Les iris

By CR

Il en existe plusieurs.

Iris, genre végétal :

Genre de plantes vivaces à rhizomes ou à bulbes de la famille des Iridacées, il contient 210 espèces et d’innombrables variétés horticoles. Des iris hybrides horticoles appelés à tort Iris germaniques se trouvent souvent dans les jardins.

Le mot « iris » est l’emprunt médiéval au latin iris, iridis, lui-même emprunté au grec Iris, Iridos, désignant la messagère des dieux, personnification de l’arc-en-ciel. Le terme fut d’ailleurs longtemps employé pour désigner ce dernier. À partir du 18è siècle, il est associé à la fleur, en raison de la coloration de ses pétales, aux reflets irisés.

Les plantes composées les plus répandues sont les bulbeuses, dont l’iris de Hollande, Iris hollandica, les iris à rhizome, soit les iris de jardin, ayant ainsi une tige souterraine charnue et horizontale faisant aussi office d’organe de réserve nutritive.

La tige de l’iris est très développée. Ses feuilles sont alternes, à base engainante et presque toujours ensiformes, c’est-à-dire en forme d’épée. Ses grandes fleurs hermaphrodites, groupées en cymes hélicoïdes, entourées à plusieurs dans des bractées appelées spathes, puis s’ouvrant en six tépales pétaloïdes semblables sont disposés sur deux rangs avec les trois tépales extérieurs ou sépales horizontaux ou réfléchis, à large limbe et les trois tépales intérieurs ou pétales, plus petits, dressés, souvent connivents. La fleur contient trois étamines formées de deux éléments, soit le filament et l’anthère sur lequel se trouve le pollen. Ces étamines insérées à la base des tépales extérieurs, à anthères extrorses permettent la libération du pollen vers l’extérieur de la fleur, en l’occurrence les trois grands tépales. La fleur détient aussi trois stigmates très dilatés et pétaloïdes. Son fruit, soudé avec le tube du périanthe, est une capsule à trois loges comportant plusieurs graines.

Comme de nombreuses plantes à fleurs, les premiers iris sont apparus vers la fin du Crétacé, il y a environ 80 millions d’années dans une zone devenue aujourd’hui l’Antarctique. Aujourd’hui, des iris se trouvent dans tout l’hémisphère nord, aussi bien en Europe qu’en Asie, en Afrique du Nord et en Amérique du Nord.

Concernant ses insectes « prédateurs », la Cétoine grise s’attaque à ses fleurs, la pupe, au pollen et les chenilles de certains papillons de nuit s’en nourrissent.

En climat humide, l’hétérosporiose peut créer des taches brunes sur le feuillage sans gêner la floraison ni s’attaquer aux rhizomes. Il convient d’appliquer un fongicide, mélangé à un corps gras pour adhérer aux feuilles cireuses, en début de saison lorsque les feuilles atteignent 10 cm, chaque semaine pendant 1 mois à 1 mois et demi, pour limiter la propagation des spores qui pourrait tuer la plante en quelques années.

La pourriture molle, provoquée par la bactérie Erwinia carotovora, peut attaquer les rhizomes qui mollissent alors et dégagent une odeur nauséabonde. Cela survient souvent sur un sol trop peu drainant et/ou trop riche en matière organique mal décomposée. Il faut supprimer entièrement la partie atteinte en coupant en partie saine avec un outil bien tranchant et propre, laisser ensuite sécher la surface de coupe, puis vaporiser avec un antiseptique, comme du permanganate dilué.

Concernant l’utilisation humaine, outre l’attrait ornemental, certains iris ont des propriétés techniques, alimentaires ou chimiques intéressantes.

L’obtention par hybridation de très nombreux cultivars conduisit à l’élaboration d’une classification horticole très différente de la botanique pour les iris de jardin.

En période de floraison des iris, les horticulteurs organisent des événements destinés aux collectionneurs ou simples amateurs. Par exemple, une exposition d’iris en Suisse dans les jardins du château de Vullierens, ou bien encore un Festival de l’Iris qui a lieu chaque année en France au château d’Auvers-sur-Oise.

Les rhizomes des iris contribuent à stabiliser les berges et vasières des cours d’eau. Mais aussi, quand le faîtage des toits de chaume est végétalisé, comme en Normandie, des iris sont notamment utilisés pour leurs qualités drainantes.

Les amérindiens du nord utilisaient les fibres des feuilles d’iris pour produire de fines et résistantes cordelettes.

Au sujet de son usage alimentaire, selon l’ethnobotaniste François Couplan, les rhizomes ou « cormes » de la plupart des espèces d’iris sont immangeables car très âcres voire toxiques. Or ceux de plusieurs espèces, en séchant, dégagent une odeur agréable, proche du parfum de la violette, tels que l’iris d’Allemagne, Iris germanica, et l’iris de Dalmatie ou iris pâle, Iris pallida, en Europe, plantes utilisées depuis l’antiquité. Leurs rhizomes étaient mastiqués ou réduits en poudre pour aromatiser certains plats ou desserts. Ils servent aussi à aromatiser certains alcools, gin ou chianti par exemple. Quand le vin prenait un goût de moisi en fermentant dans son tonneau, un rhizome d’iris y était jeté pour cacher ce goût et améliorer le vin.

Au Japon et dans d’autres régions d’Asie, l’iris de Sibérie, Iris sibirica, naturellement aussi présent en Europe centrale et de l’Est, ainsi que l’iris des toits, Iris tectorum, parfois présent aujourd’hui dans les jardins en Europe comme plante décorative, sont cultivés pour produire de la fécule de racine, bien que certains cultivars ou souches aient un goût très âcre.

Le rhizome d’Iris filifolia, originaire d’Afrique du Nord et d’Europe, était mangé en Afrique du nord, et celui de l’iris d’Allemagne, en Anatolie. Au-delà d’une essence aromatique, il contient des composants amylacés, pour 50 % de son poids environ, du tanin, un glucoside, l’irisine, et des fibres. Il était réputé expectorant et diurétique, or ceux d’autres espèces, tels que l’iris des marais ou iris faux acore ou iris jaune, Iris pseudacorus, l’iris fétide, Iris foetidissima, présents dans le sud et l’ouest de l’Europe ou l’iris de Sibérie sont toxiques.

Les graines de l’iris des marais, longuement torréfiées, servirent de succédané au café, et celles de l’iris d’Alaska, Iris setosa, étaient consommées torréfiées en Alaska.

En parfumerie, l’essence d’iris, obtenue après une distillation très délicate, est un fixateur de parfum réputé. L’odeur évoquant ainsi celle de la violette est due à la présence d’irone.

Seules certaines espèces sont très recherchées en parfumerie pour leur rhizome, dont sont extraits l’essence d’iris et son principal composant, l’irone. La principale espèce est d’ailleurs l’iris d’Allemagne, originaire du pourtour nord de la Méditerranée, surtout sa forme blanche plus connue sous le nom d’ « iris de Florence », anciennement Iris florentina, qui correspondrait à l’iris de l’Antiquité grecque. Dans une moindre mesure, l’iris de Dalmatie est de même cultivé en Italie et au Maroc, ayant été cultivé aussi à Grasse et ses environs, ainsi que l’iris de Florence.

Il semblerait que la mode de l’iris comme parfum ait été lancée par Catherine de Médicis. Après avoir été un moment considéré comme démodé, l’iris entre toujours aujourd’hui dans la composition de nombreux parfums, associé aux notes florales ou comme note de fond.

En cosmétique, la poudre de racine d’iris est obtenue à partir des rhizomes de l’iris d’Allemagne. Ils sont longuement fermentés, mis à sécher pendant au moins 3 ans, pilés, puis tamisés, donnant une fine poudre blanche et parfumée, appelée communément « poudre de riz ». Elle était utilisée notamment au 17è siècle pour traiter les cheveux, mais des vertus pour blanchir les dents et apaiser les gencives douloureuses lui étaient aussi attribuées.

Concernant ses aspects culturels, pour les Égyptiens, l’iris est associé à l’une des plus anciennes divinités égyptiennes Horus, le dieu Faucon, symbolisant le soleil du matin et celui du soir. Les couleurs vives et variées de la fleur en firent très vite le symbole d’un arc-en-ciel réunissant le ciel et la terre.

Dans la mythologie grecque, Iris, fille de Thaumos, fils de la Terre, devint la favorite de Héra, à qui elle n’apportait que de bonnes nouvelles. En récompense de ses services, elle fut changée en arc-en-ciel, symbole du retour du beau temps.

Malgré l’idée reçue, le lis n’est pas la fleur emblématique de la royauté française. Cet honneur serait lié à l’iris sous le nom héraldique de fleur de lys.

La légende dit que l’iris devint d’abord le talisman du roi Clovis. Alors qu’il était pourchassé par les Wisigoths près de Châtellerault en 507, il aurait traversé une rivière à gué, la Vienne, bordée de touffes d’iris jaune. Il en aurait cueilli une fleur et serait parti vaillant à la bataille. Pour célébrer sa victoire, il aurait troqué les crapauds de ses armoiries pour l’iris des marais, devenu son emblème, le symbole de la monarchie et de l’unité du royaume. Les rois de France en ornèrent leur blason dès 1150. À partir du roi Louis VII le Jeune, l’iris des marais fut appelé fleur de Louis, qui, par déformation devint fleur de Louy, puis fleur de lys.

Il fut aussi affirmé que la fleur de lys serait un ancien symbole des Francs saliens qui étaient originaires de Flandre où l’iris des marais pousse en abondance sur les rives de la Lys, cours d’eau le plus important de Flandre après l’Escaut. Le seigneur d’Armentières, une ville où coule cette rivière, en fit le motif de son blason. Lors de l’annexion de son fief par le roi des Francs, celui-ci décida à son tour de l’ajouter à son propre blason. Ainsi serait née la fleur de Lys, qui n’aurait pas été ainsi un lys mais un iris. Par ailleurs, la fleur de lys serait la traduction littérale du vieux-francique lieschbloem, qui signifie « fleur d’iris ». Cette langue était parlée par les Francs saliens, dont les rois de France sont issus des rois Francs. Cette dénomination aurait pu influencé le latin parlé en Gaule.

Aujourd’hui, l’iris des marais, dont les fleurs sont d’une belle couleur jaune, est l’emblème de la Région de Bruxelles-Capitale, tandis que l’iris versicolore, Iris versicolor, à fleurs de couleur bleu vif à violet, est celui du Québec depuis 1999. Le lys de Florence est également un iris de jardin.

Bien que l’iris des Pyrénées ou iris à larges feuilles, soit également connu sous le nom d’iris d’Angleterre, Iris latifolia, il est bien à l’origine une espèce endémique des Pyrénées.

Enfin, dans le langage des fleurs, l’iris en général symbolise l’inconstance, le cœur tendre ou l’amour confiant. Quant à l’iris blanc, il symbolise l’ardeur et l’iris bleu, la confiance.

Cf. Wikipédia.

Iris de jardin :

Aussi appelé iris hybride ou iris horticole, il est le nom donné aux milliers de cultivars issus de la sélection horticole depuis plusieurs siècles.

Les iris hybrides les plus répandus sont les grands iris barbus de jardin souvent appelés à tort les iris germaniques, soit iris d’Allemagne.

Les iris de jardin sont en réalité des iris hybrides obtenus notamment à partir de croisement de l’iris de Dalmatie avec d’autres espèces souvent issues du Moyen-Orient.

Ces croisements donnèrent naissance à un certain nombre d’hybrides triploïdes, l’iris de Sibérie ‘Dance Ballerina Dance’, tétraploïdes, l’iris ‘Ambassadeur’, et pentaploïdes, l’iris majestueux ou l’iris ‘Magnifica’. L’existence de tels hybrides est très important chez les iris où le nombre de chromosomes est en rapport direct avec le gigantisme floral de la plante. D’ailleurs, la variété ‘Magnifica’ est la forme horticole ayant les plus grandes fleurs. Les formes triploïdes ou pentaploïdes sont stériles et donc sans grand intérêt pour les hybrideurs. La majorité des grands iris actuels sont tétraploïdes.

L’appellation « Iris barbata », traduction latine de Iris barbu, se trouve parfois, mais cette appellation n’a elle non plus aucune origine scientifique. De plus, la terminologie latine pourrait laisser faussement penser que les iris de jardin appartiennent à une espèce particulière, alors qu’ils sont tous des hybrides issus de croisements aussi complexes que différents.

L’obtention par hybridation de très nombreux cultivars conduisit à l’élaboration d’une classification horticole très différente de la botanique, ne tenant plus compte de la région d’origine mais de la taille et de la période de floraison. À partir de la Seconde Guerre Mondiale, les Américains acquirent une grande avance sur le vieux continent dans la création des iris hybrides. Par conséquent, la classification horticole des iris à barbes s’imposa naturellement.

D’un point de vue historique, les iris sont connus et présents dans les jardins depuis l’Antiquité. Jusqu’au 19è siècle, seules des espèces botaniques naturelles y étaient cultivées.

Au début du 19è siècle, la sélection horticole des iris de jardin se développa en France. L’amateur d’horticulture Marie-Guillaume de Bure, vivant à Malétable, ancienne commune française située dans l’Orne en Normandie, créa vers 1820 à partir de l’iris odorant, Iris sambucina, l’iris versicolore, l’iris de Hongrie, Iris variegata, et l’iris de Dalmatie les premiers cultivars nommés, dont l’iris ‘Buriensis’ qui fut la première variété d’iris de jardin à être vendue dans le commerce. Les années suivantes, il créa des centaines d’autres variétés, rapidement suivi par le jardinier en chef du roi Louis-Philippe Ier, Henri-Antoine Jacques, qui lui-même entraîna le pépiniériste de Belleville, Jean-Nicolas Lémon, à se spécialiser dans la sélection des iris. Pour le remercier, Jean-Nicolas Lémon créa en 1840 le cultivar ‘Jacquesiana’ en son honneur.

Au début du 20è siècle, les botanistes français célèbres Henry de Vilmorin et son fils Philippe, développèrent encore la création horticole d’iris en France grâce à l’utilisation de variétés d’iris asiatiques, comme l’iris de Mésopotamie, Iris mesopotamica, et l’iris ‘Amas’ ramené de Amasra en Turquie par Sir Michael Foster en 1885. En 1904, le père et le fils Vilmorin créèrent ainsi les premiers iris de jardin triploïdes, l’iris ‘Isoline’, et tétraploïdes, l’iris ‘Tamerlan’ et l’iris ‘Oriflamme’, plus grands et à plus grosses fleurs que les précédents qui étaient diploïdes. À partir de 1920, après la mort d’Henry et Philippe de Vilmorin, la famille Cayeux reprit la création horticole d’iris en France.

Cf. Wikipédia.

Enfin, toutes les espèces d’iris fleurissent d’avril à juin. Mais, le pic de floraison varie selon la région, soit de mi-mai pour les régions les plus chaudes à début juin pour les plus fraiches.

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