Tombelaine

Tombelaine_îlot-mont-saint-michel-depuis-la-baie-fr_wp

By CR

Îlot granitique, il est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, sur la rive droite du fleuve côtier de la Sée, à quelques kilomètres au nord du mont Saint-Michel. L’important marnage, plus de 10 mètres, de la baie lui donne l’accès à pied sec par basse mer.

Histoire :

Au 11è siècle, les deux moines Anastase et Robert quittèrent le Mont-Saint-Michel pour s’y retirer en ermites. En 1137, Bernard le Vénérable y fonda un prieuré et l’îlot devint un lieu de pèlerinage. L’église fut dédiée à Notre-Dame de la Gisante ou Notre-Dame de Tombelaine.

En 1204 Philippe Auguste y érigea un fort.

Lors de la guerre de Cent Ans, après les désastres de Crécy en 1346 et de Poitiers en 1356, une garnison anglaise s’y implanta dès 1356 et y construisit une bastille face au Mont-Saint-Michel.

Durant les guerres de Religion, le comte de Montgomery, qui dirigeait les armées huguenotes, y installa son repaire. Il y aurait battu de la fausse monnaie et abrité sa maîtresse.

En 1666, le marquis de la Chastrière demanda sa destruction à la Cour, alors qu’il était devenu la propriété de Nicolas Fouquet. Il pensait que la place forte de Tombelaine pouvait être réutilisée par les Anglais en cas de nouveau siège du Mont-Saint-Michel.

De 1812 à 1837, il fut la possession du garde-suisse de Louis XVI Michel Brackmann (1766-1850), qui avait échappé au massacre des Tuileries.

La société Groupement national de la baie du mont Saint-Michel souhaita qu’il devint un lieu de résidence pour touristes, mais, en 1933, il fut acheté par l’État qui l’intégra à son domaine privé. Par l’arrêté du 9 octobre 1936, il fut classé au titre des monuments historiques. Par l’arrêté du 11 juillet 1974, une réserve de chasse maritime y fut créée. Le 10 octobre 1985, une réserve ornithologique y est fut fondée, à l’initiative de la municipalité de Genêts, à laquelle il est rattaché, et du Groupe ornithologique normand de l’université de Caen. Le suivi de la baie dans son ensemble et la volonté de maintenir l’insularité du Mont-Saint-Michel devrait aussi préserver Tombelaine.

Se trouvant dans le périmètre du Mont-Saint-Michel et sa baie, il est aussi inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. En 2010, sa propriété fut transférée au Conservatoire du littoral.

Géographie :

Son point culminant est le pic de la Folie qui s’élève à 45 mètres d’altitude. Il a une longueur de 250 mètres, une largeur de 150 mètres et une superficie de trois hectares, soit 0,03 km2.

Des intrusions tardives de leucogranite à biotite et muscovite sont à l’origine de sa formation.

Il est 3è colonie insulaire de reproduction pour les oiseaux marins en Normandie, après l’archipel de Chausey et les îles Saint-Marcouf.

Depuis la création de sa réserve, 16 espèces s’y sont nichées. Se trouvent ainsi l’Aigrette garzette (180 à 200 couples en 2015, première colonie normande), le Héron garde-bœufs (30 à 50 couples en 2015), le Faucon pèlerin (depuis les années 1970), le Canard colvert, le Tadorne de Belon et des passereaux, dont Merle noir, Troglodyte mignon, Accenteur mouchet, Pigeon ramier, Fauvette à tête noire, Grive musicienne, Linotte mélodieuse, Corneille noire.

Les oiseaux de passage comptent le Grand Cormoran (tentatives de nidification), l’Ibis sacré, le Busard Saint-Martin, le Balbuzard pêcheur, le Milan noir, le Hibou des marais, la Spatule blanche, la Grue cendrée, le Bécasseau violet, la Fauvette pitchou, la Huppe fasciée, le Bruant des neiges (deux hivernages), le Bruant lapon, la Cisticole des joncs, la Mésange noire, le Loriot d’Europe et le Grand Corbeau.

Enfin, son accès est interdit du 15 mars au 31 juillet.

Cf. Wikipédia.

Commentaires

Articles les plus consultés