L'égopode podagraire
By CR
Aegopodium podagraria, appelé herbe aux goutteux, podagraire, petite angélique, herbe de saint Gérard ou encore Pied-de-chèvre, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Apiaceae. Plante herbacée vivace, glabre, originaire d’Europe et d’Asie, elle fut introduite ailleurs comme plante ornementale. Elle préfère les lieux frais et ombragés. Elle est comestible.
Le nom scientifique Aegopodium, formé sur le grec aïx, aïgos, signifiant « chèvre », et podion, « pied », est allusion aux folioles latérales habituellement divisées en deux comme les sabots d’une chèvre. L’épithète podagraria fait référence à la « podagre », goutte affectant les pieds due à une accumulation d’acide urique. Diurétique, elle permettrait de lutter contre cette goutte.
Cette plante à croissance rapide peut atteindre 30 à 100 cm de hauteur. Sa tige est dressée, robuste, creuse, fistuleuse, ramifiée vers le haut, rameuse au sommet, glabre et cannelée en surface. Ses feuilles ont une couleur vert gai au dessus, plus pâles en dessous et présentent une bordure inégalement dentée, parfois lobées, à dents aiguës, mucronées. Les inférieures sont longuement pétiolées et présentent généralement trois lobes ; celles situées plus haut sur la tige sont disposées par lot de trois qui chacun se divise en trois folioles, soit des feuilles triséquées. Chaque feuille ou segment de feuille a une forme pennée à ovale, à l’extrémité formant un angle aigu. Les pétioles ont une section triangulaire. Les feuilles froissées ont une odeur qui évoque celles du céleri, de la carotte ou du persil. Ses racines nombreuses et profondes, ayant une odeur de carotte, lui permettent de résister aux conditions des sous-bois.
Son inflorescence, dont la floraison de mai à août est à son apogée en juin-juillet, est une ombelle régulière à environ 20 rayons portant de petites fleurs blanches, parfois rosées, d’environ 3 mm de diamètre chacune.
Son fruit est un schizocarpe produisant des akènes de 3 à 5 mm de long. De forme ovale, ces akènes d’un brun plus ou moins foncé à maturité sont parcourus de sillons.
Elle est ainsi répandue dans les zones tempérées d’Europe et d’Asie. Plante des sous-bois frais, elle était jadis présente fréquemment dans les vergers et au bord des eaux. Elle est parfois utilisée en sous-bois ou dans les massifs ombragés comme plante couvre-sol relativement résistante à la sècheresse et à la concurrence avec les systèmes racinaires d’arbres mûrs.
En Suisse, elle se trouve à l’étage collinéen, en particulier dans les ourlets nitrophiles mésophiles et dans les Aulnaies alluviales. Dans certaines autres régions du monde, elle est l’une de plantes sauvages comestibles présente en ville.
Comme beaucoup d’autres plantes de sous-bois, lorsque ses conditions de croissance sont optimales, en sous-bois ou lisière, elle s’étend en formant de larges taches monospécifiques. Quand elle est bien installée, elle peut se révéler tenace, se propageant ou se maintenant par ses rhizomes. Au lieu où elle fut introduite hors de son aire naturelle de répartition, elle est parfois devenue invasive, comme au Canada. Si elle est arrachée avec son système racinaire en place, elle repousse. Un petit morceau de racine oublié peut redonner une nouvelle plante, laquelle se reproduit aussi par graines. Un pied peut ainsi donner des centaines de graines.
Pour éviter la prolifération, des plantes compétitives peuvent être plantées, telles que des capucines ou pommes de terre, par exemple. Cependant, il est préférable de profiter de sa présence pour la consommer, plutôt que tenter de l’éradiquer.
Concernant son usage médicinal, cette plante était utilisée autrefois pour soigner la goutte, mais sans efficacité. Or, des études scientifiques récentes permirent d’isoler ses principes actifs, ayant des propriétés anti-inflammatoires, dermo-protectrices, antimicrobiennes et diurétiques.
Au sujet de son usage alimentaire, les jeunes pousses sapides peuvent être consommées crues, en salade, et la plante, cuite, comme les épinards. Selon l’ethnobotaniste et écrivain franco-suisse François Couplan, la feuille et la fleur sont consommables, ainsi que la tige qui se mange uniquement jeune.
Toutefois, comme de nombreuses plantes de la même famille, carotte y compris, cette plante produit des substances photosensibilisantes. Les personnes allergiques aux plantes de cette famille doivent manipuler cette plante avec des précautions particulières et/ou ne pas s’exposer au soleil après l’avoir manipulée ou mangée crue.
Cf. Wikipédia.

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