Les tulipes
By CR
Tulipa constituent un genre de plantes herbacées, de la famille des Liliacées. Le genre compte une centaine d’espèces réparties en quatre sous-genres, originaires du Paléarctique, soit les régions tempérées de l’Ancien Monde.
Plusieurs espèces sont largement cultivées comme plantes ornementales et donnèrent lieu à la création de plusieurs milliers de cultivars.
Le mot tulipe fut mentionné pour la première fois vers 1554 en France, emprunté, d’abord sous la forme tulipan, aux Lettres turques du diplomate et botaniste flamand Ogier Ghislain de Busbecq. Il dériverait du turc ottoman tülbend, signifiant « gaze », « mousseline », étamine », mais aussi « turban », originellement du persan delband, soit « turban », peut-être en raison de la forme de la fleur de tulipe rappelant celle d’un turban ou parce qu’il était à la mode dans l’Empire ottoman de porter des tulipes sur son turban, ce qui pourrait être alors une confusion du traducteur entre la fleur et le turban. Or, l’origine de ce mot pourrait également être une confusion, car le mot turc pour « tulipe » est lale, alors que le mot hongrois pour « tulipe » est Tulipán ; ce dernier terme étant utilisé par les Turcs pour désigner les Hongrois. Ce malentendu de la part du botaniste pourrait s’expliquer par son passage en Hongrie en route vers Constantinople, durant lequel il utilisa les lexiques hongrois. Il répétait peut-être alors simplement le mot trouvé dans ses lexiques turc-hongrois.
Les tulipes sont des plantes vivaces, bulbeuses, à tiges longues, dures et solitaires, parfois tendues vers le haut. Leurs feuilles, assez peu nombreuses, sont alternes, entières, à nervures peu profondes et charnues. Leurs fleurs, comptant 6 étamines, ont un périanthe constitué de 3 pétales et 3 sépales, dont ces derniers ont souvent la même couleur que les pétales. Leur fruit est une capsule tripartite contenant de nombreuses graines.
Le génome de la tulipe fut séquencé en 2017. Elle est ainsi devenue la deuxième plante ornementale séquencée après l’œillet en 2013.
Les espèces de tulipes se trouvent dans la plus grande partie de l’Ancien Monde, depuis l’Europe occidentale jusqu’à la Chine et au Japon en passant par l’Europe orientale (ex-Yougoslavie, Bulgarie, Ukraine, Russie), l’Asie Mineure et l’Asie centrale. Leur aire de diffusion englobe également l’Afrique du Nord et le sous-continent indien. Le centre de diversité du genre se situe dans les montagnes du Pamir et l’Hindou Kouch ainsi que dans les steppes du Kazakhstan.
La plupart des tulipes sont originaires d’habitats de steppes d’Eurasie, aussi bien en plaine qu’en altitude, sous climat continental, avec des hivers rudes et des étés chauds plus ou moins secs. L’habitat de certaines espèces est même semi-aride. Dans ces milieux, la période de végétation idéale est le printemps, lorsque les températures sont encore assez fraiches (l’évapotranspiration n’est pas trop forte au regard de la faiblesse des précipitations) et que les sols sont encore humides après le dégel. Dès que la température est positive et que les sols dégèlent, le bulbe produit rapidement une nouvelle plante grâce aux réserves accumulées au printemps précédent, permettant de profiter d’une saison plus précoce par rapport aux autres plantes compétitrices, notamment les graminées, dont le développement est un peu plus tardif. Puis, après avoir fleuri et produit des graines, les parties aériennes de la plante disparaissent durant l’été, l’automne et l’hiver, le bulbe attendant sagement sous terre le printemps suivant.
Il existe en France quelques espèces à l’état sauvage, plutôt rares et menacées, mais leur indigénat en France est discuté. Il s’agit soit de grosses tulipes devenues adventices des cultures, dont la plus connue est la tulipe d’Agen, Tulipa agenensis, soit de petites tulipes présentes dans les habitats ouverts ou parmi les rochers en montagne, notamment Tulipa sylvestris, qui autrefois poussait souvent à l’abri des vignes, et dont la sous-espèce australis est connue sous le nom de tulipe méridionale.
Parmi l’ensemble des 120 espèces différentes de tulipes, plus de la moitié poussent dans une région assez réduite située sur les contreforts occidentaux de la chaîne de hautes montagnes Tian Shan, en Asie centrale, et du massif de haute montagne Pamir, centré sur l’Est du Tadjikistan et se prolongeant en Afghanistan, en Chine et au Kirghizistan.
Ces plantes apprécient le plein soleil et les endroits protégés du vent afin de laisser s’épanouir leurs fleurs en forme de coupe vers mars-avril. Le bulbe apprécie les sols légers et bien drainés, sinon il dépérit. Elles se plantent en automne, plutôt entre octobre et novembre, l’extrême limite étant mi-décembre, dans un sol léger, sableux, drainé, riche et de préférence à l’abri du vent. La floraison a lieu au printemps, de fin mars à mai, parfois en février suivant les conditions.
Leur introduction en Occident est attribué au médecin et botaniste flamand de langue française Charles de l’Écluse, l’un des plus célèbres du 16è siècle, à la fin de ce même siècle, bien que leur présence devait y être déjà, du fait des nombreux échanges commerciaux avec l’actuelle Turquie où la coutume voulait des bulbes offerts en cadeau.
Une légende raconte qu’un importateur de tissus hollandais aurait trouvé dans sa marchandise ce qu’il prit pour une nouvelle variété d’oignons qu’il cuisina et mangea, sans se douter qu’il venait, juste avant Charles de l’Écluse, de découvrir la tulipe.
Cette plante est à l’origine de la tulipomanie en Hollande au 17è siècle, qui entraîna la première bulle spéculative et financière de l’histoire. Le prix d’un seul bulbe atteignit jusqu’à quinze fois le salaire d’un paysan, selon l’estimation à 87 000 €, en août 2011, du journal Le Monde. Le livre d’Olivier Bleys intitulé Semper augustus décrit d’ailleurs cette bulle spéculative à travers un roman.
Le parc floral néerlandais Keukenhof accueille chaque printemps les sociétés florales qui y viennent présenter leurs créations de tulipes et autres fleurs à bulbe. Le roman La Tulipe noire, de 1850, d’Alexandre Dumas, a d’ailleurs pour sujet un concours dans la ville de Haarlem, visant à produire une tulipe véritablement noire.
Après la Seconde Guerre mondiale, les Pays-Bas envoya des bulbes de tulipes au Canada en remerciement d’avoir accueilli la princesse Juliana et sa famille, ayant dû fuir durant la guerre. Depuis, chaque année, la famille royale des Pays-Bas donne des tulipes à Ottawa, suivant cette tradition.
Plusieurs espèces furent utilisées pour créer les nombreux cultivars actuels. Tulipa × gesneriana, appelée « tulipe des jardins », est de loin la plus utilisée historiquement et celle ayant engendré la majorité des variétés actuellement disponibles. Elle résulte d’une hybridation complexe et ancien, remontant au moins au 16è siècle, entre plusieurs espèces proches, dont la principale est Tulipa suaveolens. Mais d’autres espèces servirent à la création de cultivars, certaines depuis très longtemps et d’autres plus récemment. Les hybridations sont encore fréquentes pour créer de nouvelles variétés.
En horticulture, les multiples variétés furent classées en 15 divisions, principalement basées sur la forme des fleurs et la hauteur des plantes. Une quinzième division rassemble les tulipes botaniques.
En alimentation, les bulbes ont un mauvais goût et sont toxiques. Tulipa gesneriana et ses hybrides cultivées dans ou pour les jardins peuvent causer des troubles cardiaques. Ils furent d’ailleurs sources d’empoisonnements accidentels lors de la Seconde Guerre mondiale où ils se consommaient faute d’autres nourritures.
Historiquement, ils furent cependant parfois mangés en période de famine ou de disette. Ainsi selon l’ethnobotaniste et écrivain franco-suisse François Couplan, les bulbes de Tulipa gesneriana (syn. T. billietiana, T. mauriana), espèce importée d’Asie, puis subspontanée dans le sud de l’Europe, furent ponctuellement consommés, de même pour T. praecox et T. sylvestres en Europe centrale et du sud, dont en Savoie, ou encore T. saxatilis qui dans le Sud de la Mer Egée aurait même été commercialisé, par exemple sur les marchés crétois, comme aliment. Le botaniste anglais John Parkinson, du 17è siècle, évoqua la consommation de bulbes de tulipes cuits. T. armena ou T. humilis auraient autrefois été consommés en Anatolie.
Au niveau symbolique, la tulipe est représentée sur le drapeau de l’Iran. Le nom de « révolution des Tulipes » marqua également le Kirghizstan en 2005. Elle est un symbole national de la Turquie, dont elle figure sur les avions de sa compagnie aérienne nationale Turkish Airlines. Sa fleur est un symbole culturel néerlandais. Et dans le calendrier républicain français, le 4è jour du mois de germinal est officiellement dénommé jour de la tulipe.
Dans le langage des fleurs, la tulipe symbolise l’orgueil. Elle symbolise l’amitié pour les Pays-Bas et le Canada grâce à leur alliance dans la libération des Pays-Bas dans la Seconde Guerre mondiale.
Les tulipes ont inspiré beaucoup de peintres, dont le plus connu est sans doute le peintre hollandais du 17è siècle François de Geest, qui reproduisit un grand nombre de tulipes, notamment dans son oeuvre Hortus amoenissimus.
Enfin, depuis sa création en 1971, la Fête de la Tulipe de Morges, dans le canton de Vaud, en Suisse, est initialement conçue pour célébrer le cinquantenaire de la Société vaudoise d’horticulture. La conception et la plantation des massifs sont assurées par les jardiniers municipaux ainsi que les apprentis horticulteurs du Centre d’enseignement professionnel de Morges.
Cf. Wikipédia.

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