Belle-Île-en-Mer

By CR

Appelée plus couramment Belle-Île, cette île rocheuse est située dans le golfe de Gascogne, dans l’océan Atlantique, dans le département du Morbihan, au sud de la Bretagne, à 12,3 km au sud de Quiberon et à la même latitude que Le Croisic à 50 km. Elle est la 3è plus grande île des côtes de la France métropolitaine après la Corse et Oléron, ainsi que la 4è après Jersey en prenant en compte les îles Anglo-Normandes. Elle reste la 2è plus grande île métropolitaine non reliée au continent par un pont.

Elle est composée de quatre communes, soit Bangor, Le Palais, Locmaria et Sauzon, qui sont rattachées au canton de Quiberon. Ses habitants se nomment les Bellilois et les Belliloises.

Elle apparut pour la première fois sous le nom de Vindilis pour la désigner dans les écrits du géographe Ptolémée. En gaulois, vindo signifie « blanc » ou métaphoriquement « beau, brillant », et illis, « île ». L’île n’apparaissant pas comme blanche avec ses falaises de schiste noir, le sens de Vindilis est donc celui de « belle île ».

Quant à Pline l’Ancien, il désignait l’ensemble des îles de Groix, Belle-Île, Houat et Hœdic sous le nom d’Insulae Veneticae, soit « îles des Vénètes », peuple celte de navigateurs ayant également laissé son nom à la ville de Vannes.

En vieux breton, elle fut nommée Guedel, Guadel ou parfois Gwedel à partir du 11è siècle, plus précisément en 1029, dans la Charte d’Alain Canhiart, comte de Cornouaille. Les désignations sous les formes grecques de kalos nésos, « belle île », ou latines Calonessus apparurent sur quelques cartes ou descriptions à partir du 16è siècle.

À la fin du Moyen Âge, le nom de « Belle-Isle » fut utilisé en français. Avec la construction au 16è siècle du fort de Palais, elle fut désignée en breton comme Enez ar Kêr veur, « île du grand fort », plus simplement Ar Gerveur.

Temporairement, sous la Révolution française, elle fut appelée « île de l’Unité », mais ce nom ne fut jamais confirmé par décret. Quinze ans plus tard, sous Napoléon 1er, la municipalité proposa la nouvelle dénomination de « Belle-Isle Joséphine », mais le divorce de Napoléon fit que cette appellation ne fut jamais acceptée. L’île garda alors ses noms de « Belle-Île-en-Mer » en français ; l’extension « en Mer » apparaissant sur les cartes du début 18è siècle, et d’Enez ar Gerveur en breton.

Au nom de « Belle-Île », s’ajoute parfois « la bien nommée », formule trouvée par la poétesse belliloise Éva Jouan, dans son recueil de poèmes De la grève, paru en 1896.

Histoire :

La trace de la présence de l’homme au Paléolithique moyen fut révélée par la découverte d’un biface mousterien à Kergoyet en 1991.

À cette époque, elle n’était pas encore une île. Elle se sépara définitivement du continent vers 7000 av. J.-C., lors de la transgression flandrienne.

La permanence de son occupation fut attestée dès le Mésolithique par de nombreuses découvertes de mobilier, outils, armes et bijoux conservés au musée archéologique de la Société polymathique du Morbihan, à Vannes et au Musée de Préhistoire de Carnac. Des sites d’habitat du Néolithique furent mis au jour à Kerdonis, au Skeul, Kerzo et Deuborh.

Dans les tourbières de Ster Vraz, à Sauzon, un crâne humain, datant du Néolithique, fut découvert au début du 19è siècle par le botaniste Émile Gadeceau, celui-ci étant conservé au musée Dobrée à Nantes. Des silex d’origine distale suggèrent l’existence d’un commerce maritime entre l’île et le continent vers 2600 av. J.-C..

Parmi la série de menhirs qui formaient un alignement unique la traversant dans sa largeur et dont la présence fut attestée en 1701, seuls trois sont encore visibles. Les autres mégalithes furent détruits, certains découpés en pierres de taille pour le bâtiment. En 1989, les archéologues de la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) de Bretagne MM. O. Kayser et Batt révélèrent un quatrième menhir, isolé, marquant une tête de vallon au port de Borderun.

De nombreux tumulus pouvaient également s’y voir jusqu’au milieu du 19è siècle. Aujourd’hui, il ne reste que le tumulus de Borderun ; ceux de Kerdavid, Borvran et Kervarigeon étant très arasés. Au centre de l’île, le tumulus de Runello, l’un des plus imposants de la région, fut rasé vers 1830 pour en récupérer les pierres.

À l’âge du bronze, le nombre de sépultures, dont les tumulus de Bordelane et de Lanno, montra une augmentation de la population ; sans doute la conséquence du développement de la navigation à cette période. Durant l’âge du fer, sur la Côte Sauvage, plusieurs éperons barrés, déjà occupés au Néolithique, furent fortifiés. Le plus important, d’une superficie de 5 hectares, nommé localement « camp de César », se trouve sur la presqu’île du Vieux Château, dans le Nord-Ouest de l’île. Plusieurs dépôts de fondeurs furent mis au jour, dont l’un des plus importants d’Europe, conservé au musée de préhistoire à Carnac.

Un ensemble de tombelles, visible dans les landes de Bordelane, fut estimé de la période de la civilisation des champs d’urnes, soit la fin de l’âge de bronze et début de l’âge du fer, vers le 10è siècle av. J.-C..

À l’époque celte, elle fut la plus grande et la plus au large des 365 îles de l’archipel du Morbihan, selon la légende, où prospérait le peuple navigateur des Vénètes. Les traces encore visibles d’éperons barrés ayant servi de camps aux armées vénètes démontra l’intérêt stratégique que Belle-Île pouvait alors représenter.

Des monnaies, soit des statères Vénètes, et des tuiles datant de l’époque gallo-romaine y furent écouvertes. À la chute de l’Empire romain commença la colonisation par les bretons venus d’Outre-Manche, comme dans l’ensemble de la Bretagne. L’Itinéraire d’Antonin nomma Vendilis, « Belle-Île », et Siata, « Houat ».

Au centre de l’île, à l’emplacement de l’actuelle commune de Bangor, un ancien prieuré tenant son nom de l’abbaye qui l’a fondé à partir du 7è siècle existe, sans en connaître sa provenance. Il s’agirait soit de l’abbaye de Bangor, en Irlande, d’où des moines, comme Saint Colomban, vinrent évangéliser l’Armorique, soit du monastère de Bangor-Fawr, au Pays de Galles, vers 545 sur le détroit de Menai. Au 9è siècle, l’île appartenait aux comtes de Cornouaille, en Armorique. Elle fut dévastée par les Vikings qui pillèrent l’abbaye et chassèrent une grande partie de ses habitants, vers le 10è siècle. Ces habitants se seraient alors réfugiés à Guidel, sur des terres appartenant à leur seigneur, le comte de Cornouaille de cette période, qui fut obliger de confier l’île aux Bénédictins de Redon. Ceux-ci y rétablirent le prieuré au même lieu que leur prédécesseurs, emplacement actuel du camping municipal de Bangor. Les moines mirent en œuvre un programme rationnel de colonisation et de mise en valeur. L’île fut divisée en quatre paroisses, leurs territoires furent allotis en propriétés d’un peu plus de 20 hectares et chacune de ces propriétés fut attribuée à une famille. Les contours de ces territoires restèrent stables jusqu’au 18è siècle et donnèrent naissance à plus de huit villages disséminés.

En 1029, l’île changea à nouveau de tutelle. Le comte de Cornouaille Alain Canhiart la confia à l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, qu’il venait de fonder. Le domaine appartenant donc à un ordre relevant du pape, l’île se trouvait juridiquement ne dépendre ni de l’évêché de Vannes ni du duché de Bretagne, mais directement de la Curie romaine par une sorte d’extra territorialité insulaire. La gestion de l’île fut déléguée à un prévôt qui disposait du pouvoir spirituel et temporel ; le droit de basse, moyenne et haute justice s’exerçait en alternance à Belle-Île et à Quimperlé. En 1408, la justice ne fut plus exercée qu’à Quimperlé, dont deux officiers furent désignés par l’abbé de Quimperlé ; l’ « official » gérant le spirituel et le « commandant », responsable du temporel de l’île ainsi que de la défense des côtes.

À cette époque, elle fut constamment la cible de pirates des régions voisines, notamment de Saintonge, ancien pays du peuple gaulois des Santons entre la Charente et la Garonne, ou d’ennemis de pays plus lointains, comme ceux venant de Hollande ou d’Angleterre. Les moines ayant fait construire un premier fort à Palais s’avérèrent incapables de repousser ces pillages. L’île devint une terre permettant de s’avitailler aisément en eau potable et de piller des vivres, sans prendre le risque d’un débarquement sur le continent. Cet intérêt stratégique n’échappa pas à Vauban qui, au 17è siècle, transforma le fort existant en citadelle, étant dans la commune Le Palais, et construisit plusieurs fortifications le long des côtes ainsi qu’une Aiguade en bordure de mer, aujourd’hui appelée la Bellefontaine, située au lieu-dit de Port Salio. Il s’agissait d’un poste d’avitaillement en eau potable, équipé d’un réservoir captant des eaux de source, ainsi que d’un quai d’accostage pour les citernes flottantes chargées du transport de l’eau vers les bateaux au mouillage dans la rade. Puis, l’eau y était pompée pour remplir les pièces à eau, rangées dans les cales des navires.

En 1548, le roi Henri II décida d’entreprendre sa fortification et sa mise en défense en faisant reconstruire le fort de Palais. L’île ne possédant principalement comme pierres naturelles que des schistes friables impropres à l’édification de fortifications, des pierres en granite venant de la démolition du château d’Auray furent transportées par bateau vers l’île ; les travaux avancèrent lentement. Les moines opposèrent l’insuffisance des richesses de l’île pour financer des travaux aussi importants.

En 1567, elle fut encore pillée, par les Espagnols.

En 1573, durant les Guerres de Religion, elle fut occupée par le chef militaire protestant Gabriel de Montgomery. Réfugié en Angleterre, il vint soutenir le comte de Coligny, l’un des chefs protestants. La garnison de Montgomery fut chassée par une escadre armée dirigée par le duc de Retz, Albert de Gondi. L’île fut alors érigée en marquisat, étant à l’origine un fief aux frontières de l’Empire carolingien qui avait une fonction de défense contre les territoires voisins, et concédée par le roi à un fils de banquier italien, favorisé par Catherine de Médicis, qu’il fit maréchal de France.

L’île était désormais le siège d’une sénéchaussée. La famille de Gondi débuta la réédification d’une forteresse, dans la commune de Le Palais, et de différents ouvrages de guet sur les côtes. L’île connut alors la tranquillité et la prospérité grâce à ce chantier. Or, les finances de la famille ne suffirent plus pour assumer les lourdes tâches. Son petit-neveu et héritier, Paul de Gondi, cardinal de Retz, frondeur persécuté par Louis XIV et Mazarin, vint se réfugier sur l’île au cours de l’été 1654 après son évasion de la prison de Nantes. Une rocambolesque cavalcade s’ensuivit. Son cousin, le duc de Retz ayant d’importantes dettes, il dut se résoudre en 1658 à mettre en vente l’île qui trouva preneur auprès du surintendant des finances Nicolas Fouquet, en pleine ascension financière, pour le prix d’1 400 000 livres. Celui-ci ne vint jamais sur l’île, mais commença des travaux de fortifications, fit construire une petite jetée et un entrepôt. La commune Le Palais devint pour quelques années un port de commerce avec une dizaine de navires partant pour l’Espagne et les Indes.

Le 5 septembre 1661, Nicolas Fouquet fut arrêté. Le projet d’extension du port fut abandonné, le marquisat fut repris par le roi qui vint à Nantes et confia la défense de l’île à Vauban. Ce dernier y réalisa plusieurs voyages, dressa des plans pour reconstruire la citadelle, fortifier la ville et les différentes côtes, ainsi que construire l’Aiguade. La ville nouvelle de Lorient fut choisie par Colbert pour l’implantation de la Compagnie française des Indes orientales qui prit un développement important à partir de la Régence.

Au terme d’un procès de plusieurs mois, Nicolas Fouquet fut déclaré coupable de péculat, nom historique pour désigner le détournement de fonds publics ou la corruption, puis condamné en 1664 au bannissement ainsi qu’à la confiscation de ses biens, peine qui fut commuée par le Roi en détention à perpétuité jusqu’à sa mort en 1680. La condamnation à la restitution ne porta pas sur les biens propres de sa femme ni sur l’héritage de ses enfants qui conservèrent la seigneurie de l’île où Madeleine Fouquet continuait à y séjourner. Elle fit construire l’hôpital Saint-Louis et fit venir des religieuses de Saint-Vincent-de-Paul. Le petit-fils de Fouquet, le Maréchal de Belle-Isle, bénéficia encore des faveurs du roi qui le fit Maréchal de France.

En juin 1674, pendant la Guerre de Hollande, une flotte des Provinces-Unies menée par l’amiral Cornelis Tromp tenta un débarquement pour prendre possession de l’île afin d’alléger la pression militaire des Français sur le front du nord. Le 27 juin, il débarqua avec 10 000 hommes et un équipement de siège, mais après deux mois de tentative, il décida de repartir.

En 1683, Vauban fut dépêché sur l’île pour vérifier l’état des fortifications. Dans la commune Le Palais, il constata que l’emplacement choisi pour la forteresse n’était pas approprié car il était dominé par plusieurs positions alentour. Il porta un regard sévère sur les précédents concepteurs et constructeurs de la citadelle. Le déménagement de la citadelle sur l’autre rive qu’il proposa étant trop cher, il dut se contenter de déplacer le village et l’église du Haut-Boulogne qui se trouvaient à proximité pour créer un glacis et renforcer la citadelle existante. Mais, les principales améliorations demandées par Vauban ne furent pas réalisées, comme la construction d’une enceinte entourant la ville de Le Palais et la construction de défenses suffisantes le long de la plage des Grands Sables constituant un lieu de débarquement idéal.

Le 12 décembre 1716, la veuve de Fouquet mourut. en 1718, l’île fut rachetée par le roi à son petit-fils Louis Fouquet, marquis de Belle-Isle, ainsi qu’au domaine royal. En 1720, pendant la Régence du duc d’Orléans, elle fut confiée à la Compagnie des Indes dont le directeur fut John Law. Les communes de Le Palais et Sauzon devinrent des ports francs. Les malversations qui s’ensuivirent conduisirent le roi à confier l’île à des fermiers généraux jusqu’en 1759, puis à compter de cette date à la province de Bretagne.

De 1726 à sa mort en 1740, le gouverneur de l’île fut Armand de Mormès de Saint-Hilaire, lieutenant général, ancien membre du Conseil de la Guerre.

Durant la guerre de Sept Ans, elle fut essentielle à l’avitaillement en eau potable de la flotte française.

Les Anglais s’employèrent alors activement à la contrôler, afin de menacer l’estuaire de la Loire et la ville de Nantes. La bataille navale des Cardinaux, à l’est de l’île Hœdic, leur assura la suprématie dans les eaux locales. En 1761, les Anglais débarquèrent sur la plage des Grands Sables. Des redoutes furent rapidement construites sur les hauteurs de la commune de Le Palais, mais n’arrivèrent pas à contenir les attaquants. Ces derniers installèrent leurs batteries de canons sur les hauteurs afin de protéger leur approche, scénario qui avait motivé les demandes refusées d’extension des fortifications par Vauban. Au bout de trois semaines, l’enceinte principale ayant subi une brèche par les navires anglais, le gouverneur de la citadelle dut se rendre avec les honneurs de la guerre. L’île fut alors sous contrôle anglais pendant environ deux ans. Puis le traité de Paris de 1763 consacra la domination anglaise sur les mers ; les Anglais restituèrent Belle-Île contre l’île de Minorque que les Français leur avaient prise au début du conflit. Le commandant anglais, le major John Crawford, se vit remercier par le roi Louis XV pour la douceur avec laquelle il avait gouverné ses sujets et gratifier d’un domaine à son nom sur l’île, érigé pour lui en domaine noble, où il y revint plusieurs fois séjourner. Ce domaine est aujourd’hui un lieu-dit de plusieurs maisons, francisé en « Craffort », au fond du vallon de Sauzon, dont justement l’étymologie vient des Saxons.

À partir de 1765, 78 familles d’Acadiens réfugiées du « grand dérangement » de 1755 s’installèrent sur l’île, soit un peu plus de 300 personnes.

Ce fut l’occasion d’une grande entreprise de révision foncière appelée « afféagement » et de la levée d’un cadastre, un des seuls antérieur au cadastre napoléonien. Afin de faciliter le redressement de l’île et d’encourager les volontaires bellilois, ainsi que les réfugiés, à cultiver la terre, des concessions valant titre de propriété furent attribuées à chaque famille, soit 10 hectares de terres labourables, une maison d’un modèle uniforme, une aire à battre, une grange, des semences, des ustensiles et un pécule. Les terres qui appartenaient au roi leur furent ainsi données. Le résultat de cette politique fut mitigé, car 25 % seulement des Acadiens y restèrent à long terme, 45 % s’installèrent en Bretagne ou allèrent dans différentes régions de France et 30 % vers la Louisiane, rejoindre leurs familles, les Cadiens, qui y avaient été déportées. Malgré ces départs, la population continua de croître d’un millier d’habitants jusqu’à la Révolution. Une grande partie des anciennes familles belliloises encore présentes sur l’île aujourd’hui, possède des Acadiens dans leur généalogie.

Durant la Révolution française, l’île fut un enjeu important dans la lutte contre les Anglais, mais elle ne fut jamais attaquée. Ses fortifications furent à l’époque et jusqu’en 1870 régulièrement modernisées.

Le 30 novembre 1870, le ballon monté Jules-Favre No 2 s’envola de la gare du Nord à Paris alors assiégée par les Prussiens et termina sa course à Belle-Île-en-Mer après avoir parcouru 548 kilomètres.

Dès 1902, le ministère de la Justice établit une colonie pénitentiaire pour mineurs « délinquants » avec une école de matelotage sur la Haute-Boulogne, dans la commune de Le Palais. Un bateau avec son ancien gréement était placé au milieu de la cour, sans que les détenus ne sortent en mer. Rapidement, le domaine de Bruté fut acheté et transformé en « centre d’apprentissage agricole » et « de mécanique diesel », ce qui permit d’augmenter la capacité d’accueil des enfants et de diversifier leur formation. en 1934, une célèbre révolte des enfants permit au monde entier de connaître les conditions de détention, de la maltraitance, des violences et des viols qui furent améliorées. Mais la colonie ne fut définitivement fermée qu’en 1977.

Le poète et scénariste français Jacques Prévert, dans son oeuvre La Chasse à l’enfant, et le réalisateur et scénariste Marcel Carné, dans son film inachevé La Fleur de l’âge, rendirent hommage aux jeunes héros de cette période de l’histoire de Belle-Île, qui avaient quasiment tous été rattrapés par les surveillants et habitants de l’île, en échange d’une somme d’argent pour chaque enfant ramené, d’où le nom de « chasse à l’enfant » utilisé par le poète pour parler de l’évènement.

Les bâtiments de la Haute-Boulogne, en partie rénovés, sont occupés à l’heure actuelle, depuis 2020, par différentes structures associative, dont la Maison des associations, le théâtre Vindilis, le Tomm Eo – Festival Belle Ile On Air, l’Espace Jeunesse, les Restos du Cœur, la SISE pour l’Emploi, les Chantiers Nature et Patrimoine. L’un des bâtiments sert de logement aux détenus en « chantiers extérieurs pénitentiaires ». Le domaine de Bruté est quant à lui rénové en colonie de vacances, géré par l’association OVAL.

Dans les années 1970, l’île comptait 64 agriculteurs, ils ne sont plus que 36 en 2020, bien que leur nombre se soit stabilisé depuis 2010. Dans la décennie 1980, la production de lait s’était développée grâce à un service de collecte à destination du continent mis en place par Lactalis. En 2016, une laiterie-fromagerie belle-iloise fut projetée par des éleveurs locaux afin de mieux valoriser leur production, mais reste pour l’instant inabouti, faute d’avoir trouvé un bâtiment adéquat et en raison des contraintes de la loi littoral. D’autres agriculteurs se sont regroupés pour vendre leurs productions en circuit court sous la bannière du « coin des producteurs ».

Géographie :

Plus grande des îles du Ponant, elle est aussi à 40 km de Port-Tudy, sur l’Île de Groix. Sa côte nord est la limite sud-ouest de Mor braz.

Ses quatre communes, associées dans la communauté de communes de Belle-Île-en-Mer (CCBI), forment l’ancien canton de Belle-Île qui comprenait aussi les îles de Houat et d’Hœdic : Bangor, bourg situé à l’intérieur des terres et sur sa côte sud, Le Palais, son port principal et siège de la communauté de communes, Locmaria, bourg situé à sa pointe est, et Sauzon, second port à son ouest.

Elle est ainsi la plus grande des îles bretonnes, mesurant 17 km de long et 9 km de large. Elle culmine à 71 mètres d’altitude et sa superficie est de 85 km2. Elle est un vaste plateau de schistes dominant l’océan avec une altitude moyenne de 40 mètres, bordé de falaises entaillées par de nombreux petits vallons creusés par des ruisseaux côtiers et qui débouchent sur des ports ou des plages. Les deux plus importants servirent à établir les ports de Sauzon et de Le Palais.

Elle est de formation volcanique très ancienne, contrairement à la presqu’île de Quiberon, à l’ile de Houat et l’île d’Hoedic, étant de formation métamorphique en roche granitique. Elle est la partie émergée d’un ensemble volcano-sédimentaire du plateau continental sud-armoricain.

La stratigraphie de ces roches couvre une période allant ainsi de l’Ordovicien au Silurien. Sa côte, composée d’une roche friable faite de schistes et de micaschistes, mêlée de quartz et de tuf, subit une érosion intense de la mer, particulièrement sur la façade sud-ouest tournée vers le large, la Côte Sauvage. Il en résulte une côte très découpée, constituée en majorité de falaises abruptes. Témoin de cette érosion rapide, l’îlot de Lonègues, prolongeant la pointe des Poulains au Moyen Âge, a aujourd’hui pratiquement disparu sous les eaux. Son extrémité nord se poursuit d’îlots raccordés au socle principal par des bancs de sable, où la mer s’insinue à marée haute.

Sur sa côte exposée au nord-est, face au continent et donc la plus abritée, débouchent deux rias ayant permis la création de ses deux ports principaux. Sur cette même façade se trouvent ses plus grandes plages, soit les Grands Sables et Bordardoué.

Sa côte sud, bien protégée, est jalonnée de plages aux eaux plus chaudes, favorables à la baignade, comme dans le Port Goulphar, le Port Kérel, Dotchot, Herlin, entre autres. Sa côte ouest a la plage la plus spectaculaire, celle de Port Donnant, qui est adossée à une importante dune fossile de sables calcaires, la dune de Donnant, constituée par un dépôt éolien datant d’une époque où l’étendue découverte par l’Océan était assez vaste pour produire tout ce sable. Sur sa côte est, se trouvent les plages de Port Maria, Port Blanc et Port Andro. Le contraste est frappant entre le centre exposé au vent, où les champs de céréales alternent avec les ajoncs, et les versants abrités des vallons aux grasses prairies, où se groupent les maisons blanchies à la chaux.

Enfin, selon la classification de Köppen, son climat est océanique à la limite du climat supra-méditerranéen. Elle connaît une saison sèche pendant les deux mois d’été et bénéficie d’un ensoleillement particulièrement important. Or, la différence entre le mois le plus sec, juin, et le plus humide, janvier, n’est pas assez prononcée pour qu’elle fasse partie du climat supra-méditerranéen. Son climat se définit donc comme « très » ou « hyper » océanique. Les précipitations sont moyennes sur l’année et faibles en été. Les gelées sont rares, il pleut beaucoup moins que sur le continent, les hivers sont doux, avec une moyenne des minima de 5,1°C au mois de février. L’ensoleillement est généreux, avec 2 000 heures par an, ce qui permet, ainsi que sur les rives du golfe du Morbihan, à des plantes méditerranéennes, comme le palmier, la vigne ou encore le figuier, de prospérer dans les vallons abrités.

Cf. Wikipédia.

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