Marie Curie (1867-1934)

Il
est inconcevable d'évoquer les femmes de sciences sans faire référence à
l'une des plus célèbres d'entre elles, Marie Curie, et surtout bien la
seule que tout le monde soit capable de citer.
Née Maria Salomea Sklodowska le 7 novembre 1867 à
Varsovie, au sein du Royaume de Pologne, appelé de même le Royaume du Congrès
(entité politique polonaise succédant au Duché de Varsovie à partir du Congrès
de Vienne), donc actuellement la Pologne, et décédée le 4 juillet 1934 au
sanatorium de Sancellemoz à Passy dans la Haute-Savoie, en France, est une
physicienne et chimiste polonaise, naturalisée française.
Son mari, Pierre Curie, aussi connu, ainsi
qu'elle reçurent le Prix Nobel de physique partagé avec Henri Becquerel en 1903
pour leurs recherches sur les radiations. En 1911, elle obtint le Prix Nobel de
chimie pour ses travaux sur le polonium(1) et
le radium(2)
(1)Le polonium :
élément chimique de numéro atomique 84, de symbole Po, est un "métal
pauvre" radioactif, dont seul l'isotope 210Po est présent naturellement à
l'état de traces dans les minerais d'uranium, produit de la désintégration
radioactive du radon*, et l'un des
principaux facteurs d'induction des cancers du poumon dits radio-induits
par le radon* qui est un élément chimique, plus
spécifiquement un gaz noble ou dit "gaz rare" radioactif incolore
ainsi qu'inodore et d'origine naturelle le plus souvent. Le radon est l'une des
substances les plus denses capables de subsister sous forme de gaz dans les
conditions normales de température et de pression. Il n'existe pas sous forme
de corps stable et tous ses isotopes connus sont radioactifs. L'un de ses
isotopes, le plus stable puisqu'il a une demi-vie de 3,8 jours, a été utilisé
en radiothérapie jusque dans les années 50. L'intensité radioactive du radon a
gêné son étude chimique approfondie et uniquement certains de ses composés sont
bien connus. Le radon est naturellement présent dans l'atmosphère et est donc
inhalé. Il est fréquemment le plus gros contributeur à la dose d'un individu
pour la radioactivité naturelle, avec toutefois des importantes disparités géographiques,
étant ainsi la principale source d'exposition naturelle des populations
humaines, animales et végétales (partie aérienne des plantes) aux rayonnements
ionisants.
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| Pechblende |
(2)Le radium :
élément chimique de numéro atomique 88, de symbole Ra, d'aspect blanc qui
noircit lors de son exposition à l'air libre et un métal alcalino-terreux
présent en très faible quantité dans les minerais d'uranium est extrêmement
radioactif, dont l'un de ses isotopes, le plus stable, possède une demi-vie de
1 600 ans. Il fournit du radon comme produit de désintégration. Marie Curie et
son époux Pierre le découvrirent en 1898 par extraction de la pechblende*. Le mot radium est formé à partir du
latin radius, signifiant "rayon", en même temps que le mot radioactivité.
La pechblende* est
une roche constituée essentiellement du minerai uranite (dioxyde d'uranium) qui
représente le principal minerai d'uranium. Le gisement Jachymow dans le comté
de Karlovy Vary en République Tchèque, aujourd'hui épuisé, est le plus connu,
c'est d'ailleurs lui qui a pourvu la pechblende dont Pierre et Marie Curie en
ont extrait le radium.
Marie Curie, scientifique d'exception est la
première femme à avoir été récompensée de deux Prix Nobel en sciences et
demeure à ce jour le seul lauréat à s'être vu attribué un Prix Nobel dans ces
deux disciplines ; Linus Pauling par la suite qui obtint le Prix Nobel de
chimie en 1954 a de même été récompensé d'un second en 1962, mais non en
sciences, puisqu'il a reçu celui pour la Paix. Elle est également la première
femme lauréate en 1903, avec son mari, de la médaille Davy pour ses travaux sur
le radium.
Après la mort de son mari, elle continua son
travail avec sa fille Irène et permit notamment l'utilisation de nouvelles
techniques de radiographie sur le front durant la Première Guerre Mondiale afin
d'aider les chirurgiens à localiser les balles et les éclats d'obus.

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