Mont Saint-Michel

By CR
Îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence, il est situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche, en Normandie. Son nom est en référence directe à l’archange Saint Michel. Avant l’année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Durant tout le Moyen Âge, il était couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer », Mons Sancti Michaeli in periculo mari. Son abbaye se trouve sur le mont, lequel constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Il baigne ainsi dans la baie du Mont-Saint-Michel ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 hectares, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de son abbaye et son domaine. Cet îlot s’élève sur une grande plaine sablonneuse.
Son architecture et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie. Il est le 3è site touristique culturel le plus fréquenté de France, après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an, en moyenne.
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. L’abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 1862, suivies ultérieurement par soixante autres constructions ; l’îlot rocheux et le cordon littoral de la baie figurant depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que le moulin de Moidrey depuis 2007. Depuis 1998, il bénéficie en outre d’une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. La flèche actuelle que tient l’archange date de 1899.
Histoire :
Il est le seul lieu en Normandie qui ne tomba jamais aux mains des Anglais durant la guerre de Cent Ans. Une plaque commémorative disposée dans le transept de l’abbatiale liste les 119 gentilshommes ayant pris part à la défense du mont en 1434 sous les ordres de leur capitaine Louis d’Estouteville. La liste fut dressée par l’abbé Dom Huysnes au 17è siècle.
Dès l’an 709, un village fut implanté sur le mont. Vers le milieu du siècle suivant, sa population s’accrut à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitèrent les populations habitant des établissements ruraux et villages voisins au mont à s’y réfugier. Il se développa tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
Son économie fut tributaire pendant douze siècles des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s’installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé « michelet », venait de toute l’Europe, depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises fut récemment étudié et remis en valeur, spécifiquement à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d’un ancien atelier de plombs de pèlerinage furent découverts.
Ses habitants vécurent du 15è au 19è siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et accueillant ses visiteurs. Des prisons y furent ainsi établies durant une très longue période de son histoire. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, il fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu’en 1863, date à laquelle la dernière prison ferma. En 1879, une digue-route fut construite, suivie d’une voie ferrée reliant Pontorson. Cette dernière permit l’essor du tourisme de masse vivant particulièrement grâce à la vente d’articles de souvenir de pèlerinage.
Dès le 19è siècle, les auteurs et peintres romantiques y vinrent pour son charme unique et ses qualités pittoresques, dont Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels furent établis. Dans la seconde moitié du 20è siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial fit de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l’abbaye fut soutenue dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui rassemblent le tiers des visiteurs avec une moyenne journalière approchant les 12 000 et des pics dépassant les 16 000 personnes par jour, avec un flux de moins en moins dense au fur et à mesure de l’ascension vers l’abbaye, un tiers seulement monte jusqu’à l’abbaye. Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. Au cours d’une journée, la densité de visiteurs sur le site est la plus forte entre 11h et 16h.
Depuis le début du 21è siècle, il connaît un déclin de fréquentation, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait des nouvelles conditions de desserte de son îlot et de sa mauvaise réputation des prestations chères et médiocres.
61 immeubles situés sur l’îlot sont protégés au titre des monuments historiques, par plusieurs campagnes de protection réalisées notamment en 1928 et 1934. D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du 13è siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 2023.
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l’année. Ils remplacent les moines bénédictins qui désertèrent peu à peu le Mont après 1979.
Lors de l’élaboration des festivités du 13è centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d’Avranches ainsi que l’association Robert de Torigni décidèrent, entre autres, de créer un festival d’art chrétien afin de « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ». Suite à ce festival, il fut décidé de le perpétuer chaque été, pendant une semaine.
Géographie :
Sa baie faisant partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, d’Avranches, de Chausey et de Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l’îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d’un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d’années, l’îlot Saint-Michel a une circonférence d’environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres.
Ses marées dans la baie ont une amplitude de près de 13 mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres et revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont n’est entouré d’eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d’équinoxe, 53 jours par an, pendant quelques heures. Ce spectacle impressionnant attire de nombreux touristes ces jours-là.
Enfin, la digue-route, construite en 1879, reliait le mont au continent. Mais, en retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de disparaître. La mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime de l’île eu alors lieu.
Cf. Wikipédia.
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