Humeur d'avril 2026

By CR

Les rhododendrons ou azalées, Rhododendron, est un genre de plantes à fleurs appartenant à la famille des Éricacées. À l’exception des groupes strictement tropicaux (sous-genre Vireya et section Azaleastrum), les rhododendrons sont essentiellement rustiques.

Ils se trouvent dans tout l’hémisphère Nord, à l’exception du sous-genre Vireya, centré sur l’équateur et débordant jusqu’en Australie. Bien adaptés aux sols superficiels, pauvres et acides, ils poussent en particulier dans les régions montagneuses, telles que les Alpes, les Pyrénées, le Caucase, les Carpates, les Appalaches ou l’Himalaya. Beaucoup sont originaires de Chine et du Japon, mais aussi de Laponie, de Sibérie, d’Inde ou de Birmanie.

Le nom de genre Rhododendron est emprunté du grec ancien rhodódéndron, formé de rhódon, signifiant « rose », etdéndron, voulant dire « arbre », soit « arbre à roses ». Le rhododendron est un arbre qui porte des fleurs imposantes et colorées en bout de rameaux, à l’image des rosiers. Le nom rhododendron fut attesté chez l’encyclopédiste romain Pline l’Ancien qui évoquait la présence d’un miel toxique. En 1753, le naturaliste suédois Carl von Linné dénomma le genre Rhododendron dans Species plantarum qui comportait à l’époque 5 espèces.

Au 3è siècle av. J.-C., le philosophe botaniste Théophraste évoqua des espèces lointaines qui furent importées après les conquêtes d’Alexandre le Grand ou qu’il reçut d’Égypte. Il les classa en 4 groupes :

  • les arbustes, thamnos ;
  • les sous-arbrisseaux, phryganon ;
  • les herbes, poa, c’est-à-dire les végétaux non-ligneux ;
  • les arbres, dendron.

À l’époque médiévale, le rhododendron était appelé « Rosage », dont le terme fut conservé jusqu’au 18è siècle, puisque le botaniste français Joseph Pitton de Tournefort introduisit en 1702 le « Rosage de la mer Noire », le Rhododendron pontique, Rhododendron ponticum, collecté près de Trabzon ou Trébizonde (d’après son nom antique et médiéval), ville de Turquie, lors d’un voyage en Asie Mineure.

Bien que la dénomination de Rhododendron soit due à Carl von Linné, le vrai succès des rhododendrons commença avec les espèces d’origine himalayenne et chinoise, dont les Rhododendron arboreum, Rhododendron auriculatum, entre autres, au milieu du 19è siècle.

Le missionnaire lazariste français, zoologiste et botaniste père David passa neuf mois en 1869 à Moupin, aujourd’hui Baoxing, dans le Tibet oriental, où il collecta une douzaine de beaux rhododendrons qui furent envoyés à Paris et identifiés par le botaniste systématicien français Adrien Franchet au Muséum national d’histoire naturelle. Quelques années plus tard, le prêtre missionnaire des Missions étrangères de Paris, botaniste et grand collecteur de nouvelles espèces de plantes en Chine père Jean-Marie Delavay collecta à son tour pas moins de 38 espèces de rhododendrons dans le Yunnan, dont 32 espèces nouvelles, de même décrites par Adrien Franchet, dont le rhododendron de Delavay, Rhododendron delavayi, qui lui fut dédié.

Les rhododendrons forment des arbustes étalés ou arrondis, parfois des arbres pouvant atteindre jusqu’à 15 mètres de hauteur, notamment dans l’Himalaya. Ils sont généralement sempervirents, soit qui gardent leurs feuilles toute l’année, certains ont parfois des feuilles caduques, c’est-à-dire qui perdent leurs feuilles en hiver. Leur feuillage est vert foncé.

Ils vivent dans des environnements très acides, étant regroupés parfois sous le terme générique de plantes de terre de bruyère. Ils aiment ainsi les sols acides, dont le pH est compris entre 4 et 6, frais, bien drainés, humifères, et le soleil, s’ils sont bien arrosés. Les différentes espèces se sont adaptées à une grande diversité de milieux, depuis la toundra jusqu’aux jungles tropicales, en passant par les landes alpines tempérées, subtropicales ou équatoriales. Certains peuvent donc être cultivés en sols neutres, voire légèrement calcaires, comme le Rhododendron cilié, Rhododendron hirsute ou Rhododendron poilu, Rhododendron hirsutum.

Leurs fleurs, en forme de trompette évasée, peuvent être roses, blanches, rose lilas, mouchetées de pourpre, rose saumoné, carmin, jaunes, violettes, orange, etc. Elles peuvent s’épanouir dès le mois de septembre, pour les formes hâtives d’appartement, mais plus généralement de janvier, février jusqu’à la fin juillet, pour les formes les plus tardives. Les plus grandes fleurs mesurent environ 12 cm de longueur et de largeur, souvent groupées en grappes terminales coniques qui peuvent compter jusqu’à 20 fleurons, tandis que les plus petites ne dépassent pas 4 mm.

La floraison de la majorité des rhododendrons ne dégage que peu ou pas d’odeur. Cependant, quelques espèces et les cultivars qui en sont issus peuvent émettre un parfum très intense. D’autres ont également un feuillage parfumé.

Le genre Rhododendron est très diversifié. Il regroupe près de 1 500 espèces dans le monde, dont 8 en Europe.

Bien que l’usage ait apportée une différence entre les rhododendrons et les azalées, ces dernières appartenant toutes au genre Rhododendron, cette distinction n’existe pas. Il s’agit par conséquent d’une classification purement horticole, azalées et rhododendrons faisant tous partie du même genre botanique. Jusqu’au début du 19è siècle, le genre Azalea comprenait l’ensemble des rhododendrons à feuilles poilues, caduques ou persistantes, dont les deux genres furent regroupés en 1830.

En horticulture, les rhododendrons peuvent être divisés en différents groupes selon leur feuillage, leur floraison et leurs ancêtres.

Concernant leur floraison :

  • les variétés hâtives : début février à fin avril ;
  • les variétés de mi-saison : au mois de mai ;
  • les variétés tardives : fin mai à août.

Les rhododendrons hybrides à grandes fleurs sont des arbustes pouvant en général atteindre 2 à 5 mètres, mais avec une croissance assez lente. Les rhododendrons nains, généralement lépidotes, c’est-à-dire qu’ils portent des écailles, en référence au poisson, ne dépassent pas 2 mètres de hauteur et sont des plantes idéales pour la rocaille en raison de leurs origines alpines ou boréales.

Les rhododendrons dits « géants » sont des arbres pouvant atteindre 25 mètres de haut. Ils sont principalement dans les pays himalayens, soit Népal, Sikkim, Bhoutan et Inde. Au Népal, les arbres sont de très grande hauteur, jusqu’à 30 mètres pour le Rhododendron arboreum, dont la forme rouge est la fleur nationale du Népal. La chaîne himalayenne et ses régions voisines, soit Birmanie, Tibet et Yunnan, sont connues pour l’extraordinaire richesse de leur flore en rhododendrons.

La péninsule indo-malaise et la Nouvelle-Guinée hébergent, quant à elles, plus de 300 cents espèces tropicales (sous-genre Vireya), dont de nombreuses épiphytes.

Le Rhododendron simsii, connu sous le nom d’azalée des fleuristes, est originaire de Chine et de la péninsule indochinoise. Peu rustique, il est une espèce d’appartement, avec une floraison de septembre à mai.

Concernant sa toxicité, selon certaines sources, le miel issu des fleurs de certains rhododendrons d’origine asiatique provoquerait des troubles intestinaux et mentaux ; la plante renfermant dans ses feuilles un glucoside fortement émétique.

Ainsi l’historien, philosophe et chef militaire de la Grèce antique Xénophon décrivait dans son œuvre l’Anabase le comportement bizarre de soldats grecs, les Dix Mille, ayant raflé le miel d’un village entouré de rhododendrons. Tous ceux qui en mangèrent perdirent la raison, vomirent, eurent la diarrhée et perdirent leurs forces. Ceux qui en avaient peu mangé furent simplement ivres. Personne ne mourut cependant, au bout de vingt-quatre heures, ils retrouvèrent la raison et quatre jours plus tard, ils tinrent à nouveau debout.

Quatre siècles plus tard, la même mésaventure arriva aux armées de Pompée, dont Pline l’Ancien signala des troupes victimes d’un miel qui rend fou.

Au 18è siècle, le botaniste français Joseph Pitton de Tournefort décrit cette même particularité.

Le rhododendron concerné était le Rhododendron ponticum ou peut-être le Rhododendron luteum ou Azalea pontica. Plus tard, il fut reconnu que le miel issu de celui-ci avait des effets légèrement hallucinogènes et laxatifs. Le Rhododendron ponticum à l’origine des troubles digestifs contient de l’andromédotoxine, soit l’alcool diterpénique, le rhododendron des Alpes, Rhododendron ferrugineum, a de l’arbutine, de l’aricoline et de la rhodoxanthine. Ces deux rhododendrons sont considérés comme des plantes de toxicité moyenne, qui provoquent des vomissements, des troubles digestifs divers, des troubles nerveux, respiratoires et cardiovasculaires.

Ainsi, même si certains rhododendrons peuvent supporter le plein soleil, chez certaines variétés, un excès est susceptible de provoquer le jaunissement des feuilles et l’apparition de taches brunâtres sur la partie exposée. Ils sont aussi très sensibles aux réverbérations des murs. Ils apprécient surtout l’ombre légère ou la protection de plantes plus grandes. Ils peuvent être plantés contre un mur exposé au nord. Les racines fibreuses restent groupées au pied de la plante, ce qui favorise la transplantation des sujets les plus âgés.

Étant une plante de terre de bruyère, il redoute le calcaire, y compris celui contenu dans l’eau d’arrosage. Les rhododendrons s’accommodent avec toutes les plantes dites « de terre de bruyère » et peuvent être cultivés en massif étagé.

Les horticulteurs retirent les fleurs fanées à l’issue de la floraison pour éviter le développement des graines. Les pousses nouvelles et la floraison de l’année suivante s’en trouvent favorisées.

Traditionnellement, ils multiplient par marcottage, bien que le procédé soit lent. L’enracinement intervient parfois au bout d’un an, voire de 18 mois. Le bouturage et le greffage, plus délicats, permettent d’obtenir plus rapidement un plus grand nombre de plantes.

L’azalée est particulièrement cultivée en Belgique qui en a fait une spécialité depuis de nombreuses années. L’azalée gantoise reçut le premier label IGP en 2010. Aujourd’hui, 80 % de la production d’azalée en Europe est réalisée en Flandre.

Le Rhododendron ponticum est une plante ornementale cultivée depuis le 18è siècle. Au fil des introductions, elle s’est plus ou moins hybridée avec d’autres espèces proches ; l’ensemble formé du Rhododendron ponticum et de ses hybrides féraux étant parfois baptisé Rhododendron × superponticum, mais généralement appelée simplement « pontique ».

Elle est devenue une espèce exotique envahissante majeure des climats océaniques et provoque des dégâts presque irréversibles dans les milieux forestiers. Par exemple, introduit par l’homme comme plante ornementale dans le parc national de Killarney en Irlande, le Rhododendron × superponticum est considéré comme envahissant et sa destruction est devenue l’une des priorités des autorités du parc, car sa croissance empêche celle des autres espèces.

Depuis 2007, le rhododendron pontique fait partie de la liste des « plantes invasives avérées » de la Bretagne et de la Basse-Normandie.

Cependant, cette espèce est estimée comme vulnérable dans sa zone d’origine, en Espagne et est protégé en Bulgarie, devenant ainsi l’un des rares cas d’espèce menacée devenue invasive dans une autre région du globe.

Aujourd’hui, près de 400 espèces sont menacées d’extinction à des degrés divers, principalement par la déforestation, 75 espèces du genre sont considérées comme directement menacées d’extinction et 2 sont éteintes en milieu naturel, dont les Rhododendron kanehirae et Rhododendron retrorsipilum.

Depuis 1997, la Collection nationale des hybrides du genre Rhododendron se trouve au domaine du château de Trévarez, dans le Finistère, en Bretagne.

Enfin, dans le langage des fleurs, le rhododendron symbolise l’élégance et l’azalée la joie d’aimer.

Le Rhododendron arboreum, sous le nom vernaculaire lali gurans, est la fleur nationale du Népal, où il figure sur les armoiries du pays, comme une guirlande.

Au sein de l’Union indienne, la même espèce sert d’arbre symbole à l’État fédéré de l’Uttarakhand. Ses fleurs servent de fleur symbole à l’État fédéré indien du Nagaland. Le Rhododendron niveum est l’arbre symbole de l’État fédéré du Sikkim. Le Rhododendron campanulatum est la fleur symbole de l’État fédéré de l’Himachal Pradesh. Le Rhododendron ponticum est la fleur symbole de la région du Jammu-et-Cachemire. Et le Pakistan, revendiquant l’intégralité du Cachemire, choisit le rhododendron ferrugineux.

Le Rhododendron macrophyllum, espèce originaire de la côte Pacifique de l’Amérique du Nord où elle est très répandue, est la fleur symbole de l’État fédéré du Washington dans le Nord-Ouest des États-Unis. Le Rhododendron maximum, espèce la plus répandue dans les Appalaches, est la fleur symbole de l’État fédéré de Virginie Occidentale et figure sur son drapeau. L’État fédéré de Géorgie a deux fleurs symboles, dont les azalées caduques indigènes et le rosier des Cherokees introduit de Chine à la fin du 18è siècle.

Cf. Wikipédia.

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