Afghanistan : les femmes sans nom

En Afghanistan, les femmes ne sont jamais appelées par leur prénom. Elles sont la "fille de", "femme de" ou "sœur de".
Thomson Reuters Foundation a alors décidé de lancer une campagne #WhereIsMyName sur les réseaux sociaux afin que les Afghanes obtiennent le droit à leur identité.
"L'identité des femmes n'est même pas mentionnée à leurs funérailles, ni sur l'avis de décès, ni sur leur tombe, elles restent inidentifiables, même après la mort.", tel que l'a déclaré une militante à la BBC.
Quant à l'activiste et écrivain Bahar Sahaili, qui s'est jointe aussi à cette campagne, elle a précisé au journal Marianne : "Les femmes sont considérées comme le deuxième sexe et la propriété des hommes. Nous essayons de prendre en main nos identités et de les libérer. […] Notre pépiniériste me désigne toujours par le nom de mon fils. Il m'appelle "la mère de Samuel". En public, on nous appelle "celles aux cheveux noirs", "les faibles" ou "tante", quel que soit notre âge".
La première revendication de cette campagne est de demander au gouvernement qu'il autorise l'inscription du nom de la mère sur les nouvelles cartes d'identité électroniques, jusqu'alors invisible.
À cela, un porte-parole de la Cour suprême à Kaboul a répondu que pour l'instant "les gens de la culture afghane n'étaient pas prêts pour cette étape moderne. Cela pourrait générer un tumulte gênant."
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