Bonfire Night, la nuit de Guy Fawkes

Petit changement de programme. Je vous présenterai l'article au sujet des Bank Holidays vendredi prochain. Aujourd'hui, je vais plutôt vous parler de la fameuse Bonfire Night qui s'est déroulée récemment, le week-end du 5 novembre.
Cette festivité qui a lieu chaque année en Angleterre aux alentours de la même date est une commémoration très particulière liée à l'histoire du pays.
Le terme propre de Bonfire signifie feu de joie en français et l'expression Bonfire Night est donc donnée à diverses célébrations annuelles qui se caractérisent ainsi par des feux de joie et feux d'artifice qui se passent la nuit. Cette cérémonie correspond à de nombreuses et différentes traditions à des dates distinctes en fonction du pays.
En Grande-Bretagne, la Bonfire Night désigne la nuit de Guy Fawkes qui se célèbre le 5 novembre de chaque année ou week-end près de la date pour maximiser la participation de cet évènement rendu commercial. Fêtée aussi dans certains pays du Commonwealth, elle représente la onzième nuit en Irlande du Nord le 11 juillet et le 5 novembre à Terre-Neuve-et-Labrador. Connue de même sous le nom de Saint John's Eve, célébrée le 11 juin, elle illustre une tradition analogue du feu de joie suivie dans certaines régions d'Irlande ainsi qu'en Scandinavie sous l'appellation de Walpurgis Night, fêtée le 30 avril. Plusieurs autres cultures incluent tout autant des célébrations nocturnes accompagnées de feux de joie et/ou feux d'artifice, comme la Saint-Jean, par exemple, dont sa commémoration est très importante en Espagne et au nord du Portugal. La Nuit du Feu de joie est célébrée en Irlande du Nord le 15 août dans les communautés catholiques pour marquer la fête de l'Assomption.

Bonfire Night
Au Royaume-Uni, cet évènement incarne la tradition de célébrer l'échec des actions de Guy Fawkes le 5 novembre 1605. Il s'agit généralement d'une nuit de réjouissances avec un feu de joie et un feu d'artifice ainsi que de brûler une effigie de Guy Fawkes mise sur une place publique. Ces célébrations ont lieu partout en Grande-Bretagne, dans certaines communautés non catholiques en Irlande du Nord, dans des régions du Commonwealth, dans la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador ainsi qu'en Afrique du Sud.
En Irlande du Nord, la Bonfire Night de la onzième nuit du 11 juillet se réfère à la fête du 5 novembre, mais contrairement à celle-ci, elle conserve des racines profondes issues de la lutte sectaire entre Protestants et Catholiques. Elle célèbre notamment la bataille de la Boyne en 1690 où le protestant Guillaume d'Orange a vaincu le catholique Jacques II.
Dans les régions rurales de la République d'Irlande, la Bonfire Night se rapporte à la nuit de la Saint-Jean, le 23 juin, une fête religieuse qui se pratique en prières pour les récoltes abondantes. Liée aussi au solstice d'été et d'origine celtique, elle était en vue d'honorer la déesse Áine, la déesse de l'amour et de la fertilité. L'église catholique a repris ce festival païen pour l'adapter à la naissance de Jean, Jean Le baptiste ou Jean le baptiseur, soit Jean-Baptiste qui aurait baptisé le Christ.

La nuit de Guy Fawkes
Elle est issue du Gunpowder Plot, la conspiration des poudres ou le complot de poudre à canon de 1605. Jadis appelée la trahison de la poudre à canon ou trahison jésuite, elle fut une tentative d'assassinat du roi protestant Jacques Ier d'Angleterre et VI d’Écosse (James I) par un groupe de catholiques provinciaux dirigé par Robert Catesby pour le remplacer par un chef d’État catholique.
Le plan était de faire sauter la Chambre des Lords lors de l'inauguration du Parlement le 5 novembre 1605, prélude de la révolte populaire qui eut lieu dans les Midlands en 1607. Le chef catholique Robert Catesby aurait élaboré ce coup d’État en réponse aux espoirs évanouis d'une plus grande tolérance religieuse promise par le roi James I, laissant ainsi beaucoup de catholiques déçus. Les autres membres de ce complot étaient Thomas Bates, Sir Everard Digby, Guy Fawkes, John Grant, Robert Keyes, Thomas Percy, Ambrose Rookwood, Francis Tresham, Robert Wintour, Thomas Wintour, Christopher Wright et John Wright. Avec ses dix ans d'expérience militaire de combat aux Pays-Bas espagnols dans la répression de la révolte hollandaise, Guy Fawkes était chargé des explosifs.
Le 26 octobre 1605, le complot fut révélé aux autorités dans une lettre anonyme envoyée à William Parker, 4e Baron Monteagle. Le 4 novembre 1605 vers minuit une perquisition à la Chambre des Lords eut lieu. Guy Fawkes fut découvert avec 36 barils de poudre qu'il gardait, assez pour réduire en cendres la Chambre des Lords, et fut arrêté. La plupart des conspirateurs fuirent Londres, lorsqu'ils apprirent la conspiration démasquée, essayant d'obtenir du soutien en cours de route. Plusieurs s'opposèrent au shérif de Worcester et à ses hommes à Holbeche House. Dans la bataille qui s'ensuivit, Robert Catesby fut l'un de ceux qui furent abattus. Le 27 janvier 1606, au cours du procès des huit des survivants, dont Guy Fawkes, ils furent tous reconnus coupables et furent condamnés à être pendus, traînés et écartelés.

Les détails de la tentative d'assassinat du roi James I auraient été connus par le principal jésuite d'Angleterre, le père Henry Garnet. Bien qu'il fut reconnu coupable de trahison et condamné à mort, des doutes de sa connaissance du complot furent émis. L'existence de cette tentative d'assassinat fut divulguée en confession par le père Henry Garnet qui fut empêché d'informer les autorités en raison de la confidentialité absolue de la confession. La législation anti-catholique fut introduite suite à la découverte de cette conspiration, mais beaucoup de catholiques importants et loyaux conservèrent de hautes fonctions sous le règne du roi James I.
The Gunpowder Plot a été commémoré pendant de nombreuses années par des sermons spéciaux et autres événements publics, comme la sonnerie des cloches de l'église, qui ont évolué en la Bonfire Night d'aujourd'hui.
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