La Creuse

By CR
Département français de la région Nouvelle-Aquitaine, il appartenait à celle du Limousin avant la disparition de cette dernière. Il succède à la province de la Marche, lors de sa création à la Révolution française le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, dont il reprend en grande partie son territoire. Situé dans le nord-ouest du Massif central, il tire son nom de la rivière Creuse, affluent de la Vienne y prenant sa source, qui le traverse. Guéret, sa plus grande ville, est sa préfecture et Aubusson, sa sous-préfecture.
Son histoire :
Depuis le Moyen Âge, de nombreux hommes partent tous les ans dans les grandes villes sur les chantiers du bâtiment afin d’être embauchés en tant que maçon, charpentier, couvreur, etc. De ce fait, les maçons de la Creuse deviennent les bâtisseurs de cathédrales, mais aussi des constructeurs d’autres œuvres, notamment celle la digue de La Rochelle en 1626, par exemple. Au 19è siècle, ils participent comme plâtriers à la construction du Paris du baron Haussmann. Initialement temporaire de mars à novembre, l’émigration devient définitive et la Creuse perd la moitié de sa population entre 1850 et 1950. D’ailleurs, dans le livre Mémoires de Léonard de Martin Nadaud, publié en 1895, se retrouve la description de cet exode marquant très fortement les modes de vie.
Du 17è siècle jusqu’en 1969, le charbon est exploité dans les houillères du bassin d’Ahun-Lavaveix et de 1784 à 1958, à Bosmoreau-les-Mines.
Durant la Première Guerre mondiale, la Creuse enregistre de lourdes pertes. Cette saignée s’accompagne d’un déficit des naissances. Le monument aux morts de la commune de Gentioux témoigne de cette hécatombe. En 1917, une mutinerie des soldats russes à La Courtine s’installe dans le camp militaire creusois.
De 1963 à 1980, 1 630 enfants réunionnais, déclarés « orphelins », sont déplacés par les autorités françaises pour repeupler les départements français victimes de l’exode rural, cas de la Creuse, du Tarn et du Gers. Beaucoup de parents indigents ou « mères seules » signaient des décharges pour permettre ce « déplacement », certains parlèrent même de « déportation » de leur enfant vers la Creuse. Ce transfert d’enfants par avions entiers fut organisé sous l’autorité de Michel Debré, député de La Réunion à l’époque. Ce sombre épisode de l’histoire française, très connu à La Réunion, a donné lieu à de nombreuses études écrites ou filmées. Il est communément appelé « l’affaire des enfants de la Creuse » ou « l’histoire des enfants réunionnais de la Creuse ».
Le 1er janvier 2016, la région Limousin, à laquelle il appartenait donc, fusionne avec les régions Aquitaine et Poitou-Charentes pour ainsi devenir la nouvelle région administrative Nouvelle-Aquitaine.
Sa géographie :
Il est limitrophe des départements de la Corrèze, de la Haute-Vienne, de l’Allier, du Puy-de-Dôme, du Cher et de l’Indre. Il est le 2è département le moins peuplé de France après la Lozère.
Il est situé à l’extrémité nord-ouest du Massif central et le plateau de Millevaches occupe son sud-est. Il culmine à 932 mètres d’altitude dans la forêt de Châteauvert, à Saint-Oradoux-de-Chirouze.
La rivière Creuse, lui donnant son nom, prend sa source à 811 mètres d’altitude sur le plateau de Millevaches, à la limite méridionale du département, qu’elle traverse dans une direction approximative sud-est/nord-ouest.
– Ses tourbières :
De nombreuses tourbières son présentes sur son territoire, dont celle de la Mazure située entre les communes de Royère-de-Vassivière, Le Monteil-au-Vicomte et Saint-Pierre-Bellevue. Une tourbière est un écosystème très original et fragile. Il s’agit d’une zone humide caractérisée par l’accumulation progressive de la tourbe, un sol caractérisé par sa très forte teneur en matière organique, majoritairement végétale, peu ou pas décomposée. Cette caractéristique fait ainsi des tourbières des puits de carbone.
– Sa faune et sa flore :
Sa faune est très spécialisée. Sont présents le lézard vivipare, le pipit farlouse, la vipère péliade, laquelle bénéficie d’un statut de protection partielle dans la liste de l’arrêté du 22 juillet 1993. Se trouve également le circaète Jean-le-Blanc ou Circaetus Galicus. Un oiseau, rapace diurne de la famille des Accipitridés. Sa silhouette ressemble à celle d’une grosse buse. Ses ailes et sa queue sont larges et son ventre est clair tandis que sa poitrine et sa tête sont plus sombres. Il se nourrit presque exclusivement de serpents.
Sa flore comporte de nombreuses espèces rares dont celles de Droséra. Les droséras ou rossolis sont des petites plantes insectivores de la famille des Droséracées, appartenant au genre Drosera. Bien que localisées principalement dans l’hémisphère Sud, dont la moitié de ces espèces se trouvent dans le sud-ouest de l’Australie, trois espèces de droséras existent en Europe ((Drosera rotundifolia, Drosera anglica, Drosera intermedia), lesquelles affichent toutes une rosette de feuilles colorées. Elles sont le plus souvent peu visibles, sur fond de sphaignes rougeâtres ou d’éricacées. L’espèce la plus répandue est Drosera rotundifolia, présente en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Ses feuilles, au limbe arrondi, sont appliquées contre le sol. Quant aux deux autres espèces, leurs feuilles sont allongées et plus ou moins dressées. Toutes les espèces vivent sur des sols humides, pauvres et acides, généralement dans des marais, landes humides ou tourbières acides de l’hémisphère Nord, souvent en colonies de nombreux individus, faiblement enracinées au milieu des sphaignes. En France, elles sont protégées dans certains endroits. En Belgique, surtout en région wallonne, elles le sont strictement.
– Ses forêts :
Sa forêt limousine est nouvelle. En 1862, elle n’occupait qu’une faible surface, 118 900 hectares. Mais après les deux guerres mondiales, par plantations et boisement des terrains abandonnés, elle se développe pour atteindre 167 000 hectares en 2015. En conséquence, le développement de la forêt est proportionnel au déclin de la population. Ses grands espaces sont essentiellement occupés par les forêts de résineux, soit sapins de Douglas et épicéas, ainsi que de feuillus, soit chênes, hêtres, bouleaux et châtaigniers.
Enfin, concernant son climat, il présente les caractères généraux de celui du Massif Central, c’est-à-dire humide, froid et très variable. Son air est pur, mais vif. Son altitude est élevée, la température est donc plus basse qu’indique la latitude. Ses hivers sont généralement longs et plus ou moins rigoureux, surtout en son sud où la neige est abondante et persiste souvent pendant plusieurs semaines de l’année. Son nord est plus tempéré. Ses étés sont courts. L’automne est généralement sa plus belle saison.
Cf. Wikipédia.
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