Nigeria : sort morbide de bébés et d'enfants en prison

Il n'y a décidément plus de mot imaginable pour décrire la cruauté humaine !
Amnesty
International a rendu récemment un rapport horrifiant sur les
conditions de détention dans la prison militaire de Giwa, à Maiduguri,
dans le Nord du Nigeria.
Ce rapport fait état de 149 personnes mortes depuis le début de cette année, dont 12 bébés et enfants !
Les
mères suspectées de complicité avec la secte islamiste Boko Haram ont
été emmenées avec leur progéniture dans cette caserne. Certaines
enceintes ont accouché dans la prison. Or, les conditions inhumaines de
détention déjà dénoncées par Amnesty International ont eu raison de la
vie de ces femmes et enfants.
Dans ce rapport "If you see it, you will cry" : Life and death in Giwa Barracks, signifiant "Si vous voyez cela, vous allez pleurer" : La vie et la mort dans la caserne de Giwa,
révélé ce mercredi 11 mai par Amnesty International, il a été ainsi
certifié, parmi ces 12 bébés et enfants morts dans les 149 personnes
décédées, 11 d'entre eux étaient âgés de moins de 6 ans et certains,
même, n'avaient que quelques mois d'existence.
Le
contenu de ce rapport établi grâce aux témoignages recueillis d'anciens
détenus a ainsi permis de mettre à jour, sans précision certaine
évidemment, non seulement le nombre d'enfants morts dans cette prison,
mais aussi l'insalubrité, la chaleur, la surpopulation, le manque d'eau,
de nourriture, d'hygiène... D'ailleurs, selon une récente ancienne
détenue, une épidémie de rougeole a obligé les autorités à intervenir en
instaurant un contrôle médical des résidents, mais pas suffisamment tôt
pour empêcher la mort de 2 garçons de 1 ans et de 5 ans ainsi qu'une
petite fille de 5 ans.
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| Women, part of the group of 128 detainees released by the Nigerian army, stand in Maiduguri, Borno State, northeastern Nigeria, on September 9, 2015. Nigeria's army said today it had released 128 detainees held on suspicion of being Boko Haram militants, two months after nearly 200 others were freed after security screening. Human rights groups have repeatedly accused the military of arbitrary detention of civilians in the country's northeast, which has been wracked by Islamist violence in the last six years. AFP PHOTO / STRINGER (Photo credit should read -/AFP/Getty Images) |
En
outre, la considération inhumaine de ces détenus ne s'arrête pas là !
Une jeune femme de 20 ans ayant passé 2 mois dans cette prison a
rapporté à Amnesty International : "À chaque fois qu’un enfant
meurt, il y avait tant de tristesse dans la prison. Les soldats
apportaient les tissus pour couvrir les dépouilles des enfants. Puis ils
emportaient les corps à l’extérieur et une ambulance militaire venait
les récupérer. Ils informaient la mère qu’ils s’occuperaient eux-mêmes
de l’enterrement." Et les mamans ne pouvaient jamais assister aux funérailles de leurs propres enfants.
Le
directeur de la recherche et des actions de plaidoyer, Netsanet Belay,
pour l'Afrique au sein d'Amnesty International a déclaré : "Il est à
la fois douloureux et terrifiant d'apprendre que des bébés et de jeunes
enfants sont morts en détention militaire dans des conditions
terribles. […] Nous avons tiré à maintes reprises la sonnette d'alarme
concernant le nombre élevé de décès de détenus à la caserne militaire de
Giwa, mais ces révélations montrent que, pour les adultes comme pour
les enfants, Giwa reste un lieu de mort. […] Il n’y a pas d’excuses
ni de délais possibles. Les centres de détention de la caserne militaire
de Giwa doivent être fermés immédiatement et tous les prisonniers
doivent être libérés ou remis aux autorités civiles. Le gouvernement
doit mettre en place de toute urgence des mécanismes permettant de
garantir la sécurité et le bien-être des enfants remis en liberté."

De
plus, à défaut des décès dans ces geôles ces détentions massives
d'hommes, de femmes et d'enfants sont bien connus de tous dans cette
région du Nigeria, puisque notamment l'an passé la libération de
prisonniers lavés de tout soupçon s'est déroulée sur une place publique
de la ville. Les habitants et les médias ont alors eu l'occasion de
remarquer la présence d'enfants en bas âge parmi ces centaines de
détenus libérés.
Sans
compter qu'un effrayant rapport antérieur d'Amnesty International avait
déjà alerté d'un grand nombre de morts dans les prisons du Nigeria
entre 2011 et 20015. Il avait été répertorié dans l'ensemble du pays la
mort de 7 000 personnes en détention en raison de la faim, de la
déshydratation, des maladies, même de la torture, dont 4 700 pour la
prison de Giwa en 2013 !
Enfin,
selon les dernières évaluations d'Amnesty International, parmi les 1
200 personnes soupçonnées de collaborer directement ou indirectement
avec la secte de Boko Haram qui seraient aujourd'hui emprisonnées dans
la caserne de Giwa, 120 enfants dont 20 bébés et enfants de moins de 5
ans s'y trouveraient.

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