par le poids de la terre et des pierres surmontant la fosse. Il spécifie même que cette expertise légiste n’a « jamais fait l’objet d’une publication scientifique » et qu’elle a été exploitée comme un « scoop archéologique gore » par les médias.
Des analyses de l’ADN furent également tentées sur les deux squelettes. Et contrairement à ce qui avait été avancé au moment de la préparation de l’exposition temporaire, elles n’ont donné aucun résultat fiable.
Cf. Wikipédia.

Commentaires
Enregistrer un commentaire