Humeur de février 2026
By CR
Les renoncules, genre Ranunculus, sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, de la famille des Ranunculaceae. Elles comportent près de 500 espèces, mais le genre Ranunculus auricomus comprend un ensemble très complexe de 800 taxons apomictiques, auxquels certains botanistes ont donné le rang d’espèces ou de micro-espèces. Elles ont un port très différent selon les espèces et sont le plus souvent des végétaux herbacés vivaces. Aux latitudes tropicales, elles sont plutôt des plantes d’altitude.
Le nom de renoncule dérive du latin ranunculus, signifiant « petite grenouille », dont le diminutif rana fait référence à la grenouille rainette, car plusieurs espèces sont aquatiques et plusieurs autres affectionnent les endroits humides que fréquentent ces amphibiens.
Ses autres appellations ou plutôt surnoms sont « grenouillette », « fleur de l’impatience » ou encore « gobelet du diable », à cause de ses propriétés toxiques. Certaines espèces sont aussi dénommées « fleur de beurre » ou « tasse de beurre », en anglais buttercup, en référence à la mince couche lipidique située sous l’épiderme des pétales qui les rend brillantes, produisant un reflet jaune qui évoque ainsi la couleur du beurre. Cette propriété est également à l’origine du nom vernaculaire de bouton-d’or, couramment donné à plusieurs espèces de renoncules à fleurs jaunes, dont la renoncule âcre, Ranunculus acris, la renoncule bulbeuse, Ranunculus bulbosus, la renoncule graminée, Ranunculus gramineus, ou la renoncule rampante, Ranunculus repens, entre autres.
Ces plantes herbacées sont à fleurs simples en forme de coupe, formées de 5 sépales caducs ainsi que de 5 pétales serrés et brillants, aux couleurs vives, jaunes ou blancs, très rarement rouges. Les pétales sont munis à leur base de glandes laissant exsuder un liquide sucré ou dit nectaire, c’est-à-dire sécrétant le nectar, contribuant au pouvoir attractif de la fleur pour une pollinisation entomophile.
Leurs feuilles à nervures généralement palmées et très découpées, soit palmatilobées, s’accrochent à la base d’une longue tige qui porte à son extrémité une ou plusieurs fleurs. Elles ont une saveur âpre, due aux différents principes actifs toxiques qu’elles contiennent.
Leur fruit est un akène ou un follicule, parfois une baie, une drupe ou une capsule.
Les renoncules aquatiques, dont la renoncule aquatique, Ranunculus aquatilis, la renoncule peltée, Ranunculus peltatus, entre autres, forment un groupe à part. Elles sont des plantes à fleurs blanches, avec des feuilles immergées divisées en lanières et des feuilles émergées arrondies. Elles poussent donc dans les mares et les cours d’eau.
La renoncule des fleuristes, genre Ranunculus asiaticus, originaire d’Asie, fut introduite en France par les croisades de Saint Louis l’ayant découverte en Terre sainte.
Les renoncules poussent dans les régions tempérées ou froides, comme le bouton d’or, la renoncule d’Asie, ainsi que les nombreuses renoncules de montagne et des zones froides.
Elles apprécient généralement la terre légère et riche en des lieux ensoleillés à semi-ombragés, pour une floraison estivale. De nombreuses espèces sont bio-indicatrices de l’état des sols. Leur présence traduit un engorgement en matière organique animale, comme avec la renoncule sarde lors de surpâturage, d’excès de fumier, de lisier ou purin ; un engorgement en matière organique humaine, avec la renoncule scélérate en sortie de fosse septique ou station d’épuration, ou encore des hydromorphies, avec la renoncule bulbeuse en zone régulièrement inondée. Lorsqu’elles dominent la flore, elles témoignent d’un compactage du sol ; avec la présence de la renoncule bulbeuse, la renoncule rampante et la renoncule sarde indiquant un passage des engins agricoles, un piétinement du sol ou le surpâturage des prairies par temps humide ou pluvieux.
Toutes les plantes de la famille des renoncules sont toxiques, voire mortelles pour l’animal et l’humain.
Elles contiennent toutes, sans exception, un composé toxique, appelé la proto-anémonine, en quantité variable. Ce composé est issu de la transformation par hydrolyse de la ranunculine, appelée aussi ranunculoside, composé volatil étant un hétéroside de lactone où lors de la dessiccation il se transforme en anémonine.
Le contact avec le jus de la plante ou les feuilles endommagées, écrasées ou ingérées, favorise cette hydrolyse et la formation de proto-anémonine rubéfiante et vésicante pouvant causer des démangeaisons, des éruptions cutanées ou des cloques sur la peau ou les muqueuses. Chez les espèces riches en proto-anémonine, telles que la renoncule scélérate des étangs et la renoncule thora des massifs calcaires, l’ingestion provoque une sensation de brûlure dans la bouche et la gorge, la salivation, la stomatite avec formation de cloques, des nausées, l’œsophagite, une violente inflammation de l’estomac et de l’intestin, des vomissements, des coliques, la diarrhée ou une intense sécrétion urinaire avec des urines sanglantes et douloureuses, soit l’hématurie. En cas de contact avec la peau, les sucs des renoncules peuvent déclencher une dermatose irritative ou une photodermatose et en cas de contact avec les yeux, une blépharite ou une conjonctivite. Consommés crues en trop grande quantité, ou chez certains sujets sensibles, les feuilles ont alors une toxicité dangereuse, dont la toxine peut être à l’origine d’étourdissements, de spasmes et de paralysie à l’origine d’une détresse respiratoire pouvant occasionner la mort. La causticité des sucs fait que les accidents se limitent généralement à des brûlures buccales. L’empoisonnement est très rare chez les humains ainsi que chez le bétail qui évite de brouter les renoncules fraîches. Ces irritations qui suivent leur ingestion décourage les animaux d’en consommer en grandes quantités. Certaines espèces sont utilisables après avoir été bouillies à plusieurs eaux. Le phénomène se dessiccation est une propriété bien avérée pour le bétail, car la présence de renoncules, desséchées, non broutées au pré, ne pollue pas le foin. C’est pourquoi sa présence dans le foin bien sec, bien que non conseillée, n’est pas trop dangereuse. .
Cette propriété inflammatoire de la proto-anémonine était utilisée par les mendiants au Moyen Âge qui provoquaient sur leur visage et sur leurs mains des exanthèmes, ulcérations d’apparition aiguë, en se frictionnant la peau avec le suc de la Renoncule scélérate ou de la Clématite des haies afin d’inspirer la pitié des passants. Ils guérissaient ensuite ces affections cutanées en les recouvrant de feuilles de bette.
Selon les herboristes, ses propriétés irritantes seraient utilisées par les amateurs de pêche ou de lombricompostage pour récolter des vers de terre. Verser sur le sol une infusion de renoncules attirerait ces invertébrés à la surface.
Les études ethnobotaniques montrent que les renoncules servaient de remède médicinal, en vertu du principe de Paracelse : « Tout est poison, rien n’est poison : c’est la dose qui fait le poison« , puisqu’elles ont en effet des propriétés diaphorétiques, antispasmodiques, analgésiques et rubéfiantes. Les Iroquois utilisaient notamment la renoncule bulbeuse et la renoncule abortive, Ranunculus abortivus, contre les abcès, les maux de gorge, les morsures de serpent, les empoisonnements, la variole et même en application externe (sic) contre la syphilis.
Beaucoup de renoncules furent consommées en période de famine. Malgré leur saveur fade, les racines, les feuilles et les fleurs étaient bouillies ou macérées dans de l’eau pendant quelques heures. Les boutons floraux de diverses renoncules peuvent être conservés dans du Vinaigre après avoir été bouillis. Aujourd’hui, les plantes de cette famille ne sont plus consommées chez l’humain, dont plusieurs d’entre elles sont mortelles si elles sont consommées crues à faible dose. Il lui arrive pourtant de consommer le Populage et la Ficaire. Toxique à l’état adulte, cette dernière peut être mangée crue, dont ses feuilles au goût acidulé et légèrement épicé, sont riches en vitamine C, ce qui vaut à cette plante l’appellation d’ « épinard des bûcherons », et cuite à l’état jeune. De même, les tubercules cuits à l’eau salée fourniraient un plat, paraîtrait-il assez fin.
Certaines espèces sont cultivées comme plantes ornementales.
Les fleurs jaunes servaient à donner des colorants à mordant, teinture de faible qualité. Mélangées avec de l’alun utilisé comme mordant, elles donnaient un ton fauve, avec du chrome, un ton vert, et avec de l’étain, un ton jaune.
D’un point de vue ludique, les enfants se livrent encore parfois à un jeu qui consiste à prendre une fleur de renoncule, notamment les boutons d’or, bien ouverte et placer la corolle miroitante sous le menton d’un ami ou d’une amie. Ils lui demandent « Aimes-tu le beurre ? », la réponse est invariablement affirmative, car le jaune de la fleur, le soleil aidant, se reflète sur sa peau. L’explication physiologique de cette propriété ne fut donnée qu’au 21è siècle. La réflexion orientée du faisceau lumineux provient de la couche superficielle épidermique transparente constituée de cellules très plates chargées de pigments caroténoïdes tandis qu’une coloration diffuse jaunâtre provient de la dispersion de la lumière par une couche sous-jacente chargée de grains d’amidon. L’ensemble donne ce jaune intense et brillant qui intervient probablement dans l’attraction des insectes pollinisateurs.
Enfin, divers symbolismes entourent la renoncule :
– En raison de ses belles couleurs, elle évoque le luxe et est devenue l’emblème de la toilette raffinée.
– Dans le langage des fleurs, elle signifie : « Tu es radieuse et charmante », « Tu es éblouissante », « Vous êtes brillante et attrayante », pouvant aller jusqu’à « Ton corps est magnifique ».
– Dans le même langage, elle symbolise aussi le reproche et le bouton d’or, l’ingratitude ou la moquerie.
Cf. Wikipédia.
Les renoncules fleurissent dès les premiers frimas de l’hiver jusqu’au début du printemps, soit de novembre à mars. Elles peuvent donc pousser même lors de l’approche de températures négatives. Ce n’est pour autant pas une raison pour les oublier à l’extérieur.


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