Groix
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Île étant aussi une commune française du département du Morbihan en région Bretagne, elle est surnommée l’ « île aux grenats ». Elle se trouve au large de la côte sud de la Bretagne, au nord-ouest de Belle-Île-en-Mer, à l’embouchure de la rade de Lorient et en face de Ploemeur. Elle constitue la commune de l’Île de Groix et, jusqu’à 2015, formait le canton de Groix qui appartient désormais au canton de Lorient-2.
Elle est accessible par bateau au départ de Lorient, de Port-Louis et du port de Doëlan. Historiquement, elle fait partie du pays vannetais et du Kemenet-Héboé, qui était une grande seigneurie de l’ouest du comté de Vannes et qui la séparait de la Cornouaille.
En breton, son nom Groe pourrait être issu du breton groa « cordon » de galets, lui-même formé sur la racine celtique graua, et étant à l’origine du mot français gravier.
Lors des campagnes de pêches à la morue et aux baleines, aux siècles passés, les marins bretons baptisèrent en langue bretonne île Groais, une petite île située au Nord-Est de Terre-Neuve, au Canada.
Les Groisillons sont surnommés traditionnellement Greks, dont l’origine de ce qualificatif est discutée. L’hypothèse la plus probable étant qu’en breton les gens du continent disaient à leur propos : « Hemañ a gomz groéeg », soit « Celui-ci parle le breton de Groix », en raison des variations dialectales des insulaires.
Histoire :
De nombreux menhirs et dolmens datant du Néolithique y sont présents partout, notamment ceux de Clavezic, Mez-Kergathouarn, Quelhuit, Magouer Huen, Men-Hoal, Men-Kam et Men-Yann.
L’existence de fossés défensifs et de palissades à Kervedan, lieu-dit du « Camp des Gaulois », indique de possibles luttes contre des envahisseurs venus de l’extérieur dès l’Âge du Fer.
Vers la fin du 5è siècle, Saint Gunthiern, fondateur de la première abbaye de Quimperlé et dont sa vie plus ou moins légendaire est connue par des hagiographies, venant de Cambrie, l’un des anciens noms du Pays de Galles, y aurait débarqué.
À l’époque des incursions des Vikings, les reliques de saint Gunthiern, saint Guénolé et les autres saints Paulennan, Symphorien, Trénennan, Guédian, Guénael et Isunet y furent cachées, puis redécouvertes vers 1069. Les incursions scandinaves y laissèrent également une sépulture viking dans une barque incinérée dont le tumulus de 17 mètres de diamètre fut fouillé et détruit en 1906. Les restes de cette barque de 14 mètres de long, caractérisée par des rivets spécifiques, contenait les ossements humains d’un chef, d’une personne de son entourage, d’un chien et de quelques oiseaux. Elle renfermait aussi 2 vases en bronze, 1 marmite en fer, 1 bague en or, 2 agrafes, 2 boutons, dont 1 en fer plaqué de bronze, 1 tresse, des lambeaux du revêtement des fils d’une étoffe tissée d’or, des petites perles en argent, 1 pierre à aiguiser, 1 enclume, 1 marteau, 1 tenaille, 1 mèche à cuiller, 1 têtière en bronze, la garniture en fer, argent et bronze d’un collier de cheval ou d’une selle, 1 chaîne en fer, 2 poinçons, 1 bouterolle de fourreau d’épée, 21 umbos de boucliers, 2 épées à deux tranchants, 2 haches, 3 lances, 8 flèches, 1 couteau, 2 outils à usage indéterminé et d’autres objets à usage indéterminé, ainsi que des jeux de société.
Cette fouille entreprise par le préhistorien Paul du Châtellier et le commandant Louis Le Pontois exigea huit journées de travail. Une partie de l’espace sur lequel avaient été étendus les restes du bûcher fut enlevé par la mer. Seuls quelques éléments demeurent visibles aujourd’hui à l’écomusée de l’île, quelques autres sont conservés au musée des antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye.
Culturellement, l’île se scindait en deux où à l’ouest Piwisy, se prononçait « puisi » et à l’est Primiture se formulait en « prumtur ». Le parler y était du type bas-vannetais, « groisillon », avec des nuances sous-dialectales entre l’ouest et l’est. Mais, elle ne fut jamais divisée en deux paroisses et ne formait qu’une seule commune. Les services religieux étaient assurés par le clergé insulaire et par les moines bénédictins de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé.
Elle appartint au machtiernat de Kemenet-Héboé, puis la seigneurie fut centrée à Hennebont, qui passa ensuite à la famille de Rohan jusqu’à la Révolution.
Au 17è siècle, elle subit des pillages et des attaques de toutes sortes, principalement de la part des marines anglaises et hollandaises. Malgré la création de la ville de Lorient et de la Compagnie des Indes, ce ne fut qu’en 1744 qu’une première structure défensive y fut construite. Plusieurs autres suivirent jusqu’à l’occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale :
- Fort Surville (Pointe de la Croix) : construit en 1744, agrandi en 1846 ;
- Fort du Bas-Grognon : construit en 1744, modifié en 1761, 1848 et 1893 ;
- Fort du Haut-Grognon : construit de 1878 à 1881 ;
- Batterie du Gripp : construite en 1744, modifiée en 1847 ;
- Batterie de Nosterven : construite en 1744, modifiée en 1846 ;
- Redoute de la Pointe des Chats : construite en 1757, modifiée en 1761 ;
- Batterie du Méné : construite entre 1901 et 1903.
Certaines constructions ont aujourd’hui disparu :
- Batterie du Spernec : construite au XVIIIe siècle ;
- Redoute de Porh-Costic : construite en 1761 ;
- Batterie de Goyave : construite en 1761 ;
- Redoute de Penennès : construite en 1761 ;
- Redoute de Porh-Polière : construite en 1761 ;
- Redoute de la Fontaine des Grands-Sables : construite en 1761.
En 1696, la chapelle Notre-Dame-de-Placemanec, datant du 11è siècle, fut incendiée par les Anglo-Hollandais. Elle ne fut reconstruite qu’en 1797.
En 1703, l’amiral anglais Rooke, s’y approchant avec 7 000 hommes, renonça d’y débarquer grâce à la ruse inventée par le recteur, l’abbé Uzel, qui avait déguisé femmes et animaux afin de faire croire à la présence de dragons. Selon un décret signé du roi Louis XIV le 26 mars 1704, l’abbé Uzel était en charge de protéger l’île. Il recevait une pension de 500 livres par an pour cela.
En 1755, l’ancienne église paroissiale Saint-Tudy de Groix fut abattue, en raison de difficultés financières, la première pierre de la nouvelle église ne fut posée que le 30 juillet 1758. Mal construite, la nouvelle église qui risquait de tomber ruine dès 1787 obligeait à organiser les services religieux dans la chapelle de la Trinité. Il fallut la reconstruire en grande partie en 1850.
Plusieurs chapelles qui existaient sous l’Ancien Régime et pour la plupart encore au 19è siècle ont disparu depuis : la chapelle Saint-Laurent, la chapelle de la Vraie-Croix à Kerampoulo, la chapelle Saint-Amand à Kermouzouet et au moins huit autres. Ce fait illustre la forte influence du clergé par le passé. Quinze pardons, forme de pèlerinage principalement en Bretagne, existaient en 1819 et 12 encore en 1892, les plus connus étant celui de Notre-Dame-de-Placemanec à Locmaria le 14 août et celui de Saint-Léonard à Quelhuit le premier dimanche de septembre dans des chapelles qui existent encore de nos jours.
Le phare de Pen Men, construit une première fois en 1791, fut reconstruit entre 1835 et 1839 à la pointe ouest de l’île. À sa pointe est, le phare des Chats fut mis en service en 1897, le feu de la Croix, en 1898, la tour-balise des Birvideaux, en 1934. Les sémaphores du Grognon et de Nosterven entrèrent en service en 1806, celui de Beg Melen, en 1881, et un autre existant à la Croix.
En 1827, la première école ouvrit dans la chapelle de la Trinité. Vers 1900, des écoles existaient au bourg, à Kerlo et deux à Locmaria, soit une école confessionnelle, tenue par des Sœurs, et une école communale.
Le 16 mai 1895, la première école de pêche de France ouvrit sur l’île, à l’initiative de Victor Guillard, professeur libre d’hydrographie. L’école compta dès la première année 38 élèves.
Au début du 19è siècle, l’invention des conserves de sardines à l’huile y développa cette pêche saisonnière, cependant aléatoire face à l’irrégularité des bancs. Entre 1870 et 1940, l’île, qui bénéficiait d’une situation centrale par rapport à l’aire de dispersion des migrations du thon blanc dans le golfe de Gascogne, devint le 1er port français d’armement pour ce poisson. Les matelots groisillons augmentèrent progressivement le tonnage moyen de leurs chaloupes à voile pontées, appelées les « grésillonnes, afin de pratiquer cette pêche. Ces barques furent détrônées par le dundee thonier pratiquant la pêche à la traîne à l’aide de tangons, grandes perches de châtaignier supportant les lignes de pêche. L’île ne construisait pas de thoniers, ceux-ci l’étant à Belle-Île, aux Sables-d’Olonne, à Concarneau, à Douarnenez ou à Camaret, parfois même à Binic ou Paimpol.
En 1864, la première usine de sardines s’ouvrit à Port-Lay.
Vers 1900, près de 300 dundees armés par des équipages de 6 hommes s’y comptaient. En 1936, il y restait encore 200 dundees environ qui disparurent progressivement, cédant la place aux gros chalutiers congélateurs.
De 1907 à 1913, en raison de la crise sardinière, l’île connut un essor grâce à ses thoniers.
En août 1914, 277 thoniers s’y armaient, ce qui représentait environ les trois-quarts de la flotte thonière française. Cette pêche y était pratiquée alors depuis environ 70 ans. Les dundees allaient chercher le thon à plus de 300 milles au large, dans le Golfe de Gascogne, ralliant les ports de la côte atlantique après 15 ou 20 jours en mer.
Après 1945, la pêche aux thons, sardines et maquereaux déclina, car les bateaux à moteur ne permettent plus aux pêcheurs de l’île d’être compétitifs. L’activité se déplaça sur le continent et à Agadir, grand port de pêche du Maroc. Des quatre usines à l’apogée, l’une fut transférée à Agadir ; la dernière, la conserverie Orvoën, fit faillite entre 1977 et 1979.
Le Biche est le seul thonier de l’île encore conservé actuellement.
Par ailleurs, l’île abrita longtemps un stock important de munitions, notamment au lieu qui porte encore le nom de Kermunition, lequel abritait, en 1906, 16 maisons où logeaient 21 ménages, soit 89 personnes au total, et qui dans les années 2000 fit l’objet d’un nouveau projet de lotissement et de route. À sa proximité, entre 1914 et les années 1970, de nombreux stocks de munitions furent jetées en mer. Et il est à craindre qu’elles libèrent peu à peu leur contenu toxique, dont le mercure du fulminate de mercure des amorces.
Son monument aux morts porte les noms de 173 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Organisation Todt, un groupe de génie civil et militaire allemand du Troisième Reich, y construisit de nombreux ouvrages défensifs, notamment la Batterie Seydlitz, en 1944, constituée de deux canons d’une portée de 37 kilomètres, le Mur de l’Atlantique, soit au total 28 ouvrages bétonnés répartis sur 25 sites. Un camp de détention de prisonniers, dont la plupart étant des « droits communs », situé au lieu-dit « Parc de Loëgue », lui fournit la main-d’œuvre nécessaire, Huit Groisillons fuirent en Angleterre en 1943 pour échapper au travail forcé de l’Organisation Todt.
Les troupes d’occupation allemandes comptaient 1 500 hommes et encore plus de 1 000 hommes en mai 1945 lors de la reddition de la poche de Lorient.
Son autre monument aux morts porte les noms de 52 personnes mortes pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale.
En 1954, l’homme d’État tunisien et président de la République entre 1957 et 1987 Habib Bourguiba y fut assigné à résidence.
En 1965, des Portugais fuyant le régime de Salazar y furent embauchés pour construire un barrage. Leurs conditions de vie furent difficiles, mais certains d’entre eux, avec leur famille, y restèrent après la fin du chantier, s’y installant comme artisans du bâtiment.
Ce barrage, situé à Port Melin, permit la mise en place d’un réseau d’adduction d’eau potable dans l’île. Auparavant, de nombreuses fontaines et une trentaine de lavoirs étaient utilisés.
En 2000, la Conserverie Groix et Nature fut créée à Port Lay. Elle perpétue le savoir-faire gastronomique insulaire par la confection de recettes authentiques cuisinées artisanalement à partir de matières premières issues principalement de bateaux de petite pêche, comme les rillettes de poisson, les soupes ou encore l’huile de homard. La conserverie est membre des associations Produit en Bretagne, Producteurs de l’île de Groix et Savoir faire des Iles du Ponant. En 2020, elle fut labellisée Entreprise du patrimoine vivant.
En 2020, 9 exploitations agricoles occupant en tout 222 hectares de surface agricole utile qui pratiquent soit l’élevage, soit le maraîchage, en circuit court, y sont présentes.
Géographie :
Située à 5,3 km au sud de la pointe du Talud, sur le continent, elle est longue de 8 km et large de 3 km au maximum. Elle est constituée principalement d’un plateau de micaschiste d’une altitude moyenne de 40 mètres dans sa moitié ouest, l’altitude maximale étant de 48 mètres au fort du Grognon et au hameau de Créhal, s’abaissant régulièrement vers le sud-est jusqu’à une altitude d’environ 4 mètres à la pointe des Chats. L’île offre un paysage contrasté entre l’ouest caractérisé par de hautes falaises entaillées de vallons profondément encaissés et l’est se distinguant par des falaises basses, des plages et un large platier rocheux.
Le vallon de Kerlivio fut transformé en lac et en réserve d’eau douce par la construction d’un barrage de retenue en amont de Port Melin.
Outre le bourg, en son centre-est, l’habitat est réparti traditionnellement en gros hameaux situés eux aussi pour la plupart à l’intérieur des terres en raison du littoral inhospitalier, à l’exception des ports. En revanche, un habitat plus récent, recherchant la vue sur mer, constitué principalement de résidences secondaires, s’est développé, surtout entre Port Tudy et Port Mélite.
Elle est séparée du continent par un pertuis dénommé ‘Coureaux de Groix ». L’absence de plateforme littorale permet à la houle d’atteindre directement les falaises, étant souvent spectaculaires, avec de nombreuses grottes et entailles.
Elle recèle des particularités géologiques d’un tel intérêt qu’une réserve naturelle géologique baptisée François Le Bail fut créée en 1982. Vaste de 98 hectares, sur ses côtes est et sud, elle possède plus de 60 espèces minérales, dont le très rare glaucophane bleu, affleurant ici à l’air libre, l’épidote et le grenat. Le glaucophane et l’épidote sont des minéraux nés il y a des centaines de millions d’années sous l’action du chevauchement de deux plaques terrestres primitives, la Laurentia et le Gondwana, ayant abouti à l’élévation de la chaîne hercynienne. Elle est principalement constitué de micaschistes, à grenat et glaucophane, teintés de rouge et de bleu par ses composants, en abondance dans des dépôts sableux au pied des falaises constituées de roches métamorphiques dans son secteur oriental, d’où son surnom « l’île aux grenats ».
Sa plage principale offre plusieurs aspects. Elle est convexe, se déplace très rapidement et elle est constituée de deux sables de couleurs différentes. Sa forme convexe est due à deux courants marins, l’un venant du nord-ouest, l’autre du sud-ouest, qui la longent sur ses deux côtes nord et sud et qui drossent les sables à leur point de rencontre. Celui-ci évoluant selon la puissance relative d’un courant par rapport à l’autre, la plage se déplace. Ses allées et venues anciennes sont documentées. Depuis les tempêtes de 1987 et surtout depuis 1994, les Grands Sables se sont fortement déplacés vers le nord-ouest, passant même au nord de la pointe de la Croix. Son retour en arrière, à moins d’un renforcement du courant de nord-ouest, est improbable désormais. Si elle continue de progresser vers l’ouest, elle pourrait éventuellement ensabler Port Tudy.
Enfin, concernant sa faune et sa flore, quelques couleuvres à collier et couleuvres vipérines s’y rencontrent, ainsi que des crapauds, pourtant rare sur les îles. Les lapins y sont aussi très nombreux, mais en forte diminution depuis dix ans, à cause de l’apparition d’une maladie jusqu’ici inconnue sur l’île. Les faisans y sont également présents en grand nombre et observables toute l’année.
Cf. Wikipédia.

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