Tatihou

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Île côtière française, elle est située au nord-est du Cotentin dans la rade de Saint-Vaast-la-Hougue, commune à laquelle elle est administrativement rattachée, dans le département de la Manche, en région Normandie. Elle appartient au Conservatoire du littoral et n’est pas habitée de manière permanente. Elle est accessible à pied à certaines marées basses ou par véhicule amphibie.
Histoire :
Elle fit l’objet de nombreuses fouilles archéologiques, au large dans un premier temps, en contexte sous-marin, sur terre à l’occasion de fouilles préventives, puis d’un programme de recherche.
20 000 ans av. J. C., elle connut de multiples occupations au Néolithique, Rattachée à la côte, à cette époque, elle fut densément occupée au cours de l’âge du bronze. Entre 1500 et 1250 avant notre ère, un réseau parcellaire et plusieurs habitats s’implantèrent. Après cette date, les lieux furent apparemment désertés jusqu’à la fin de l’âge du fer où un nouvel établissement agricole s’installa. Le petit établissement de la fin de l’âge du bronze, mis en évidence en 1996 à l’occasion de fouilles pour la création d’un jardin maritime, se présenta sous la forme d’un habitat circulaire et de greniers à quatre ou six poteaux porteurs. Des fours, des débris de céramiques et des milliers de silex taillés furent également découverts.
Au 16è siècle, François II de La Cour, fils de François de La Cour du Tourps (seigneur d’Anneville et chef des ligueurs du Val de Saire), reprit les armes à la mort de son père et s’empara de la ferme manoir de l’île et d’une tour qui précéda l’actuel ouvrage. Cette dernière fut détruite sur ordre du roi au siècle suivant.
En 1692, la bataille de la Hougue se déroula au large de Barfleur, où la flotte française menée par le vice-amiral de Tourville et la flotte anglo-hollandaise s’affrontèrent. À son terme, onze vaisseaux français ne purent regagner Saint-Malo. Ils furent échoués puis brûlés près de l’île Tatihou et de la Hougue. Dès cette époque, la présence d’une chapelle fut mentionnée dans les archives. Elle aurait servi de réservoir à vivres pour les garnisons militaires présentes sur l’île jusqu’à la Révolution.
À partir de 1694, la tour de Tatihou et sa jumelle du fort de la Hougue furent construites par Benjamin de Combes, un collaborateur de Vauban, afin de défendre la rade de Saint-Vaast contre les agresseurs. Les fortifications se poursuivirent jusqu’au 19è siècle. Ces tours et onze autres sites fortifiés par Vauban furent inscrits au patrimoine mondial de l’humanité le 7 juillet 2008.
En 1708, Adrien Morel de Courcy avec une troupe de 900 hommes de guerre levée à ses frais empêchèrent durant 22 jours les Anglais de débarquer à la Hougue, depuis l’île Tatihou, et les forcèrent à se retirer.
En 1721, la peste de Marseille incita le roi à créer un lazaret (établissement maritime) afin de protéger le nord-ouest du royaume. Tatihou fut alors choisie pour effectuer les quarantaines des équipages et des marchandises venant de la mer du Nord et de la Méditerranée. En 1822, la fièvre jaune d’Espagne succéda à la peste. Un hôpital fut ajouté au lazaret. Cet ensemble sanitaire fonctionna jusque dans les années 1860. En 1888, les bâtiments devenus inutiles servirent à l’implantation d’un Muséum d’histoire naturelle. Jusqu’en 1923, ce Muséum, dont le siège est à Paris, tint sa toute première station maritime. Les chercheurs y travaillèrent sur l’élevage du turbot en milieu artificiel, sur le plancton et les algues. En 1924, le laboratoire fut transféré à Saint-Servan. En 1935, il fut déplacé à Dinard, dont l’actuelle station de biologie marine de Dinard y est encore.
Durant la Première Guerre mondiale, l’île devint une prison pour des civils allemands et austro-hongrois. De 1926 à la Seconde Guerre mondiale, après le départ des chercheurs du Muséum, elle abrita un aérium (l’Ermitage de Tatihou), géré par le ministère de l’Instruction publique, qui accueillit de nombreux enfants. De février à juin 1939, elle accueillit des femmes et des enfants réfugiés de la guerre civile espagnole. Lors de l’Occupation, les casernes abritèrent les troupes allemandes et l’île fut interdite aux civils. Des blockhaus y furent construits et les prairies y
De 1948 à 1984, l’île accueillit un Centre de rééducation pour adolescents en difficulté. Ces jeunes, placés par décision de justice, y recevaient une formation professionnelle, comme l’horticulture, la mécanique ou les métiers du bâtiment. Contrairement à une légende répandue, ce n’est pas ce centre éducatif qui inspira à Jacques Prévert le poème La Chasse à l’enfant dans son recueil de poésies Paroles, mais le centre pénitentiaire de Belle-Île.
Le Centre possédait un bateau pour accéder à l’île à marée haute et l’accès au Centre à marée basse se faisait par une marche de 2 km à travers les parcs à huîtres. Les jeunes gens qui fuguaient étaient facilement repris, le Centre sonnait le tocsin avertissant les habitants de Saint-Vaast qu’un pensionnaire s’était échappé. Le personnel éducatif et les jeunes pensionnaires y habitaient intra-muros, dans l’ancien lazaret. Pendant l’été, le Centre accueillait une colonie sanitaire pour jeunes gens diabétiques. De 1982 à 1984, le Centre hébergea des enfants recueillis en mer de Chine méridionale (les boat people), pour une formation à la langue française.
En 1984, après la fermeture du Centre, les installations de l’île laissées à l’abandon furent vandalisées et ses archives dispersées.
En 1989, l’île fut affectée au Conservatoire du littoral qui signa une convention de gestion avec le conseil général de la Manche. Les travaux de réhabilitation et de restauration purent alors commencer. Dès 1992, pour le tricentenaire de la bataille de la Hougue, le musée maritime ouvrit ses portes dans une partie de l’ancien lazaret et présenta les vestiges provenant de cette bataille.
Géographie :
D’une superficie de 29 hectares, elle est située à 1 400 mètres à vol d’oiseau du rivage de Saint-Vaast-la-Hougue, ainsi la commune à laquelle elle est administrativement rattachée. Situé à 100 mètres, son îlot voisin, appelé l’Îlet, est entièrement occupé par un ouvrage fortifié.
Depuis 1990, une réserve ornithologique y est établie et fait aussi office de zone d’hivernage ou de simple étape de migration pour les oiseaux non marins. Plus de 150 espèces différentes sont observables, comme les goélands argentés, bruns et marins, les tadornes de Belon, les huîtriers pie, les pigeons colombins, l’aigrette garzette, l’eider de Steller, le canard siffleur, le goéland leucophée, le bruant des neiges ou encore la bécasse des bois.
Ces espèces et d’autres marines ainsi que leurs habitats sous-marins ont justifié une proposition de classement dans le réseau Natura 2000 en mer.
Enfin, un jardin botanique d’environ 800 m2 ainsi qu’un jardin maritime regroupent plusieurs centaines d’espèces du littoral.
Cf. Wikipédia.

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